logo CGT AFPAAprès le CA (Conseil d’Administration) et le CCE de début avril 2018, la CGT analyse la situation.


Une première étape

Cette semaine était une étape importante dans la transformation de l’AFPA. En effet, les orientations stratégiques, présentées par la directrice générale de l’AFPA, sur la base d’un diagnostic établi par un cabinet externe, spécialiste de la stratégie d’entreprise (moyen et long terme), ont été approuvées par le Conseil d’Administration de l’AFPA et présentées au Comité Central d’Entreprise. Le représentant des salariés CGT a voté contre, ce qui vous sera expliqué au cours de cette analyse de la situation.

Cette première étape était attendue de longue date : tant par les salariés que par le management, la directrice générale étant en place depuis maintenant plus de 15 mois et les représentants de l’État au CA ayant tout fait pour retarder la mise en place du comité stratégique.


L’enjeu pour l’État français

Maintenant le calendrier va quelque peu se précipiter. En effet, le gouvernement devra justifier auprès de la Commission Européenne du plan mis en œuvre au regard des aides qu’il a déjà apportées à l’AFPA et qu’il devra apporter dans les années à venir pour subvenir à ses difficultés tant économiques que financières. L’enjeu est pour l’État considérable car ces aides pourraient être requalifiées s’il s’avérait qu’elles comportent des éléments de nature à distordre les règles de « concurrence loyale et non faussées ». En particulier, il s’agira de prouver que l’organisation juridique et comptable mise en place entre l’EPIC et ses filiales n’amène à faire supporter aucun éventuel déficit de l’une ou l’autre des filiales à l’EPIC, « nourri » de subventions d’État. Cet exercice pourrait se révéler plus délicat que prévu…

Un autre aspect majeur est que le plan qui doit être présenté à la Commission Européenne (orientations stratégiques, COP, plan d’entreprise, …) devra être tenu et réalisé, tout particulièrement dans sa dynamique de redressement économique : trajectoire d’EBE, retour à l’équilibre, autonomie financière et économique. Car il n’y aura aucune possibilité de recourir à un nouveau plan dans les 10 années à venir, s’agissant du redressement d’un établissement public à partir de fonds d’État. Autrement dit, il n’y a pas droit à l’erreur. Or, les plans stratégiques qui se sont succédé jusqu’à présent ont tous échoué !

On imagine donc l’état d’esprit des services de l’État qui ont cette épée de Damoclès au-dessus d’eux. Comme a pu l’exprimer un de ses représentants : « Il faut que ce plan soit vendable [à la Commission Européenne] et tenable ! ».


Les étapes à venir

Plans d’action et COP :

A partir des orientations stratégiques, la direction générale, avec l’appui du cabinet expert en stratégie d’entreprise, Roland Berger, va maintenant élaborer des plans d’actions. C’est-à-dire différentes hypothèses de scénario, comportant des efforts plus ou moins drastiques.

C’est là que va se débattre entre les tutelles, obnubilées par l’épée qui les menace, et la direction générale, mise sous tutelle, la position du curseur. Citons quelques exemples : combien de fermetures de formations, d’abandons de GRN, de fermetures de centres et leur vente, combien de suppressions d’emplois, etc… Avec une directrice générale aux marges de manœuvre extrêmement réduites, nous doutons de la capacité de la direction de pouvoir faire face, tant la pression des tutelles est terrible. En effet, leur satisfecit face aux orientations stratégiques donne à penser que celles-ci sont suffisamment souples pour être tordues dans tous les sens, dans celui qui conviendrait à l’AFPA et ses salariés, ou dans celui de la moindre implication financière de l’État. Autrement dit, « le plus dur est devant nous » comme il a été dit par un haut fonctionnaire et « il faudra vérifier la solvabilité des marchés évoqués dans les orientations stratégiques » avant de les mettre en œuvre.

Ainsi, le choix entre les différents scenarii qui seront élaborés permettra de mesurer les conséquences réelles de ce qui aura été traduit par les tutelles en matière de contraintes. Cela s’exprimera dans le contrat d’objectifs et de performance (COP). Soyons clairs, ce COP exprimera prioritairement les contraintes qui s’imposeront à l’AFPA. N’oublions pas que ce qui sera écrit devra être réalisé sinon ….

Croire au meilleur, craindre le pire :

Une tentation évidente sera d’être le plus prudent possible, notamment en termes de développement de l’activité, et le plus exigeant possible pour les salariés, pour faire des économies. Pourtant le diagnostic objectif présenté au CCE indique très clairement que le poids des frais de structure impose un niveau d’activité nettement supérieur à celui actuel, sauf à changer complètement de structure…

C’est pourquoi le représentant CGT des salariés au Conseil d’Administration a voté contre ces orientations stratégiques en raison de l’éventail des possibles. Nous voulons bien croire au meilleur possible, mais nous craignons des positions très restrictives de la part de hauts fonctionnaires qui ont déjà voulu se débarrasser du « boulet » AFPA par le passé.

Peut-être qu’un bienveillant arbitrage gouvernemental au plus haut niveau pourrait permettre d’assurer une orientation favorable des mesures qui seront prises dans le cadre des orientations stratégiques. C’est loin d’être gagné ! A moins de l’appui des confédérations syndicales en ce sens.

Un plan d’entreprise à l’automne ?

Une fois le COP signé entre les tutelles et l’AFPA, potentiellement avant les vacances d’été, la directrice générale finalisera, pour la rentrée ou l’automne, un plan d’entreprise qui le déclinera de manière opérationnelle. C’est là que nous pourrons évaluer quel sera le prix à payer pour le personnel et l’AFPA et à quel rythme.

Les salariés peuvent compter sur la CGT pour être à leurs côtés et les défendre face au Conseil d’Administration et à la direction générale des attaques qu’ils auraient à subir.

Montreuil, le 6 avril 2018

Déclaration CGT au CCE du 5 avril 2018