Courrier de la CGT AFPA du 2 novembre 2020 à la direction de l’AFPA


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Madame la Directrice Générale,

Le syndicat national CGT AFPA vous alerte sur la situation actuelle. Suite aux décisions du gouvernement de procéder au reconfinement de la population pour enrayer la crise sanitaire, le maintien partiel de l’activité se pose à l’AFPA, tant dans son périmètre que dans son organisation.

Or, depuis cette annonce, nous avons relevé une succession de décisions qui portent gravement préjudice aux salariés : organisation et conditions du travail, protection de leur santé morale et physique face à la crise, respect du dialogue social et des prérogatives des élus. À titre d’exemple, liste non exhaustive :

  • Suite à votre mail d’information jeudi dernier pour indiquer aux salariés de ne pas venir le lendemain, certains sont quand même venus sur leur lieu de travail, parfois incités par leurs directions de centres. Il est surprenant, pour ne pas dire inquiétant, qu’en pleine crise des directives nationales soient remises en question, voire dénigrées par certains de vos directeurs. C’est votre capacité à fédérer et piloter les directions qui est brutalement remise en question, en pleine tempête.
  • Des stagiaires ont été informés par SMS de ne pas venir sur site le vendredi, avant même le personnel
  • Dans certains centres, le nombre de contaminations devient si important que les Directions n’ont même pas mis en place et/ou suivis les processus prévus à cet effet, jugés peu clairs ou trop lourds. Pour autant, vous souhaitez continuer d’accueillir du public sans prendre le temps de mettre en place les mesures adéquates, claires et concertées avec les Commissions Santé Sécurité et Conditions de Travail (CSSCT).
  • Des réunions de différentes instances du personnel sont ainsi organisées en urgence, sans avoir les ordres du jour ni toutes les informations sur la continuité de l’activité. Le Plan de Continuité de l’Activité actualisé n’est pas connu ni proposé à l’étude par la CSCCT Centrale, en premier lieu. Enfin, les délais de prévenance sont bafoués et viennent se heurter à un agenda social déjà surchargé qui va empêcher bon nombre d’élus d’assumer pleinement leurs mandats.
  • Enfin, et c’est probablement le plus scandaleux, des « grilles d’analyse », construites comme des fichiers de renseignements nominatifs sur les salariés et/ou les stagiaires, circulent dans certaines régions avec des contenus personnels sur leur « vulnérabilité sociale ou médicale », demandés par les directions, afin d’arbitrer sur le passage en télétravail ou le maintien de l’activité en présentiel.

La crise sanitaire n’excuse pas tout. Être « agile » ne signifie pas passer une rivière à gué sur le dos de crocodiles, en courant et avec les yeux bandés ! Être « agile » n’autorise pas non plus de passer outre les recommandations de la CNIL, en faisant fi de la loi RGPD !

Nous vous demandons de sursoir immédiatement à cette frénésie qui accompagne ces mauvaises décisions, parfois contraires au droit. Nous vous demandons de respecter le temps nécessaire pour que les salariés, les élus et les directions trouvent le moyen de gérer et organiser efficacement cette crise. Nous vous demandons de protéger les salariés, sans mettre en balance le risque d’exposition aux RPS liés au confinement et la menace de surexposition au COVID en faisant venir des salariés dans les centres.

Nos missions de service public n’autorisent pas tout, précisément car nous accueillons du public.
Compte tenu des problématiques soulevées, de leur ampleur et des risques encourus, nous adressons copie de cette lettre à l’inspection du travail, au président Jean-Pierre Geneslay et à la médiatrice pour suite à donner.

Montreuil, le 2 novembre 2020
Le syndicat national CGT AFPA


 

Hommage à notre Camarade Béatrice
Communiqué intersyndical du CSEE PACA