La CGT AFPA du Nord Pas-de-Calais a demandé au journal La Voix du Nord la parution d’un article sur la situation de l’AFPA.

Extrait du journal La Voix du Nord du 20/08/2018 :

Des départs contraints sont-ils à craindre à l’AFPA ?

Structurellement déficitaire depuis plusieurs années, l’Agence Nationale pour la Formation Professionnelle (AFPA) va-t-elle à nouveau tailler dans ses effectifs ? C’est la crainte des élus cégétistes qui n’attendent rien de bon du plan stratégique qui devrait être dévoilé à la rentrée.

Nouvelle vague de chaleur à l’Agence nationale pour la formation professionnelle (AFPA) ! Pour assurer ses fins de mois (difficiles), l’établissement public aurait reçu 27 millions d’euros, en deux versements effectués sur les mois de juin et de juillet. Et ce ne sont pas les premiers millions alloués à l’organisme professionnel, présent sur tout le territoire, qui, à Cantin, dispose d’un centre où travaille une petite centaine de personnes, dont nombre de formateurs. Dès l’été 2012, l’État verse 20 millions d’euros de subvention et paie 25 millions d’euros pour régler des dettes à la filiale AFPA Transition. En 2013, l’État remet de l’argent : 110 millions d’euros. À nouveau, en 2017, l’État vient au secours de l’AFPA avec une « subvention exceptionnelle » de 33 millions d’euros. Dans le même temps, les effectifs fondent comme neige au soleil. « En 2009, nous étions 12 000 ; aujourd’hui, plus que 7 000. On voit l’AFPA à 5 000. » Celui qui parle, Jean Lanquetin, a été l’un des salariés de l’AFPA (à Cantin), et secrétaire régional CGT de l’AFPA, jusqu’à son départ en retraite, à l’approche de l’été.

L’ouverture à la concurrence en 2009

Catherine Ribot, autre salariée nordiste, secrétaire nationale CGT AFPA, relaye sa crainte : « Va-t-on vers une fermeture des sites inadaptés ? Mais c’est quoi un site inadapté ? Va-t-on arrêter les formations non rentables ? Mais une fois encore une formation devient non rentable quand on perd un lot lors de l’attribution suite à l’appel d’offres. » L’AFPA a été sérieusement ébranlée, au point de frôler la cessation de paiement en 2012, par le transfert de la commande publique aux régions en 2004 et l’ouverture du marché à la concurrence en 2009. « Avant, on formait des stagiaires durant 14 mois. Ils avaient tous un boulot à la sortie. Maintenant, on les forme quelques semaines à l’activité, voire au poste », se désole Jean Lanquetin qui a connu les deux périodes.

Plus de CDD que de CDI

David Ringeval, formateur transporteur à Cantin, a repris le mandat de Jean Lanquetin. Le déclin lui saute aux yeux. « À Cantin, en transport-logistique, nous étions soixante en juillet 2017, dont vingt CDI et vingt CDD. Là, nous ne sommes plus que trente-cinq. Et il y a plus de CDD que de CDI. » Les départs en retraite, les départs volontaires, les licenciements pour faute… ne donnent plus lieu à remplacement. Le plan stratégique en cours d’élaboration depuis plusieurs mois accentuera-t-il la baisse continuelle des effectifs au second semestre 2018 ?


Un article de Bertrand Bussiere de La Voix du Nord

Cliquez ici pour lire la Voix du Nord

Manifs du 14 juin en Picardie : la hausse de la CSG est une arnaque