logo CGT AFPAInformation/Consultation sur les Orientations Stratégiques de l’AFPA, première réunion d’information


La délégation CGT du CCE souligne l’objectivité de nombreux éléments portés dans le diagnostic présenté aux élus lors de cette première réunion d’information sur les orientations stratégiques. En effet, des points d’appui pour la pérennisation de l’AFPA en tant qu’opérateur public du Service Public de l’Emploi au service de la formation professionnelle des adultes sont bien identifiés, étayés et argumentés. La direction générale doit absolument pouvoir les mettre en avant pour construire l’agence AFPA de demain, tant dans ses missions de service public telle que consacrées dans la Loi (article L5315-1 du Code du Travail) que pour assumer les autres missions stipulées dans l’article L5315-2, notamment celles mises en œuvre au moyen de ses filiales.

La première lecture des orientations stratégiques présentées par Madame la directrice générale de l’AFPA donne beaucoup à réfléchir. Les 5 axes stratégiques retenus à partir de ce diagnostic et de l’analyse forces/faiblesses, menaces/opportunités qui en découlent soufflent alternativement le chaud et le froid.
Ainsi, le champ des arbitrages possibles est particulièrement large et une première crainte s’exprime sur l’amplitude des choix possibles entre les plans d’actions qui présideront à l’élaboration du Contrat d’Objectifs et de Performance (COP).

Nous avons bien compris que ces orientations stratégiques ne chiffrent rien, ne définissent aucune décision précise ou définitive mais donnent un cadre général dans lequel les ministères de tutelle imposeront des choix potentiellement drastiques à l’AFPA :

  • Comment se fera in fine l’arbitrage entre l’obsession du retour à l’équilibre économique et l’autonomie financière au plus vite, d’une part, et les moyens nécessaires à l’optimisation de l’utilité sociale de l’AFPA, d’autre part ?
  • Qui l’emportera des financiers de Bercy et des défenseurs d’un « outil industriel unique au savoir-faire reconnu, à l’expertise incontestée et à la performance supérieure dans le retour à l’emploi sur les formations longues et qualifiantes » ?

Le premier axe commence dans le dur puisqu‘il s’agit de rationaliser. On y parle d’« abandonner des formations, de fermer des sites, de rationaliser le parc immobilier, d’adapter… ».
Même si cette approche initiale est aussitôt contrebalancée par « Développer/Investir ». Dès lors une deuxième crainte s’exprime quant au poids relatif d’un choix contre l’autre.

Par ailleurs, les axes 4 et 5 sont bien trop évasifs et imprécis ; ils laissent ainsi la porte ouverte à toutes sortes de débordements et ils concernent directement les salariés de l’AFPA, ceux de l’EPIC comme ceux des filiales :

  • Axe 4 : Renouveler notre contrat social pour redonner un sens individuel et collectif à nos missions
  • Axe 5 : Viser la performance organisationnelle et optimiser nos fonctions supports du siège et des régions

Jusqu’où les tutelles fixeront le curseur dans la régression sociale annoncée ? Jusqu’où devront se mobiliser les salariés de l’AFPA pour préserver leur statut défini dans les accords de 1996 en vigueur que vous avez déjà annoncé vouloir remettre en cause ? Quel sera le prix de la performance organisationnelle notamment pour les fonctions supports du siège et des régions ?

Il paraît bien difficile de partir a priori sur un contrat de confiance aveugle dans la capacité de résister à la pression que l’on devine déjà terrible des tutelles. Elles, qui nous annoncent que « le plus dur est devant nous » ou bien qu’il faudra d’abord « vérifier que le marché [des publics les moins qualifiés] est solvable ».

Au Conseil d’Administration du 3 avril, seule la CGT a voté Contre les orientations stratégiques, refusant de signer un chèque en blanc et de laisser direction générale et tutelles ministérielles régler entre elles le sort de l’AFPA.

Les orientations stratégiques disent là où l’on voudrait bien aller. Le contrat d’objectifs et de performance indiquera là où l’on peut et doit aller, au regard des financements qui seront arbitrés par les ministres de tutelle. Quel sera l’écart entre les vœux et les consignes ?

Ensuite, c’est le plan d’entreprise que la direction générale devrait présenter à l’automne qui donnera la visibilité sur les efforts à consentir pour bénéficier de l’aide de l’État. Le recours à un cabinet externe spécialiste du changement en matière d’organisation et de ressources humaines ne sent pas bon pour les salariés, déjà très durement éprouvés comme l’atteste le diagnostic présenté.

Le CCE pourrait avoir l’occasion de formuler des contre-propositions aux choix qui pourront se dessiner au travers des plans d’actions élaborés. Mais pour cela, il faudra qu’il soit loyalement et régulièrement informé de l’avancée des travaux sur le COP, puis sur le plan d’entreprise. Cela relèverait peut-être d’un signe positif d’une volonté de mettre en œuvre un dialogue « mature et transparent » ?

Déclaration CGT au CCE 5 avril 2018

Analyse CGT après CA et CCE de début avril 2018
CCE du 28 mars 2018