Front commun des administrateurs face à l’État. 


 

 

Au centre AFPA de Reuilly, mardi 26 septembre 2017 à 10h30, une cinquantaine d’élus CGT, FO, CFDT et SUD s’invitent à un Conseil d’Administration (CA) bien chargé par 11 points à son ordre du jour.

Par leur déclaration commune, ils interpellent les administrateurs sur l’urgence à apporter des réponses aux interrogations et souffrances des salariés. Après avoir rappelé les causes du déclin continu de notre institution depuis 7 années, et les conséquences pour les salariés et les usagers, ils exhortent les administrateurs à exposer leur stratégie pour l’avenir de l’AFPA (cf déclaration intersyndicale CGT, CFDT, FO, SUD et CFTC ci-dessous).

Cette intervention des élus, que le Président du CA qualifiera de « responsable », met en évidence l’urgence pour l’État de clarifier le positionnement qu’il envisage pour l’AFPA dans le paysage de la formation professionnelle des adultes.

Certains administrateurs s’inscrivent alors dans un réel front commun contre l’État, mettant en cause le fonctionnement empêché du CA depuis 9 mois, et s’étonnent que l’on évoque encore des difficultés de trésorerie alors que le gouvernement annonce un grand Plan d’Investissement pour l’emploi et la formation professionnelle.

Des représentants des confédérations syndicales condamnent le silence assourdissant de la ministre du travail et l’opacité autour du devenir de l’AFPA. Pour le représentant du MEDEF, l’enjeu est de savoir si l’État veut ou non sauver l’AFPA, car l’argent si on veut le trouver, on peut !

Pour leur défense, les représentants de l’État évoquent l’accélération d’éléments d’arbitrage et de choix politiques dans le mois à venir, rappelant toutefois les contraintes juridiques face au droit de la concurrence, au Conseil d’État, à l’Europe. Le représentant CGT des salariés en appelle à des décisions politiques, par les ministres et le gouvernement, face à l’entêtement des représentants de l’État au CA à ne considérer que des objectifs économiques et de sécurisation juridique.

Selon le président Barou, finalement apparemment pas si mécontent de cet envahissement qui aura, enfin, permis l’ouverture de ce débat, la réussite de la construction d’un EPIC AFPA durable reste possible dans les mois qui viennent.
Il propose que les représentants de l’État éclairent les administrateurs sur le positionnement de l’État sur l’avenir de l’AFPA lors du prochain CA du 13 octobre, ayant pour sujet initial l’approbation de la comptabilité analytique, élément structurant de l’avenir de l’AFPA et de l’articulation entre l’EPIC et ses filiales.

La directrice générale, quant à elle, invite les élus à échanger lors du CCE du lendemain, sur les orientations stratégiques issues des Plans Stratégiques Régionaux en cours et des propositions qu’elle doit présenter à ce C.A. Pour les élus ces orientations ne sont véritablement entendables que dans le cadre d’une stratégie établie avec l’aval du Conseil d’Administration.


Prochains CA à suivre :

  •   13 octobre
  •   16 novembre
  •   11 décembre

Montreuil, le 27 septembre 2017


DÉCLARATION INTERSYNDICALE DES ÉLUS AU CONSEIL D’ADMINISTRATION DU 26 SEPTEMBRE 2017

5 syndicats AFPA
Mesdames et messieurs les administrateurs de l’AFPA,
 
Ce 26 septembre, après un déclin continu depuis plus de 7 ans, nous sommes peut-être à quelques jours de la fin de l’AFPA.
 
Les causes ? Vous les connaissez mais nous allons vous en rappeler les principales :
  • Désengagement de l’État au profit des Régions
  • Absence de contrôle du fléchage des finances de décentralisation
  • Transfert de la mission d’orientation professionnelle à Pôle Emploi
  • Mises en concurrence sans garde-fou par appels d’offres régionaux
  • Vente à prix cassés, voire à perte, y compris par d’autres organismes de formation publics
  • Autant de politiques d’achat de formation que de Régions
  • Un ÉPIC créé avec une accumulation insoutenable de dettes et sans moyens
  • Une hémorragie des compétences,conséquence de la perte d’un tiers des effectifs CDI
 
Les conséquences? Ce sont l’AFPA, ses salariés et ses usagers qui en pâtissent !
  • Des centres dégradés et des plateaux techniques obsolètes
  • La détérioration de la qualité du service rendu au public (formations, hébergement-restauration,   accompagnement, etc.)
  • Une activité rendue chaotique
  • L’augmentation accélérée des  troubles psychosociaux et de l’absentéisme
  • La paupérisation des publics accueillis
  • Le gel des salaires depuis 2011
  • Une trésorerie exsangue mettant en péril le paiement des salaires et la pérennité de l’AFPA.
 
Des solutions existent mais elles intègrent l’État dans une véritable politique nationale de formation professionnelle des adultes dont l’AFPA serait le bras armé.
 
Quelle AFPA projetez-vous à moyen et long terme, quelle est votre vision stratégique ?
Cette question s’adresse plus spécialement à L’État, mais aussi aux Régions.
 
Êtes-vous convaincus et décidés à investir massivement dans la nouvelle Agence AFPA pour construire l’outil de demain, à même de remplir les missions de service public à la hauteur des besoins de nos concitoyens ?
 
Sinon, arrêtez l’acharnement et ayez le courage d’assumer votre démission face à la construction d’un véritable avenir pour l’AFPA.
 
Merci de votre attention.
 

Montreuil, le 26 septembre 2017


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