Communiqué de presse

logo CGT AFPALa situation de l’Agence nationale pour la Formation Professionnelle des Adultes, déjà meurtrie par la disparition de 4 000 emplois en dix ans, pourrait s’aggraver considérablement avec la menace de fermetures de centres, de formations et donc de suppressions d’emplois importantes.

Alors que le Premier ministre vante les mérites de la formation et de l’accompagnement, le gouvernement œuvre « en même temps » à la réduction de la capacité d’intervention de l’AFPA en annonçant le 24 septembre dans le cadre du PLF 2019 la suppression d’au moins 550 ETP et en préparant, via le Conseil d’Administration de l’AFPA, un plan d’entreprise découlant des orientations stratégiques adoptées le 3 avril dernier. Les mesures seront probablement annoncées en octobre et pourraient être très cruelles pour le personnel, si l’on en croit le chiffre de 2 000 suppressions d’emploi qui est paru à un moment début septembre sur le site interne de l’AFPA.

La formation est un investissement, pas un coût !

Selon la Cour des Comptes, dans son rapport 2017 sur la mission travail et emploi, le montant des mesures pour l’AFPA ne représente que 0,10 % du budget de ce ministère. Pour autant la Cour a réitéré « ses observations quant aux risques que la situation financière de l’AFPA, désormais opérateur de l’État, fait courir au budget de ce dernier ».

La CGT-AFPA dénonce cette analyse et cette attaque contre l’Agence, alors même que son utilité sociale est maintes fois mise en avant, son efficacité pour le retour à l’emploi saluée. De plus, les milliers de salarié·e·s de l’AFPA multiplient les efforts, y compris en supportant un gel des salaires depuis de nombreuses années, pour assumer pleinement les missions qui leur sont confiées, dans des conditions de travail qui continuent de se dégrader fortement.

L’AFPA : Accompagner et Former Pour l’Avenir !

Alors que le chômage augmente, que la précarité touche toujours plus de citoyen·enne·s, les besoins en formations qualifiantes n’ont jamais été aussi prégnants, y compris pour préparer aux métiers de demain. Il est incompréhensible que face à de tels enjeux, le gouvernement cherche à résoudre « le problème AFPA » en accentuant les difficultés de l’accès à la formation sur tout le territoire. La mise en place d’un plan d’entreprise qui aboutirait à une réduction considérable de son maillage territorial et des moyens humains nécessaires pour accompagner et former les citoyens n’a aucun sens dans ce contexte.

La CGT-AFPA encourage à reconsidérer la lecture de ce que représente l’Agence pour les politiques publiques de l’emploi et de la formation. La situation du chômage engendre des « factures » bien plus importantes à la société que l’investissement nécessaire pour assurer des services de qualité aux usagers de l’Agence. Un actif sur 8 a été formé par l’AFPA avec en moyenne 66% de retour à l’emploi dans les 6 mois qui suivent. Combien d’allocations « économisées » ? Combien de cotisations perçues pour la sécurité sociale, les retraites et quelles contributions fiscales supplémentaires ? Quid du pouvoir d’achat ainsi reconstitué, grâce au retour à l’emploi, pour contribuer à la croissance du pays ?

La CGT-AFPA engage la lutte

AFPA Douai-CantinAfin de peser sur les décisions, alerter et informer les citoyens, interpeller le gouvernement Philippe-Macron pour qu’il tienne compte des propositions relayées par la FERC et la CGT, la CGT-AFPA lance une campagne d’actions partout en France, en commençant au centre de DOUAI CANTIN, le 27 septembre 2018 par un débrayage à 10h. À cette occasion, le syndicat CGT-AFPA invite la presse devant ce centre pour expliquer les enjeux actuels et les conséquences qui pèsent non seulement sur le personnel de l’Agence mais aussi sur tous les salariés et les privés d’emploi qui ont besoin de l’AFPA pour se former, s’émanciper et (re)trouver un travail durable.

Montreuil, le 25 septembre 2018

Agir, étape 1 : Douai-Cantin
PLF 2019 : l'arbre qui cache la forêt !