logo CGT AFPACompte rendu du CRE AFPA Nord Pas-de-Calais du 17 avril 2018 au centre de Liévin.

Ce CRE contrairement à ce que nous attendions ne nous a pas amené d’éléments d’information pertinents sur l’avenir de l’AFPA.
Nous n’allons pas retracer l’ensemble des débats qui furent long mais assez pauvres. Nous allons seulement relater les quelques sujets qui ont été les plus denses.


Question diverse par rapport aux remises de documents.

Après une forte réaction de la CGT et une interruption de séance à sa demande, il a été dit : Non à la décision de la direction de ne fournir les documents servant d’appui aux réunions exclusivement en format numérique. Les membres du comité ne sont bien sûr pas hostiles à ce que les fichiers leurs soient envoyés par voie électronique, mais cela doit être un plus facilitant l’accès aux données et pas l’inverse.

Il a été rappelé une nouvelle fois à la direction que l’important était qu’une analyse des documents soit donnée.

La possibilité de stocker les documents des différentes séances sur un espace Intranet a été évoquée et souhaitée.

Ce sujet sera abordé lors du prochain CRE car il n’est plus possible de continuer de la sorte.

Pour cette séance, c’était environ 45 fichiers représentants 170 pages de données diverses qui ont été communiquées le jeudi précédent la réunion.

Il a fallu ensuite télécharger, parcourir, imprimer les documents semblants utile à analyser de façon approfondie et cela sans parfois avoir de moyens d’impression à l’endroit où se trouve chacun. Les conflits de formats entre les documents et les imprimantes sont également fréquents.

Pendant que vos élus cherchent à accéder aux données qui leurs sont fournies, ils ne peuvent pas travailler à les analyser.

La direction semble gêner les élus dans leur tâche au lieu de les aider à la réaliser.


Demande de rupture conventionnelle d’une salariée après 30 ans d’AFPA.

Le CRE a été consulté au sujet de la rupture conventionnelle d’une collègue de Liévin qui est contrainte de mettre fin à sa carrière à l’AFPA après 30 ans de bons et loyaux services.

Cette personne a subit un « burn-out ». Elle témoigne ne pas pouvoir envisager de continuer à travailler dans un contexte professionnel qui l’oblige à vivre en contradiction avec ses valeurs. Les doubles injonctions paradoxales l’ont rendue malade, et elle n’a pas pu trouver d’autre issue que de quitter l’AFPA.

Cette personne travaillait sur le site de Liévin et dans le même temps nous savons qu’une collègue d’Arras qui relève de la même direction est à l’arrêt depuis plusieurs mois suite à la brutalité du management.

Le mois dernier, sur le site de Liévin également, étaient déplorées des fouilles des bureaux et armoires personnelles des salariés. Régulièrement sur ce site la direction envoie des courriers destinés à recadrer les salariés sans se préoccuper de la véracité des faits reprochés.

Ces pratiques, bien que régulièrement dénoncées perdurent sur certains sites et la délégation CGT a rappelé au DR qu’il lui appartient de faire en sortes que ces mauvaises pratiques managériales cessent car elles ne font que générer ou aggraver les troubles psychosociaux déjà fortement présents à l’AFPA.

Il n’est pas possible de laisser partir les salariés après 30 ans de bons et loyaux services en invoquant pour excuse que ces salariés n’ont pas su s’adapter à l’évolution de leur métier.

Il a été rappelé au DR que nous sommes une institution, même si certains disent le mot « entreprise », dont le rôle est de former et d’insérer des personnes. Comment peut-on admettre qu’un organisme chargé d’insérer puisse rendre ses salariés malades au point d’être obligés de quitter cet organisme.

La CGT n’a pas voulu citer nommément des personnes, car cela n’a pas d’intérêt de stigmatiser, ce qui a été dénoncé est le système de management complètement défaillant qui place les salariés, Managers compris, en situation de double injonction paradoxale.

Le fait de n’avoir qu’une entrée exclusivement économique sur les situations est incompatible avec la mission d’insertion qui repose d’abord sur l’humain.

Malheureusement, même si l’émotion causée par ce départ était forte, même si cette personne a été remerciée pour ce qu’elle avait fait de bien, sa situation reflétait une grande détresse.

Le DR s’est exprimé en disant qu’il partage la lecture des élus sur la réalité du quotidien. Le DR pense effectivement que la salariée n’est plus apte à endurer les difficultés de son travail, mais que ce n’est pas un échec personnel car ce qu’elle a accompli est important.

Pourtant, elle est partie. Il est à craindre qu’elle soit assez vite oubliée et même que peut-être à un autre niveau, son départ sera considéré comme ayant contribué à atteindre l’objectif de réduction d’effectif que la direction s’est alloué.

La CGT restera vigilante et continuera de lutter contre les pratiques managériales qui ne cessent d’accroître les troubles psychosociaux qui se sont installés à l’AFPA depuis une dizaine d’années.

Diverses prises de paroles allant dans le même sens ont ensuite eu lieu, puis le vote a validé cette demande par 5 voix pour et 2 abstentions.


Le sujet des orientations stratégiques a été ensuite abordé.

Le DR explique que les orientations stratégiques sont arrêtées par le Conseil d’Administration sur 5 axes. Ceci est selon lui, une étape importante qui pose le cadre de travail pour tendre vers l’équilibre économique.

Il nous est ensuite dit :

  • Que le plan national s’est appuyé sur les travaux des plans stratégiques régionaux.
  • Que les formations qualifiantes longues sont la force de l’AFPA.
  • Que l’AFPA doit servir de lieu de capitalisation des actions publiques avec la création de « AFPA Village ».
  • Que l’AFPA doit retrouver un équilibre économique en optimisant le coût des fonctions support.
  • Etc.

Après ces propos vagues, le DR nous informe qu’il n’a pas de plan d’action à présenter car le projet doit faire l’objet d’un travail plus fin. Un questionnement commence et des bribes d’informations sont données. Il est prévu une prestation d’accompagnement des Demandeurs d’Emploi et d’optimiser nos surfaces des centres par le développement d’AFPA Village. Nous allons examiner les dispositifs non commandés par les régions pour s’adapter, etc.

Des éléments concrets sont alors demandés au DR car la DG a déclaré que les DR allaient présenter les plans régionaux en CRE. Le DR répond à cela qu’Il y a des temps pour tout, et qu’il faut d’abord élaborer.
Bref, nous avons entendu beaucoup bla bla bla, mais aucun élément précis.

La CGT est intervenue pour dire que les plans stratégiques régionaux ont été élaborés depuis un an. Des éléments remontant des régions ont été utilisés pour bâtir les orientations stratégiques nationales, mais dans notre région, il n’y a eu aucun retour. La CGT se demande pourquoi ces éléments ne sont-ils pas partagés avec les salariés alors qu’on les met à contribution.

Suite à cela la déclaration suivante a été lue par la CGT :


Déclaration CGT au CRE de Liévin du 17 avril 2018.

Le Conseil d’Administration et le CCE du début du mois ont amené la direction à présenter des orientations stratégiques nationales.
Ce projet recense 5 axes stratégiques qui sont très flous et devraient servir de base à l’élaboration d’un Plan Stratégique d’entreprise.

Ces axes sont les suivants :

  1. Adapter notre outil de production aux besoins de compétences de l’instant et de demain au service des politiques publiques et des branches professionnelles.
  2. Passer de l’offre catalogue à la solution adaptée aux réalités du territoire, de l’entreprise et de la personne dans le cadre de nouveaux partenariats publics/privés.
  3. Ouvrir nos centres pour créer des plateformes non virtuelles qui s’inventent de nouvelles solutions inclusives pour l’emploi : AFPA Villages.
  4. Renouveler notre contrat social pour redonner un sens individuel et collectif à nos missions.
  5. Viser la performance organisationnelle et optimiser nos fonctions supports du siège et des régions

Lors du CA, la CGT a voté contre ces orientations stratégiques, refusant de signer un chèque en blanc et de laisser direction générale et tutelles ministérielles régler entre-elles le sort de l’AFPA.

Quel plan stratégique va-t-il être proposé, compte tenu que le plan national devrait être une agrégation des Plans Stratégiques Régionaux ?

Dans notre région le projet de Plan Stratégique Régional ne nous a jamais été communiqué et pourtant le planning de la direction atteste que de mars à septembre 2017, les travaux relatifs aux Plans Stratégiques Régionaux ” bottom-up ” ont eu lieu afin de définir les orientations stratégiques, mais pour autant nous n’avons jamais eu d’informations malgré nos demandes répétées.

Nous souhaitons une nouvelle fois que vous nous fournissiez les informations que vous nous devez et que vous n’avez pas daignées nous fournir jusqu’à ce jour.

Nous entendons des expressions au sujet de l’AFPA, que ce soit :

  • Au niveau ministériel avec les dires de Madame PENNICAUD nous promettant un plan stratégiques et un changement de modèle économique.
  • Au niveau de la presse avec un article du monde qui prévoit des fermetures de centres et des mesures sur notre effectif.

Un CCE a eu lieu très récemment et aucune information précise n’a été donnée aux membres de cette instance.
Le lendemain, les directeurs de centres et les directeurs Régionaux dont vous faites partie ont été informés.
Depuis, des bruits de licenciements, de plan, de réduction d’effectif se mettent à circuler, alimentés par les équipes de direction. Une diminution de plus de 250 emplois est évoquée dans la région.

Il semble inimaginable que ces rumeurs soient fondées et vous devez nous donner des explications sur leur origine et les démentir sans ambiguïté devant cette instance.

17 avril 2018


Le DR a réagi en disant que : « Comme d’habitude les bruits circulent mais rien n’est décidé. L’approche de fermetures et de licenciements n’est pas à l’ordre du jour. ».
Il a également dit que : « Un plan de réduction de charges va être envisagé et les nouveaux marchés seront assumés sans embauche de CDD. » … « Nous aiderons à élaborer des projets de formation pour les Demandeurs d’Emploi, loin de l’emploi, afin de préparer leur projet. ».

La CGT a dit au DR que ses propos sont contradictoires, car il dément le projet de baisse d’effectif mais il annonce un plan de réduction de charges.
Le journal « Le Monde » s’est également exprimé à ce sujet, c’est un journal sérieux et il ne peut avancer de tels propos sans les avoir vérifiés et étayés. La ministre de tutelle, elle-même parle d’un nouveau modèle économique et d’un plan stratégique.

La CGT a affirmé que le DR a des éléments et lui a dit qu’il fallait nous en dire plus.
Le DR a refusé d’en dire davantage et pourtant certains de ses hiérarchiques qui étaient à Montreuil le même jour que lui ont déjà propagé de la rumeur ou de l’information… Nous ne le savons pas et l’avenir le dira.

Le DR dément catégoriquement ces rumeurs. Nous l’écrivons et nous pourrons relire ces propos si l’avenir les contredit.
Son démenti lui permet aujourd’hui de nous informer par voie de mail en faisant précéder tous ces dires de « A ce jour »…
A ce jour donc, le DR dément catégoriquement ces rumeurs, mais qu’en sera-t-il demain matin ?

Même si le DR reconnaît souhaiter compacter certains centres, il dément complètement avoir déjà des projets précis. Nous n’obtiendrons pas d’avantage d’informations, car le DR ne veut pas en donner. L’avenir nous dira si sa réponse est crédible. Il nous annonce également que le 3 juillet l’attributaire du SIEG et les bons de commande seront votés au niveau de la région. La troisième vague de PRF va nous apporter 140 actions qui permettront le départ des 17 000 formations.


Concernant la Transformation juridique de l’AFPA et l’évolution des Organigrammes filiales/EPIC.

Les affectations aux filiales des salariés protégés qui n’ont pas été validées par la DIRECCTE restent dans l’EPIC tant que la situation n’a pas été tranchée de façon définitive.

La question du double management est à nouveau posée et il est difficile de savoir qui dépend de qui ? Il est réaffirmé qu’un collaborateur ne doit plus avoir deux patrons. Aujourd’hui les organigrammes ont été stabilisés et la question sera également abordée dans les entretiens professionnels.


Le déploiement de METIS a été abordé.

Il semble que l’implantation et le déploiement de Métis ne vont pas de soi.
Un groupe de travail s’est mis en place, mais les débits ne sont pas là, certains câblages sont faits sans moyens et de façon approximative, une partie des postes informatiques sont obsolètes, etc.

A la question : « Y aura-t-il une évaluation des premières formations ayant utilisé Métis ? »
Nous apprenons qu’il n’y a pas eu de dispositif d’évaluation prévu. Le seul retour que nous avons est celui de quelques stagiaires et une formatrice.
Les stagiaires ont eu un moment d’appréhension car ils ne savaient pas qu’une partie de leur formation se réaliserait à distance, etc.

Voici les principaux propos que nous voulions développer en retour de cette séance du CRE qui, une fois de plus, nous a permis de constater que la transformation de l’AFPA se faisait à l’écart des salariés dans les salons dorés de Bercy et vraisemblablement en contradiction avec les intérêts de nos bénéficiaires et des salariés.

CRE Nord Pas-de-Calais mai 2018
Où manifester le 19 avril en Picardie ?