logo CGT AFPADéclaration des syndicats CFDT, FO et CGT au CRE Limousin du 21 février 2018


Zoom sur les métiers du transport et de la logistique et leur devenir :

Ces spécialités font partie de l’ADN du centre d’Égletons depuis sa création et, en région Limousin, le centre de Guéret participe également au déploiement de ces formations (FCO déplacées, entreposage…).

A son origine, la mise en place de la région Nouvelle Aquitaine apparaissait comme un vivier potentiel de développement pour ces métiers.

Toutefois, force est de constater que même si la formation CTRIV  (Transport voyageurs) a pu, grâce à l’engagement des collègues, se développer sur le Centre de Pessac, en parallèle du Centre d’Égletons, il en va tout autrement de la formation TSTL (Technicien Supérieur en Transport et Logistique).

Lors de la réponse au dernier appel d’offres, cette dernière a disparu du centre d’Égletons pour réapparaitre sur le site de Pessac. C’est un exemple révélateur du transfert des formations du Limousin vers l’Aquitaine. En effet, elle n’est pas la seule formation impactée.

Nous apprenons aussi en CRE la décision de louer un bâtiment à Pessac pour développer la formation « agent magasinage » : Doit-on s’inquiéter et imaginer à terme la disparition également de cette formation et de ses dérivés sur le territoire Limousin ?

Tout ceci pose question.

Si  les décisions sont prises par le conseil régional « Aquitain », il se doit d’en mesurer les conséquences quant à l’égalité de la répartition territoriale sur l’ensemble de la nouvelle région.

Si ces transferts relèvent d’une politique interne d’évolution du dispositif et d’une nouvelle cartographie des offres de formation, il est nécessaire que ces choix soient présentés et explicités.

D’autre part, ces évolutions ne sont pas neutres en termes de dégradation des conditions de travail.

Les collègues en charge de la formation CTRIV sur le centre de Pessac, grâce à la qualité du travail accompli, voient une montée en charge du nombre de formations. Les équipes sont doublées, et les formateurs espéraient pouvoir travailler dans de bonnes conditions surtout en étant éloignés de chez eux.

Bien au contraire ! Ils doivent travailler en horaires décalés, ce qui s’était déjà produit par le passé et avait eu de graves conséquences déclinées en termes de RPS.

Alors que le constat est que l’institution va pouvoir à la fois augmenter son CA et dégager une meilleure rentabilité sur ces actions (réduction des coûts liée à « moins de location »), il serait juste d’espérer l’attribution de gratifications. Mais pas du tout !

Aujourd’hui, les formateurs doivent supporter la désorganisation de leurs vies professionnelle et personnelle engendrée par l’éloignement et la mise en place de ce type de fonctionnement. Les conséquences morales sont, en plus d’un dérèglement des rythmes chrono biologiques, une désocialisation, une augmentation de la fatigue jusqu’à l’épuisement.
Et la vie de famille dans tout ça ! … Elle est également bouleversée et dégradée. Et ce sont aussi les proches qui subissent …

Pour atténuer ces contraintes et les rendre plus acceptables, on se prend alors à espérer qu’il y ait des compensations ! Légitimes comme espérances, n’est-ce pas ?  Oui ! sauf que la réponse AFPA c’est « Rien » !   Aucun geste, aucune mesure ! Voilà, comment on se retrouve ainsi à vivre dans une AFPA où il ne reste de fertiles que les exigences et le chantage à l’emploi. Et, comme en d’autres temps, les discours sur « la crise » ont bon dos pour tirer la condition salariale vers le bas !

Selon nous, ces sacrifices ne vont pas pouvoir durer encore bien longtemps.

Certes l’AFPA doit s’adapter à un contexte politique et économique nouveau. Mais, si cette nouveauté rime inévitablement avec politique antisociale alors on va à la rencontre d’un inévitable point de rupture. De ce point de vue, l’histoire est têtue et se répète.

Car, si les responsables hiérarchiques, garants des valeurs de l’AFPA et responsables de l’intégrité de son personnel, ne sont plus capables d’assumer à minima leurs obligations vis-à-vis des hommes et des femmes qui s’engagent pleinement, et ce quel que soit leur secteur d’activité, c’est alors l’AFPA dans sa globalité qui finira par disparaitre ce que les élus du CRE ici présents ne peuvent en aucun cas ni accepter ni cautionner.


 

CRE Limousin de mars 2018
Les élus du LIMOUSIN contraints de quitter le CRE, c’est une première !