Communiqué des représentants des salariés au Conseil d’Administration de l’AFPA
aux organisations syndicales de l’AFPA
&
aux confédérations syndicales

le 14 septembre 2017,

Il nous apparaît clairement aujourd’hui que le devenir de l’AFPA est très sérieusement remis en cause par ceux-là même qui sont majoritaires au CA. La posture des représentants de L’État au CA et tout particulièrement ceux du ministère des finances nous amène à penser que tout est organisé pour empêcher la mise en œuvre de la transformation de l’AFPA en un EPIC et ses 2 filiales, selon le schéma initial validé par le gouvernement précédent. Notamment, par la contestation des traités d’apports aux filiales et le rejet annoncé du projet des principes de comptabilité analytique qui obèrent très sérieusement la mise en œuvre au 1er janvier 2018 du projet (traités d’apport et transfert des personnels dans les filiales). Une telle situation aurait de graves conséquences au regard des engagements pris auprès de la commission européenne et provoquerait sans doute le retour des attaques de la FFP.

Alors quel est le projet pour l’AFPA fomenté par les services de Bercy ?

Le seul crédo est d’ordre économique, l’objectif est de ne plus mettre d’argent dans l’EPIC AFPA (oui pour la garantie de l’Etat, mais à condition de ne pas avoir à la mettre en œuvre). Or, la mise en appels d’offres publics organise une concurrence mortifère entre organismes de formation y compris publics. Les prix unitaires sont tirés vers le bas, chacun essayant de capter suffisamment d’activité pour survivre, ceci entrainant de fait la baisse de qualité des prestations. Dans cette spirale régressive, et face à l’insuffisance d’inscriptions de stagiaires par les prescripteurs (principalement Pôle Emploi), la filiale « Accès à l’emploi » de l’AFPA ne peut pas avoir de perspectives de retour rapide à l’équilibre, contrairement à ce que prétend la direction générale. Le projet de Bercy ne serait-il donc pas de faire la démonstration de l’incapacité de la ou des filiales de revenir à l’équilibre pour s’en séparer au plus vite, sans avoir à faire porter le déficit ainsi généré sur l’EPIC ? L’objectif ultime du ministère des finances ne serait-il pas un EPIC ne comprenant que la mission de certification des titres du ministère du travail assurée par quelques centaines de salariés ? Promesse de garantie de L’État tenue sans aucun euro sorti des caisses de L’État, mais malheur aux milliers de salariés piégés dans la ou les filiales.

Dans l’immédiat, l’AFPA aurait besoin, selon nos sources, de 100 millions de trésorerie pour boucler l’exercice 2017 : ce que Bercy se refuse à devoir financer. L’alternative « gestionnaire » proposée par Bercy pourrait donc être un plan de suppression d’un nombre très conséquent d’emplois (comment et dans quelles conditions ?). Cela viendrait évidemment s’ajouter à la saignée en cours depuis 4 ans (-3 000 salariés) et dont aucun impact économique positif n’a pu être comptabilisé.

Se refusant à considérer que la disparition de l’AFPA en tant qu’organisme de formation soit inéluctable, les représentants des salariés au conseil d’administration en appellent aux organisations syndicales de l’AFPA pour éclairer le personnel sur ce qui se trame dans son dos. Une mobilisation du personnel tout entier pour faire front, face à l’assaut du ministère des finances, s’impose.

De même, nous appelons les confédérations syndicales de salariés représentées au Conseil d’Administration à s’unir pour construire le rapport de force auprès du gouvernement contre ce funeste projet. Déjà en 2011, les 5 confédérations s’étaient retrouvées dans un écrit commun pour défendre l’avenir de l’AFPA. L’heure est encore plus urgente aujourd’hui : il s’agit de sauver notre service public de formation professionnelle des adultes. Le combat pour l’avenir de l’AFPA doit être ouvert au plus vite avant que le débat sur la réforme de la formation professionnelle ne vienne occuper toutes les attentions et énergies.

Christian Filliot⎪CGT & Thierry Cheype⎪CFDT

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