logo CGT AFPACompte rendu CGT du CRE AFPA Nord Pas-de-Calais du 20 mars 2018 au centre de Douai-Cantin.


La séance s’est ouverte par un tour de table où les membres du CRE se sont présentés à notre nouvelle DRHDS. Elle s’est présentée comme un produit des Hauts de France car elle est originaire du Pas de Calais, qu’elle a suivi ses études dans le Nord et qu’elle a travaillé en Picardie. Suite à un début de carrière dans un cabinet d’avocat, elle s’est ensuite orientée vers les Ressources Humaines. Elle a assuré des fonctions RH dans une entreprise de type ” call-center “. Elle dit rechercher la proximité et souhaite être contactée et informée par les élus et responsables syndicaux en cas de problème.

Une question diverse a été posée par le trésorier qui n’a pas reçu l’acompte de 20 000 euros pour le fonctionnement du CRE et de 60 000 euros pour les ASC. A la question de savoir quand ces acomptes seront versés, le DR n’a pas su répondre de façon précise.

La délégation SUD a ensuite lu une déclaration visant à dénoncer les pratiques du management à Liévin. Il se trouve que la délégation CGT avait également préparé une déclaration dénonçant la façon dont s’exerce le management à Liévin, mais également dans les autres sites de la région et encore plus largement au niveau de différentes régions. Cela porte à penser que la rudesse du management tend à se généraliser en vue de provoquer des départs de salariés pour réduire la masse salariale de façon compatible avec les objectifs de la direction générale.


Déclaration de la délégation CGT au CRE de Cantin du 20 mars 2018.

Depuis des mois, nous assistons à un durcissement du management dans la région.

Le management du centre de Cantin est d’une grande violence :

  • Depuis un an nous avons assisté à une forte mise sous pression des services de restauration dans l’intention de les externaliser.
  • Depuis plusieurs mois également, ce sont les personnels du secteur transport qui sont mis à l’épreuve d’un management brutal.
  • Des caméras sont posées sur les sites sans respect des obligations de la CNIL.

Sur le centre de Liévin et Arras, les salariés sont régulièrement mis sous pression par leur direction.

  • Cela a été le cas à plusieurs reprises sur le site d’Arras ou plusieurs hiérarchiques sont venus mettre la pression sur les salariés dans leur propre bureau.
  • Des fouilles ont eu lieu sur le site de Liévin et des membres de l’équipe de direction se sont introduits avec des passes dans les bureaux de salariés et se sont permis de fouiller dans leurs armoires, sans aucun respect de la légalité.
  • Des intrusions dans les bureaux de responsables syndicaux ont également eu lieu.

Un nombre non négligeable de personnes sont à l’arrêt dans notre région, car elles sont malades à cause des pressions qu’elles subissent. Elles sont aussi fréquemment empêchées de faire un travail de qualité, au point que certains de nos financeurs se plaignent de la médiocrité des prestations que l’AFPA leur fournit.

Lorsque nous nous renseignons, nous constatons que des GRN sont dans le collimateur et que la direction générale souhaiterait faire disparaître certains d’entre eux :

  • Le GRN 102 ” Maçonnerie ” semble concerné alors que nous entendons aux informations nationales que le bâtiment redémarre ! Comment comprendre ?
  • Le GRN transport serait trop coûteux et donc voué à disparaître alors que ce secteur est un secteur qui embauche.

Lorsque nous observons de plus près le management qui s’applique sur les salariés du secteur transport, nous constatons que les mauvaises pratiques existent de façon similaire dans plusieurs régions :

  • Auvergne : Le personnel du centre du Puy en Velay subit des pratiques rudes.
  • Champagne – Ardennes : C’est le centre de Rethel qui est brutalisé.
  • Limousin : Le centre d’Egletons est également malmené.
  • Nord Pas-de-Calais : Le management du centre de Cantin est brutal et les salariés sont rudoyés en permanence par leur direction.

Les pratiques de maltraitance des salariés du secteur transport étant similaires d’une région à l’autre, Il n’y a qu’un pas à franchir pour imaginer que des directives pourraient être données dans ce sens de la part du plus haut niveau de l’AFPA.

Si la décision de supprimer un secteur d’activité existe, la direction a le devoir de le dire et de l’assumer dans le respect des personnes.

Les salariés qui ont contribué à construire notre belle AFPA semblent aujourd’hui être considérés comme des ” pestiférés ” ou tout au moins des boulets ” trop payés ” et ” inadaptables “.

L’AFPA va mal, nous en sommes tous conscients, mais la responsabilité des directions successives est écrasante. Ces directions n’ont pas su faire en sorte que l’AFPA reste l’outil de formation de l’état et aujourd’hui, ce sont les salariés qui en font les frais.

Cette direction générale, qui aujourd’hui est incapable d’imaginer autre chose que des fermetures de Centres et des fermetures de GRN, n’assume pas la situation qu’elle a générée et tente d’en faire porter la responsabilité à ses salariés que les études disent :

  • Trop payés,
  • Inadaptables.

Le comité stratégique fait des études, des expertises, mais n’a pas encore réussi à élaborer une stratégie. A ce jour, l’AFPA n’a pas encore de stratégie autre que de diminuer son effectif en ne remplaçant pas les départs (remplacement de 1 départ sur 4) mais également en contraignant le départ des salariés dont elle ne veut plus.

Aujourd’hui le nombre de départ naturels n’est plus majoritaire au regard des départs pour :

  • démissions,
  • ruptures conventionnelles,
  • licenciements pour inaptitude,
  • licenciement pour faute.

Dans notre région, les chiffres qui nous ont été remis le mois dernier font apparaître le projet de la diminution de :

  • 39 ETP CDI
  • 26 ETP CDD

Cela représente un recul de 65 salariés, ce qui est énorme puisqu’en passant de 851 à 786 ETP, notre région subit un recul de son effectif de 7,6 % sur une seule année. Ce recul vient s’ajouter à ceux des années précédentes.

Lorsque l’on est choqué par ce recul, il est tenté de nous expliquer que notre activité devrait tout de même se faire et que l’année 2018 sera tout de même ” une bonne année ” grâce aux phases 3 et 4 du PRF à venir et grâce au plan 17 000 parcours.

Alors pourquoi opérer un tel grabuge dans l’effectif ?

La CGT ne peut être d’accord avec cette politique de chasse aux salariés qui ressemble à une chasse aux sorcières. Cet acharnement sur le personnel pour le pousser à quitter l’AFPA a un effet délétère sur la santé des personnes et dégrade la culture d’entreprise à grande vitesse.

La CGT n’aura de cesse de dénoncer ces pratiques et continuera à s’y opposer fermement en espérant bien que celles-ci vont reculer.


Le débat qui a suivi ces déclarations a été très houleux. Le DR a pris l’entrée de dire que l’alcool est interdit sur le lieu de travail, mais il a cependant ajouté qu’il ne cautionnait pas du tout les pratiques de la direction de Liévin et il a convenu que des fouilles sauvages n’auraient pas dû avoir lieu.

Cette réaction semble un peu trop en retrait par rapport à la violence de l’attitude de la direction de Liévin qui s’est livré à des pratiques totalement illégales.

Il a été mentionné que si l’alcool est interdit, cela doit être le cas pour tous les salariés, y compris les membres des équipes de direction.

En effet, cette équipe a beau jeu de fouiller les bureaux des salariés pour trouver des bouteilles alors que leurs fouilles ont eu lieu après qu’eux-mêmes avaient organisé un pot, avec consommation de boissons alcoolisées.

Une intervention de la CGT a eu lieu ensuite pour dénoncer le fait que les mauvaises pratiques managériales provoquent l’opposition d’une partie des salariés à d’autres.

En effet on oppose :

  • Des salariés en CDD contre d’autres en CDI
  • Des salariés contre des hiérarchiques
  • Etc.

Aujourd’hui il n’existe plus de lieu pour parler du travail, les réunions de GRN n’ont plus lieu.

La transmission de modules de formation est confiée à des formateurs sur des sujets dont l’ingénierie n’a pas été effectuée. En quelque sorte, on envoie les formateurs au charbon et on les tient responsables en cas de problème de non qualité.

Il faut réfléchir au métier de manager de formation. Actuellement, leur emploi semble les réduire à être des gestionnaires de tableaux Excel visant à évaluer des volumes de production.

La pédagogie n’est en tout cas, plus jamais à l’ordre du jour.

L’observatoire des métiers et des compétences n’a jamais été mis en place alors que l’on parle d’évolution vers le numérique, etc. Le retour en entreprise des salariés n’a jamais lieu.

 


Ordre du jour

Ce n’est seulement qu’après que toutes ces interventions aient eu lieu que l’ordre du jour a pu être abordé.

Point 1 : Approbation du Procès-Verbal du 20 février 2018.
Le Procès-Verbal a été adopté à l’unanimité.

Le point 8 : Présentation de l’activité / Carnet de commandes d’AFPA Transitions a ensuite été abordé du fait de la présence de l’intervenant de la direction. Il a commencé à présenter des documents que les membres du CRE n’avaient pas eus au préalable. Une sorte de POWERPOINT illisible, du fait du petit format de projection, a été présenté et cela a assez vite créé une réaction de l’auditoire qui ne se sentait pas respecté. Une suspension de séance a été demandée.

A L’issue de cette suspension de séance, le secrétaire du CRE a lu une déclaration pour se plaindre de la façon dont sont traités les élus du CRE depuis plus d’un an. Cette déclaration figurera dans le prochain Procès-Verbal.

A la suite de cette déclaration une motion a été proposée au vote des élus dont le texte est le suivant :

Le comité mandate le secrétaire pour saisir en son nom les juridictions compétentes en vue de faire cesser par tous les moyens les entraves répétées apportées aux prérogatives du comité consistant en un refus persistant et systématique de la direction de remettre aux élu-e-s des informations précises et écrites en temps utile et d’en obtenir réparation.

Cette motion a été votée à l’unanimité.

Suite à cela, il a été ajouté que les documents remis ne permettant pas de continuer la réunion, il a été convenu de replacer les sujets prévus à l’ordre du jour sur l’ordre du jour du mois prochain.

La direction a dit avoir compris la demande des élus et s’est engagée à fournir des éléments numériques et papier dans les temps pour le prochain CRE.

La demande des élus est claire et se limite aux obligations légales. Il a été redit à la direction que les documents devaient être accompagnés d’éléments d’analyse afin de faciliter leur compréhension.

La séance s’est ainsi terminée.

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