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Séance ordinaire du 18 janvier 2017


L’association est morte, vive l’EPIC ?

Alors que les directeurs de centres affichaient un entrain de circonstance lors des festivités organisées à l’occasion de la transformation statutaire en EPIC, le DRHDS Grand Est, président de ce 1er CRE 2017 a fait preuve d’un optimisme bien plus réservé. Certes, tous se réjouissent que le « train soit arrivé à l’heure » (comprenez que l’EPIC soit bien né le 1er janvier), mais bien peu se risquent sur le voyage qui nous attend, si ce n’est en réitérant qu’il sera conditionné par le niveau d’activités que nous devrons développer. Donc, salariés de l’AFPA …rien ne change… au charbon !

Deux points d’intérêt à l’ordre du jour, concernaient l’un, l’organisation régionale de certaines formations, et l’autre, la nouvelle offre d’accompagnement mise en place par la direction.

Organisation régionale de certaines formations : Dans le cadre d’actions délocalisées, il s’agirait de répartir précisément les responsabilités des centres, selon qu’ils soient experts (centres porteurs de l’action) ou centre d’accueil. Nous avons tous connaissance de démarrages d’actions insuffisamment préparés, mettant en difficultés stagiaires et formateur, que ce dernier soit expérimenté ou tout récent CDD. Ces « dysfonctionnements » pourraient être réduits, par la mise en place de règles et de principes clairs, mais encore faut-il qu’ils soient partagés avec l’ensemble des acteurs, et en priorité par ceux qui font : les formateurs. Or, ici encore le discours régional semble quelque peu hors sol avec les pratiques réelles dans les centres. Certes, on écrit des processus, mais le circuit de communication qu’ils empruntent les rend parfois inaccessibles à ceux qui devraient les mettre en oeuvre. La CGT demande :

  • la transmission systématique aux formateurs des cahiers des charges des actions qu’ils doivent conduire,
  • la tenue systématique non que des revues dites « revues de lancement » préalables à la mise en place d’une action,
  • la mise en oeuvre obligatoire des périodes d’intégration plus efficientes et d’un tutorat réel des nouveaux formateurs.

Au quotidien, on déplore des disparités d’informations entre les niveaux hiérarchiques et ceux qui font sur le terrain, parfois jusqu’au non respect des droits des salariés. « Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre des marchés », nous réplique-t’on; chacun en est convaincu, mais le risque de « mal faire» et parfois plus préjudiciable que celui de ne pas faire, qualité et utilité sociale de l’AFPA obligent !

Une nouvelle offre d’accompagnement se mets en place en région Grand Est : il s’agit d’un ensemble de services et prestations accessibles aux stagiaires, afin de répondre aux exigences de nos commanditaires pour une insertion dans l’emploi plus rapide à la sortie de formation, et également d’essayer d’améliorer les taux d’abandon et d’absentéisme. Cette offre implique des coordonnateurs, des intervenants emploi, les ASE et des partenaires ; exit l’ERE qui devient l’Espace Local des Service d’Accompagnement (ELSA). La CGT s’interroge sur la mise en oeuvre de cette nouvelle offre en région Grand Est sans création de nouveaux emplois, mais sous couvert de lettres de mission, pour conduire des activités dont certaines ne figurent même pas dans les référentiels emplois actuels. Par ailleurs, cet accompagnement (renforcé ?) ne peut être la réponse à l’entrée en formation d’un public trop éloigné de l’emploi…et de la formation. La CGT demande qu’une étude soit conduite sur la classification à adopter pour ces nouveaux postes, et s’étonne que des psychologues du travail (oui, nous en avons encore !) ne soient pas associés comme ressources pour le déploiement de cette nouvelle offre ; l’enjeu semble en effet bien trop sensible pour que le repositionnement de salariés en sous activités prime sur l’analyse des compétences nécessaires pour rendre utiles ces missions.

EMPLOI et PRODUCTION : en région grand Est, l’effectif moyen des ETP à fin décembre est quasi à l’objectif nous dit le président, mais avec une quarantaine de CDD en plus que prévus, et presque 30 CDI en moins. La précarité est installée à l’AFPA, et pour 2017 nous devons déjà intégrer un objectif de diminution de l’effectif de CDI d’une trentaine d’ETP ; voilà le tribu du Grand Est aux réductions d’emploi programmées par le national, soit 300 CDI a minima! Coté « HTS », les documents remis en séance affichent un atterrissage 2016 à environ 93% de l’objectif, avec 6 338 700 HTS en Grand Est, dont la moitié réalisées par la Lorraine. Cela représente presque 400 000 HTS de plus qu’en 2015, dont 70% produites en Lorraine, avec moins d’ETP…
Et pour 2017 ? Deux incertitudes de taille : ce qui succédera au plan 500 000, et ce que sera l’appel d’offre du Conseil Régional de la région Grand Est annoncé pour juillet prochain. Ce que la direction nous dit déjà, c’est que son montant global pourrait bien être en deçà de la somme des appels d’offre 2016 des 3 ex régions…Et coté entreprises alors? Toujours en berne le marché des entreprises : on serait à – 18 % de l’objectif 2016, avec un total d’HTS inférieur au réalisé 2015.

Alors on s’interroge sur ce qui change et ce qu’apportera réellement ce nouvel EPIC laborieusement créé : surement pas la sécurisation des emplois, et même pas la pérennité de l’activité. Pourtant, dans ce contexte inquiétant, les salariés sont en droit d’attendre, à minima, des améliorations notables et rapides de leurs conditions de travail en 2017. Si cela ne semble pas une préoccupation immédiate de la direction qui préfère toujours mettre en avant les contraintes économiques en 2017, les obligations du retour à un EBE positif à court terme et d’amélioration du taux de saturation, …

Améliorer les conditions de travail, défendre un travail de qualité, préserver les salariés des risques et troubles psycho-sociaux, voilà les priorités de la CGT AFPA pour cette nouvelle année : EPIC ou pas, les salariés d’abord !


Déclaration préalable des élus CGT AFPA au Comité Régional d’Établissement du 21 décembre 2016 :

Monsieur le Président,

En octobre dernier, le cabinet APEX consulté sur la situation économique et financière de l’AFPA rendait son rapport d’expertise au CCE. On peut lire dans ce document que sur la période allant de juin 2015 à juin 2016, « les économies sur les frais de personnel ont été permises par les réductions d’emploi plus importantes que prévues au budget ».

Dans l’ensemble des nouvelles régions, c’est le Grand Est qui est le 1er contributeur à ces réductions de CDI, avec 47 ETP moyens perdus. En Lorraine, le bilan social 2015 que vous nous présentez affiche une perte de 19 CDI comparé à 2014, et les effectifs du mois de novembre 2016 montrent que sur les 12 derniers mois , la Lorraine a encore perdu une dizaine d’ETP CDI au niveau des Centres Lorrains.

Alors que l’actuelle réforme statutaire est présentée comme seule issue à nos difficultés, « le projet de loi de finance 2017 indique clairement que l’EPIC va poursuivre une politique de réduction des charges dans les prochaines années laissant penser que la diminution des effectifs engagée depuis plusieurs années va se poursuivre », sic l’expert.
Inexorablement, la précarité s’installe : l’effectif moyen en CDD était de 104 ETP en 2015, nous l’avons plus que doublé aujourd’hui, avec 204 ETP CDD en région Grand Est. Si le salaire moyen de ces CDD, augmente de 4% de novembre 2015 à novembre 2016, celui des CDI baisse de 4,5 % sur la même période !

Tous les épisodes de la chaotique transformation de l’AFPA en EPIC s’accolant une ou plusieurs filiales sont désuets, face à une promesse presque écrite que les conditions de travail des salariés restant à l’AFPA ne peuvent que se dégrader.

Lors du dernier CRE les élus CGT vous ont adressé diverses demandes dont une portait sur l’ouverture d’un chantier régional en réponse à l’état de troubles psychosociaux désormais établis à l’AFPA. Confrontés quotidiennement à des situations de détresse de certains salariés, isolés dans de nouvelles organisations, soucieux de mieux faire alors qu’on leur demande de faire toujours plus au nom de l’économique, les élus CGT AFPA vous alertent sur l’urgence de ce chantier de restauration d’un climat de travail serein pour tous, managers et managés, et indispensable à la qualité de nos missions d’intérêt général en région Grand Est.


 

Echos du CRE Lorraine - Février 2017
Echos du CRE Lorraine de novembre 2016