DÉCLARATION CGT CRE LIMOUSIN⎪APPEL D’OFFRES PERDANT POUR L’AFPA NOUVELLE AQUITAINE SUR LE LOT « TERTIAIRE ADMINISTRATIF »


Déclaration CGT au CRE Limousin du 27/09/2017

logo CGT AFPAL’AFPA vient de perdre, en Nouvelle Aquitaine, l’appel d’offres pour les formations « tertiaire administratif » au profit de l’AFORMAC dont le siège social est basé à Clermont-Ferrand. La concurrence n’ayant pas de frontières, cet organisme développe ainsi son implantation dans notre région Nouvelle Aquitaine.

Pour l’AFPA Limousin, l’impact se fait sentir dans 2 établissements : Brive et Romanet. Dans le premier, 4 domaines sont impactés (comptabilité, secrétariat, hôtellerie et tourisme). Dans le second, l’impact porte sur les GRN 159 et 160 (compta. et secrétariat). Sans compter les répercussions sur le back-office, ce sont au total 4 CDI formateurs à Brive (sur 17, soit près de 25 % de l’effectif CDI) qui sont touchés directement et 5 formateurs CDI à Romanet (soit, sur 28, 18% de l’effectif CDI). A ceux-ci se rajoutent au total environ 7 à 8 emplois en CDD qui risquent fort d’être les premières victimes alors que nous côtoyons certains d’entre eux depuis plusieurs années. Le drame des emplois précaires prend là, malheureusement, tout son sens.

Nous avons perdu l’appel d’offres. La première question qui se pose, c’est bien évidemment : Pourquoi ?  Sans doute va-t-on devoir chercher et analyser rapidement les causes de cet échec. Et nul doute que nous y trouverons des possibles explications (Trop ceci, pas assez cela, etc.).

Qu’on se questionne, d’accord. Mais, l’auto-flagellation, outre de rajouter une couche de pénible au pénible, risque juste de jeter le voile et de circonscrire la réflexion.

Car, à la vérité, cet échec ne résulterait-il pas de critères qui dépassent la question de la qualité de nos formations ou de nos réponses.

Depuis le passage à l’échelle Nouvelle Aquitaine, la CGT vous fait part de ses inquiétudes : baisse de budget, plan 500 000 en trompe-l’œil, remise en cause des aides (restauration/hébergement) pour les demandeurs d’emploi en formation, gommage des exigences de prestations associées à la formation. Cette banalisation introduite par le dernier appel d’offres permettant d’ouvrir large le champ des réponses à toutes les officines privées…

De décisions en décisions, d’impact en impact, force est de constater que l’AFPA ne se compte pas que des amis ! Et force est de constater qu’on se trouve bien confronté à une ligne politique qui nous pousse au bord du gouffre.

Notre point de vue, nous l’avons déjà indiqué dans un de nos récents tracts. Il se résume à dire que : ce qui s’oppose, c’est bien d’un côté les défenseurs du « marché », du business de la formation … et de l’autre les défenseurs du service public en ce qu’il est gage du respect de l’égalité de droit (possibilité d’entrer en formation) et de l’égalité de chance (conditions de réussite d’un parcours).

La CGT le dit depuis longtemps. Les fervents du marché et les détracteurs du service public sont ensemble (voire les mêmes) pour dessiner un autre « monde » qui tourne le dos à des principes de base fondateurs de notre société actuelle et d’organismes ayant permis de les animer (justice, égalité, solidarité, etc.).

Dans le secteur de la formation, la ligne est claire. Désengagement de l’État, décentralisation des pouvoirs et des moyens aux régions, ouverture au marché, donner force de loi au principe de concurrence, mettre sur le même plan des organismes comme l’AFPA avec des officines de formation privées (nivellement par le bas) en banalisant l’organisme et l’acte de formation lui-même (gommage des spécificités)…

Tout ceci, nous l’avons craint à maintes reprises. Aujourd’hui, le puzzle s’assemble et donne visibilité sur l’objectif : Tuer le service public en transférant son activité vers le secteur privé.

Au centre de ce choix de système, on trouve la population, des gens parmi lesquels on compte les accidentés de la vie, des gens pour lesquels la formation est une issue de secours à la galère en permettant de se construire un nouvel avenir professionnel. Nous les connaissons tous, nous les connaissons bien. Ce sont des personnes de notre entourage, ce sont nos stagiaires.

Au-delà des faux semblants ou des communications trompeuses, l’inavoué c’est un transfert de responsabilités (relatives aux échecs et réussites professionnels et formatifs) et de moyens (un porte-monnaie qui fait de tout citoyen un consommateur face à une offre où tout a un prix) vers l’individu. Et qu’importe si les gens en font les frais !

En somme, c’est  tant pis pour les citoyens !  Pourvu que vivent les marchands !

Gardons espoir !

D’aucun membre de direction de l’AFPA s’aventurerait à lancer des messages combatifs et d’optimisme quant à nos possibilités de surmonter le choc, on ne saurait lui en vouloir, voire on voudrait y croire. Faire encaisser les mauvais coups tout en maintenant la paix sociale, galvaniser « les troupes », ils sont généralement payés pour…  Et, même s’il n’y a rien de moins certain qu’ils croient eux-mêmes à ce qu’ils racontent, il faut bien aller de l’avant et tâcher d’atténuer les risques et les légitimes inquiétudes.

Pour autant, tout nous montre que la partie va être difficile. Car, en admettant que nous sommes en capacité de capter des nouveaux marchés pour continuer à faire tourner la machine (et pour sauver les emplois), on peut alors se demander pourquoi on a attendu d’être dans « la mouise » pour aller les conquérir ?

C’est pourquoi nous pensons, à la CGT, que nos commerciaux ont certainement battu la campagne et n’ont pas laissé passer les opportunités si elles se sont présentées. Et, même si leur travail a permis à l’AFPA de prendre parfois commandes, il n’en reste pas moins que la conquête a ses limites. Preuve en est, les chiffres parlent d’eux-mêmes : aucune progression du CA « marché privé » depuis 2009. Sur les 8 dernières années, le CA « marché entreprise » oscille entre 16 et 22 % de notre CA global. Au dernier exercice écoulé (2016), il était de 18 %. Et pourtant les efforts ne manquent pas.

L’AFPA VA MAL

Ce n’est pas la première fois que nous le disons. Certains diront que la situation n’est pas si grave puisqu’elle vit encore. D’autres diront que ce n’est pas parce que l’AFPA vit encore que la maladie n’a pas progressé vers une fin qui pourrait être proche.

Ce qui est sûr, c’est que si nous attendons, sans rien faire, de savoir qui a raison ou qui a tort, d’autres se chargeront à notre place de notre avenir.

A la CGT, nous sommes donc convaincus que notre avenir nous appartient et qu’il nous appartient de réagir et d’agir pour l’orienter convenablement.

ALORS QUE FAIRE ?

Comme pour beaucoup d’entreprises qui vivent des heures difficiles, à l’heure où les salariés sortent leurs mouchoirs, il est souvent trop tard.

A la CGT, nous ne souhaitons pas qu’on en arrive là. Alors, il faut que ça bouge. Il y a urgence !

Car on voit bien que si on n’agit pas sur les causes, on ne peut éviter de se prendre les conséquences en pleine figure

Pour l’immédiat, nous nous adressons à nos responsables, à l’interne.

Nous nous adressons donc à vous, Monsieur le Président.

En peu de temps, l’AFPA Nouvelle Aquitaine vient de subir deux mauvais coups : l’un concerne la restauration des stagiaires, l’autre la perte d’appels d’offres sur le lot tertiaire administratif.

Alors nous vous demandons :

  • Quelles sont les démarches que la Direction de l’AFPA, nationale et régionale ont entreprises auprès du Conseil Régional Nouvelle Aquitaine pour défendre l’AFPA dans cette région ?
  • Quelles sont les alertes et interpellations qu’elle a lancées auprès du Conseil d’administration de l’AFPA au sein duquel les régions ont un collège ?
  • Quelles sont les dispositions qui sont prises pour maintenir les missions de service public associées à l’acte de formation ?
  • Quels sont les impacts internes mesurés par la Direction et quelles en sont les conséquences ?
  • Quelles sont les mesures qui sont envisagées pour la sauvegarde des emplois ?

 

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