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Séance ordinaire du 16 mai 2017

 


Finalement, l’EPIC, ça n’arrange rien !

C’est le DRHDS, qui présidait cette séance du CRE Lorraine, l’avant dernière  avant sa montée à la Tour Cityscope où il traitera des spécificités  liées aux obligations d’un EPIC en matière de RH. Les OS lui ont vite rappelé  une certaine  réalité lorraine, en l’interpellant fermement sur les dires et agissements manifestement antisyndicaux d’un hiérarchique, et dénoncés de longue date. Déjà, lorsque des salariés de l’AFPA avaient choisi la grève pour protester contre l’embauche de ce manager, ex collègue, qui plus est alors retraité, c’était un signe fort qui devait alerter !  Ensuite lorsque des élus dénonçaient en comité régional l’esprit antisyndical de cette personne, on aurait pu s’attendre à des efforts de modération de sa part, dans une AFPA qui communique tant sur le « mieux vivre ensemble » et  « la nécessaire qualité du dialogue social ». Mais il n’en fut rien, et la question qui se pose aujourd’hui est pourquoi cette immunité managériale dure-t-elle après tant de dégâts ? Quand cesseront les nuisances de cet individu envers nos collègues sous sa coupe ?

Le DRHDS (re) prend acte, et déclare que « le sujet sera traité avec une attention particulière » ! Nous, on jugera sur actes !


Masse salariale et ETP : de mal en pis !

« On poursuit la dynamique » nous dit le président, mais c’est celle que la CGT condamne : la réduction à tout crin des CDI ! Encore 4 CDI perdus en avril, et pour la 1ère fois aucune nouvelle entrée CDI en région Grand Est, ce mois-ci. De plus, 3 postes de formateurs experts libérés, ne seront pas mis en recrutement. Le gel des emplois CDI se fait trop inquiétant dans le nouvel EPIC ! Le DRHDS le confirme : « tous les recrutements de postes administratifs sont bloqués ». Après l’annonce au CCE du recours à des contrats d’apprentissage en lieu et place de recrutements sur des postes d’assistantes, ça et là, des projets fleurissent de fermer des postes d’assistanat en  CDD (CDI ?…), et d’user une fois de plus, de l’accumulation des tâches sur des collègues déjà surchargé(e)s, auquel(le)s on adjoindrait un ou deux apprentis… Comment l’EPIC AFPA, incapable de préserver ses emplois, pourrait-il être une terre propice à l’apprentissage de jeunes en ne leur offrant  aucune chance d’intégration dans l’AFPA ? Sommes-nous à ce point au fond du puits, pour imaginer avoir recours à ces méthodes et effets d’aubaine que l’on condamnait hier lorsqu’elles étaient pratiquées par  certaines entreprises.

La CGT objecte les arguments une fois de plus portés par le DRH sur le moindre coût que représenterait un CDD. La CGT le répète encore et encore, un CDD, à qualification et ancienneté égales, coûte plus cher qu’un CDI, et comparer le salaire moyen des CDD à l’AFPA au salaire moyen des CDI d’un poste équivalent n’a aucun sens, si ce n’est celui de l’obstination à vouloir justifier une politique de précarité porteuse d’anxiété et de risques psychosociaux. Mais pour cela nous avons désormais une ligne téléphonique dédiée,… et gratuite !


Activité, production et HTS : ça va vraiment coincer

L’exercice 2017 s’annonçait plutôt optimiste par les effets attendus d’une reconduction du Plan 500 000 (mais qu’est ce qui n’était pas optimiste dans les communications de la direction ces derniers temps ?). Malgré ce contexte plutôt serein, le président annonce avoir une mauvaise nouvelle, due à une signature tardive de l’avenant et le transfert de la conduite de ce « demi  500 000 bis » du Conseil Régional à Pôle Emploi . Des commandes avaient  donc bien été passées à l’AFPA par PE, mais le problème est que PE ayant surconsommé en 2016, il a dû procéder à des annulations de bons de commande ; on en serait à 2 millions € d’annulation en région Grand Est, et aujourd’hui la capacité d’engager de Pôle Emploi est quasi nulle, et on ne doit pas attendre plus que ses engagements habituels, hors plan 500 000. Ainsi, des DE ont pu être convoqués dans un centre AFPA pour y  entamer un parcours de formation, et se voir contraints à retourner chez eux, le jour même ! On cherche vraiment où sont passées nos missions d’utilité sociale réaffirmées. Ces DE se sont-ils vu proposer une alternative ? Que sont-ils devenus ? Quelles possibilités reste-t-il pour eux d’acquérir les compétences et qualifications nécessaires à leur accès à l’emploi ? Nous n’en sommes pas informés, mais le DRHDS annonce déjà les conséquences en termes de production, 20 000 HTS en moins au mois de mai, et la production mensuelle pourrait redescendre en dessous des 200 000 HTS,  donc en deçà de la production 2016.

Alors que nous travaillons sur la production d’avril, le président annonce déjà que les objectifs 2017 (même si toujours pas arbitrés par le national !) ne seront pas atteints…  


Et de quoi donc sera fait demain ?

Dans le contexte baissier des commandes publiques de FP, le marché « Entreprises » a longtemps été évoqué par les directions comme la solution pour compenser ces manques, même si l’on sait depuis au moins 20 ans qu’à l’AFPA, cela ne réussit pas (tiens !, le directeur commercial Grand Est a démissionné …). Seul le plan 500 000 ou sa reconduction semblait pouvoir limiter dans l’immédiat la chute de nos produits d’exploitation et nos pertes, sachant que, le président le rappelle, l’AO 2017 Grand Est, prochainement publié, sera probablement inférieur au cumul des marchés CR des 3 sub régions 2016. La CGT interroge sur les propositions faites par l’AFPA Grand Est à la Région. Quelles sont  nos capacités d’initiative, de propositions au Conseil Régionaux ? Ne devons-nous pas sortir de ces logiques d’AO et être offreur de projets ? Un certain vosgien vice-président du Conseil régional Grand Est et en charge de la FP l’a déjà indiqué : « l’APFA doit être porteuse de solutions innovantes » au service de l’accès à l’emploi par la FP. Mais à défaut d’apporter la preuve qu’elle en est encore capable, elle risque de devoir fonctionner dans un système borné d’AO. Le président se veut rassurant, notre capacité à traiter des lots de 1 à 2 millions d’euros nous donnant un indéniable atout sur la concurrence. Selon lui, les capacités des CR à traiter hors AO seraient minimes, et les offres « abandonnées » par les CR d’un exercice sur l’autre ne représentent pas plus de 15 %. Pour la direction, c’est dans ce format que nous devons être innovants. Pour l’instant, la CGT ne constate pas vraiment  d’effets positifs de cette politique.

Par ailleurs, la mise en œuvre de la nouvelle organisation de l’AFPA Grand Est, semble déjà rencontrer quelques écueils.  Seul centre stratégique en Lorraine (le 2eme est Colmar en Grand Est), le centre de Metz semble  revisiter son projet de base Génie Climatique, en embauchant un ingénieur-en CDD- afin de (re)faire un état des lieux de ce projet, travail déjà confié à son arrivée au manager -en CDI-, celui dont le comportement était dénoncé en début de séance. Travail pas fait ou travail mal fait, peu importe, le projet n’a pas beaucoup avancé et l’architecture du maillage territorial que l’on nous vantait hier pourrait être dégradée par la mise en danger de la position de Centre Stratégique de Metz. La CGT demande d’urgence des informations précises sur les conditions de pérennité et les projets de développement de la base Génie Climatique de Metz et de ses filières métiers.

A l’ordre du jour de cette séance figurait aussi une information du président sur les personnes concernées par le transfert dans les filiales de l’EPIC, ainsi que leur modalité de mise en œuvre. L’OdJ fut « contrarié », par le fait que le jour même… Il était annoncé que l’on ne transférait plus ! ou pas encore , enfin, plus tard ! En effet, lors du dernier Conseil d’Administration, il avait été décidé de reporter au 30 mai l’approbation des traités d’apport de l’EPIC aux filiales, certains administrateurs (l’État !) souhaitant plus de précisions sur les montants et méthodes de calcul pratiqués pour ces apports. Cette nouvelle étape ne devait en rien, selon la direction, contrarier la date de transfert des salariés vers les filiales prévue le 1er juin. Mais, selon la gouvernance de l’AFPA, il reste « utile de sécuriser les approbations de ces traités par une collaboration encore plus étroite avec les experts et comités d’audits », et cela va prendre du temps, puisque l’on nous informe que la nouvelle échéance serait au plus tôt, au  2ème  semestre 2017. D’ici là, la politique de formation professionnelle du gouvernement Macron aura, peut-être, clarifié le destin de l’agence AFPA par la place qui lui sera attribuée ou non ?  

Donc, pour l’instant la totalité des salariés vont rester dans un EPIC, dont l’atteinte des objectifs est déjà estimée bien compromise, porteur de conditions de travail dégradées qui ajoutent au gel des salaires celui des emplois administratifs pourtant déjà en souffrance dans l’organisation actuelle, avec des objectifs de réduction des effectifs annuels de 300 ETP, dont 30 en Grand-Est, sachant que cela signifie l’équivalent de 30 salaires moyens annuels, soit  bien plus en effectifs physiques.


La CGT a dénoncé une fois de plus l’irresponsabilité du plan social (300 suppressions d’emplois par an, a minima !), en cours depuis l’arrivée du président Barou et projeté jusqu’en 2020. Le passage de l’AFPA en EPIC n’a apporté aucune réponse à la baisse de notre activité, comme la CGT l’avait annoncé. Le vrai constat est cette incapacité de nos dirigeants à sortir des logiques économiques de baisse des charges par la suppression des emplois malgré les missions de service public clarifiées, amplifiées et confirmées par la Loi (loi Rebsamen du 17 août 2015, ordonnance et décret en découlant).

A quand la sortie du tunnel ?


Echos du CRE Lorraine - Février 2017