UNIS CRE extraordinaire Rhône-Alpes du 24 juillet 2018

Déclaration intersyndicale : CFE-CGC, FO, CFDT, CGT

Les fermetures continuelles dans les centres donnent l’impression que l’AFPA n’est pas dans une projection sur un avenir constructif et de croissance.
Les personnels se sentent abandonnés et impuissants devant cette situation catastrophique. Ils ont l’impression que l’institution a « jeté l’éponge » sur un certain nombre de formations.
Pourtant ces agents sont force de propositions auprès des décideurs financiers et politiques sur le développement et l’évolution des formations utiles aux publics en fragilité. Aujourd’hui, ils n’ont plus de visibilité sur l’avenir de l’AFPA et donc sur le leur.
Ils sont au courant que la rentrée à l’Automne va être un moment crucial avec les annonces gouvernementales.

Pour autant, l’AFPA ne leur donne pas les outils pour se préparer à cette mutation importante. Aucune GPECC n’annonce l’évolution de leur emploi. Aucune formation n’anticipe les besoins de nouvelles compétences nécessaires à ce changement.
Les décisions sont prises d’une façon unilatérale, sans aucune concertation préalable avec les agents concernés qui pourtant ont des idées.

Cela se traduit par des troubles psycho-sociaux déclenchés par une inquiétude de plus en plus forte. Il n’y a jamais eu autant d’agents quittant l’institution ou qui ont « craqué » et qui sont en arrêt maladie.
Nous constatons également dans certains centres et dans différents services, des tensions fortes se déclenchant entre salarié·e·s·: celles/ceux-ci font porter la responsabilité de leur mal vivre sur leurs collègues, alors que c’est l’AFPA qui en est la seule responsable.

Tous les agents sont concernés, que ce soient les administratifs de service qui voient leur nombre diminuer d’année en année, que ce soient les manageur·se·s qui avec moins de personnes à encadrer se demandent ce qu’ils/elles vont devenir et que ce soient les formateurs/trices à qui on impose des mobilités géographiques et/ou professionnelles. Pour ces dernier·e·s, cela devient la variable d’ajustement pour réaliser la production programmée et les ressources humaines pour la réaliser.

Pour les délégations CFE-CGC, FO, CFDT, CGT, ces mobilités sont de fausses solutions, en sachant qu’il ne reste plus qu’une région économiquement positive. Comment la direction prétend-elle trouver des solutions à toutes et tous ?

SOYONS OPTIMISTES !

En Rhône-Alpes, 65 GRN sont en « sommeil » donc pas fermés pour la direction.
Le sommeil peut être plus ou moins profond, mais au bout de 2 ou 3 ans, ils risquent de ne jamais se réveiller.

Pour la CGT, la direction cherche à nous calmer sur ces fermetures de GRN de plus en plus nombreuses.
Par expérience, nous savons que des formations en sommeil ne sont jamais réouvertes. Nous parions qu’à peine 10% reverront des stagiaires un jour. Pour nous, ces formations sont sous respiration artificielle et au pire en coma profond !


Places offertes :

Le nombre de places offertes en RHÔNE-ALPES se dégrade depuis plusieurs mois.

En octobre 2017, 10 503 places étaient offertes sur RHÔNE-ALPES.
En juin 2018 : il n’en reste que 9 399 places
En juillet 2018 : le nombre est à 8 053 places.

Aujourd’hui, le 24 juillet, selon le document fourni par la direction, il n’y a que 7 993 places offertes.


Postes de travail :

Le taux de présence de 61 % en octobre 2017, passe à 52 % en juin, pour finir à 39 % le 18 juillet !


Évolution du dispositif par Centre (liste remise pour ce CRE)

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Évolution du dispositif de la région

57 GRN ont disparu du dispositif RHÔNE-ALPES. A cela, il faut rajouter les 8 GRN qui ne sont pas dans la liste remise au CRE de janvier.

La délégation CGT est surprise de remarquer que 17 GRN n’étaient pas annoncés comme devant fermer dans la liste remise en CRE de janvier 2018. Pourtant, c’est d’actualité à ce jour.

En résumé, la région RHÔNE-ALPES a perdu 65 GRN ! Soit une cartographie qui se rabougrit, une réponse à la formation qui s’éloigne de la proximité, un panel de métiers de moins en moins important, une spirale infernale vers le fond !

Ce qui est encore plus grave, c’est que certains GRN comprennent plusieurs métiers : exemple, le GRN 111 qui comporte 4 métiers.
Quelle est la volonté de la direction sur le devenir des GRN, soi-disant, plus porteurs ?
Quels sont les nouveaux métiers sur lesquels l’AFPA voudrait évoluer ?
Avec quels organismes (GRETA, FCMB, SEPR, Etc.) et quelles parts de gâteaux avons-nous partagés ?
Avec quelles formations maintenues chez les uns et les autres ?


Intervention de la CGT

La délégation CGT réclame :

  • que toute fermeture ou déplacement de GRN soit gelé. Il faut que la direction fasse au préalable une analyse précise et une étude approfondie des besoins de formation. Que ces dernières répondent aux attentes des citoyens, s’appuyant sur tous les acteurs de l’économie des bassins d’emploi. Il ne faut pas que ce soit uniquement basé sur les réclamations des entreprises qui évoluent rapidement au gré de nouvelles mesures de formation financées par l’État.

Exemple : la formation Menuiserie d’Agencement à toute son utilité, puisqu’il n’y en a pas d’autre identique dans la région RA. Elle répond à un vrai besoin. Des échanges de mails avec 2 agences intérimaires qui recherchent à tout prix des personnes formées démontrent que pour répondre à 10 demandes de menuiserie et agenceurs par semaine pour l’une et 115 postes à pouvoir pour l’autre cela correspond à 49 postes en CDI et 66 en intérim. De même elles ont écrit : “la formation au titre de Menuiserie d’Agencement proposée par l’AFPA est en totale adéquation avec le marché actuel de l’emploi dans la Menuiserie”.
C’est pourquoi nous devons donc maintenir cette formation en Rhône-Alpes !

La CGT demande :

  • Que l’évolution du dispositif ne se fasse pas au « doigt mouillé ».
  • Qu’une GPECC régionale anticipatrice sur l’évolution des métiers et un plan de formation adapté soient établis et mis en œuvre.
  • Que la direction offre la possibilité à tous les agents de pouvoir rebondir en connaissance de cause sur ce qui les attend demain.

Conséquences sur les formateurs et formatrices :

La direction informe les élus que les GRN sur lesquels les formateurs/trices sont encore rattaché·e·s ont de l’activité, soit en mission, soit sur PRÉPA COMPÉTENCES.

Pour la CGT, tous les formateurs/trices en mission ne sont occupé·e·s que temporairement sur des actions de courte durée et que ce n’est pas ainsi qu’ils/elles retrouveront un emploi stable demain.

La direction le confirme et c’est pourquoi demain, 4 propositions en plusieurs étapes soit en mobilité Géographique, soit Professionnelles leur seront faites et qui devraient (soi-disant) leur redonner une activité durable.


Et pour les plateaux techniques…

La délégation CGT rappelle que les transferts de plateaux techniques vers un autre centre ou dans une autre région passe obligatoirement par une information en CRE. Ce n’est pas le cas présentement, la direction est en délit d’entrave dans cette instance.

La direction répond qu’elle veut mutualiser le maximum d’ateliers en les rendant mobiles d’un centre à l’autre en phase avec les appels d’offres obtenus ou pas.

La délégation CGT demande de bloquer les départs de matériel sans quoi, la formation en sommeil, ne réouvrira plus.

La direction explique que cela ne servira à rien de le bloquer. Il y a des formations qui ont du matériel trop lourd pour être transporté d’un établissement à un autre et il sera obsolète quand la formation sera réouverte.

Donc, demain, le CRE ne sera informé que des plateaux techniques mutualisés.

Pour la CGT, l’activité des plateaux techniques est tellement aléatoire et évolutive selon les appels d’offres, qu’il ne peut plus y avoir des plateaux techniques fixes dans les centres.

Le constat est clair, il n’y a plus aucune formation en menuiserie et agencement sur toute la région RHÔNE-ALPES, il n’y a plus de formation sur le “Second Œuvre Finition” dans le RHÔNE, il n’y a plus qu’une formation maçonnerie de quelques mois sur un centre.

Le dispositif est en plein repli.

Les positions de la direction :

L’AFPA ne maintiendra pas l’ensemble des GRN, c’est le choix retenu. Il vaut mieux conserver les GRN porteurs sur lesquels nous serons reconnus « spécialistes ».
Le seuil de rentabilité d’une formation reste bien de 8 à 10 stagiaires.
Le chiffre de 5 stagiaires annoncé en CRE étant le nombre minimum pour considérer que le/la formateur/trice est en sous activité et lui proposer la mobilité.
Le vœu d’un demandeur d’emploi de réaliser sa formation au plus près de chez lui n’est possible qu’en cas de financements complémentaires à son CPF sinon cela ne couvrira qu’une partie infime de sa formation.
Le développement du service commercial est certes nécessaire, mais sous d’autres formes qu’actuellement.
En effet, se déplacer en voiture pour rencontrer les clients est dépassé, il faut rechercher les prospects par vidéo conférence !

CONTACTS CGT

Représentante Syndicale
au CRE :

Mylène CHARRE

Les élus CGT au CRE :

Lionel SORLIN
Carmela BAFFIERA
Régis LECU

Déléguée Syndicale Régionale :

Valérie STEFANINI

CRE Rhône-Alpes juillet 2018