La création de l’EPIC, si elle sécurise indéniablement le volet service public et satisfait l’égo du Président de l’AFPA : “J’ai sauvé l’AFPA !”, ne constitue qu’un strict nécessaire qui s’avère insuffisant ­­­!

Dans la présentation du projet de transformation, on peut accorder au crédit des dirigeants de l’AFPA de boucher les voies d’eau, l’une après l’autre, mais cela suffira-t-il pour sauver le navire? Force est de constater que ce énième plan manque, à ce jour, cruellement d’ambition !

Depuis 13 ans maintenant, la prééminence des contraintes économiques dans la réflexion stratégique réduit drastiquement le domaine des possibles et (auto) censure toute ambition.

Trois exemples pour illustrer le propos :

  • Le patrimoine de l’AFPA : la question n’est pas de redorer l’actif du bilan comptable, de faire des plus-values lors de “la réduction des surfaces” ou de plomber le compte de résultat avec des frais de maintenance, mais bel est bien de savoir de quelle proximité nous avons besoin pour répondre à la demande sociale. S’agit-il de quelques méga-centres stratégiques, à l’instar des pôles de compétitivité, ou au contraire d’un maillage fin d’établissements en proximité “des publics vulnérables”? Il s’agit bien d’un choix politique.
  • L’ingénierie de certification : au-delà de quelques subsides soutirés au gouvernement, avons-nous une vision prospective de l’accès à la qualification? Les contenus de formation sont de plus en plus accessibles hors les murs (MOOC : Massive Open Online Course qu’on peut traduire par “cours en ligne ouvert à tous”, FUN : France Université Numérique, etc.) et quasi gratuits. En revanche la certification nécessitera de plus en plus d’installations et de compétences (y compris pour les évaluations en situation de travail) et restera payante. Montons-nous dans le train de l’histoire ou ramons-nous à contre courant ?
  • La révolution numérique : c’est un fait historique indubitable. Mais sommes-nous capables de faire les bonds technologiques et pédagogiques décisifs qui permettraient à l’AFPA de retrouver la primauté en matière d’innovation pédagogique? Comme nous avions été capables d’imposer “une méthode AFPA” à partir des travaux d’Alfred Carrard, par exemple!

Sans remettre en cause la bonne foi de celles et ceux qui prétendent “sauver l’AFPA”, nous serions tentés de dire : « C’est un peu court et le compte n’y est pas ! »

La CGT célébrera le 17 novembre prochain les 70 ans de la création de l’AFPA (Décret Ambroise Croizat du 9 novembre 1946) : nous restons convaincus que la situation était pire en 1946 qu’aujourd’hui ! Cela n’a pas empêché par la volonté de reconstruction et de transformation de rendre l’impossible, possible !

Alors un avenir ambitieux pour l’AFPA de demain, chiche !

  • Mesdames, messieurs du gouvernement et de l’Etat, encore un effort ! Osez investir massivement dans la formation professionnelle des femmes et des hommes !
  • Mesdames, messieurs les élus des Conseils régionaux, mobilisez et financez l’AFPA pour la formation professionnelle des demandeurs d’emploi !

EGLETONS : l'intersyndicale CGT, FO et CFDT de l'AFPA du Limousin écrit au Président de la République
Instance de coordination des CHSCT