Échos du CRE Lorraine

Séance du 21 février 2017

L’EPIC, c’est magique !


Emploi : ça monte ou ça descend ? 

« On est en forte augmentation d’ETP par rapport à janvier 2016 ! » nous annonce fièrement le DRHDS président de séance. Certes, mais la comparaison à 12 mois n’a d’avantage qu’un trop facile effet de loupe, puisque janvier 2016 affichait l’effectif mensuel le plus bas de l’année. A regarder de plus près, nous aurions  24 ETP de plus qu’en décembre dernier, et ce serait… des  CDI !.. Mais à regarder d’encore pus près, l’ensemble des OS soulignent l’incohérence des tableaux présentés, qui au final font noter des écarts de 30 voire 40 ETP  selon ceux que l’on compare ! A bien réfléchir le DRHDS se souvient que cela pourrait être les effectifs d’AFPA Transitions qui auraient été intégrés depuis janvier ! Pour la CGT, cette forme  « d’amateurisme » des services RH est d’autant plus inquiétante qu’elle est plutôt fréquente. Et 30 ETP, c’est le sacrifice de CDI demandé (imposé) à la région pour l’année 2017, et idem 2018… La direction le clame à l’envie : « on gère encore une situation de crise », « le cadrage donné par l’État, c’est 300 ETP en moins par an », « la répartition CDD/CDI en 40 /60 est désormais structurante »,… Soit, mais les élus CGT AFPA lorrains, n’envisagent pas la tenue d’un dialogue social de qualité, si la direction ne s’oblige pas à fournir des informations justes. Pour les salariés, cette « situation de crise » a des relents de plan stratégique, et ces injonctions de l’État prennent la place de celles des banques ; il n’y aura pas de dialogue social sans une information loyale, la CGT le rappelle !

A la date de ce CRE, les objectifs 2017 en terme d’effectifs et de masse salariale sont encore soumis à l’arbitrage du national, après consolidation des propositions régionales. A suivre donc…


Recrutements : Optex, le retour ?

Le président informe sur un nouveau processus de recrutement des CDI en région, qui ne porte par le nom de fiche OPTEX mais y ressemble fort ! Les nouveaux recrutements de CDI doivent en effet de nouveau passer par une validation nationale préalable, s/c d’une commission regroupant les DRHDS et responsables de services. La règle impérative est de ne pas avoir 2 CDI sur le même poste, ce qui, le DRHDS le reconnait limite l’attractivité de nos recrutements, déjà fortement entachés par les niveaux de salaires proposés par l’AFPA. Le niveau régional garde lui la main :

  • sur les recrutements en CDI Intérim, que la direction présente comme une « opportunité » préalable à la réunion des conditions permettant l’ouverture d’un CDI. D’ailleurs l’AFPA a changé d’opérateur en quittant Manpower pour ADECCO, ce dernier semblant plus coopératif pour l’établissement de ces CDI Intérim
  • sur les recrutements des CDD, en respect du volume de l’enveloppe régionale, actuellement encore en attente de  l’arbitrage national.

La CGT note le peu de recrutements de CDI au profit de salariés CDD déjà à l’AFPA : l’ouverture des postes à l’externe semble quasi systématique, et l’AFPA n’a pas su anticiper ses besoins pour servir la promotion interne. Le DRHDS le reconnait et annonce un chantier (un de plus…) pour faciliter le repérage des potentiels, autrement que par la revue RH. Une sorte d’outil de suivi des entretiens RH qui devrait aider à la professionnalisation des managers sur l’identification des potentiels. A la CGT on pense que la première étape de la professionnalisation des managers, c’est déjà qu’ils programment ces entretiens (!), et que cette programmation soit suivie.  Alors, s’il faut un nouvel outil pour cela, pourquoi pas, mais le ratio managés/manager n’est pas si élevé ; mieux vaudrait peut-être comprendre les blocages de certains à ne pas vouloir conduire ces entretiens obligatoires.


Production : activité soutenue !

Avec 630 000 HTS réalisées en janvier 2017, la région Grand Est affiche des résultats bien à la hausse. En Lorraine, la production mensuelle de 307 000 HTS de  janvier dernier n’a jamais été atteinte en 2016. Quasiment tous les niveaux de production par financeurs sont à la hausse, et même le marché Entreprises que le DRHDS, trop optimiste et s’emmêlant quelque peu la calculette dans le tapis, nous annonce en progression de + 50% ! Or si l’on anticipe une production pour chaque mois de 2017 égale à celle de janvier, nous réaliserions près de 118 % du marché entreprises conquit en 2016 en région grand Est, et 120 % du réalisé 2016 en ex- région Lorraine. Merci le plan 500 000 !

Coté appels d’offre, celui de la région Grand Est est attendu, avec des allotissements par territoires ; d’une durée d’un an, renouvelable, 3 fois, ce premier appel d’offre « nouveau format » pourrait comporter près de 400 lots et engagera notre avenir pour 4 années. Nous ne devons pas compter, nous dit-on, sur une hausse des finances publiques, mais au mieux à un renouvellement des engagements des 3 ex régions.

La CGT dénonce le possible émiettement de l’appel d’offres Grand Est en plus de 400 lots territoriaux : ce serait une mise en concurrence exacerbée qui générerait des coûts supplémentaires considérables pour produire ces lots (Région), pour y répondre (AFPA et autres OF), pour les dépouiller (Région), les attribuer (Région), produire les justificatifs et livrables (AFPA et autres OF) et les contrôler (Région) puis facturer, etc… Une bien mauvaise utilisation des fonds publics consacrés à gérer la Formation Professionnelle.

Une nouvelle offre d’accompagnement a été mise en place par l’AFPA et devrait faire l’objet d’une subvention du CR Grand Est portant sur la restauration, l’hébergement et l’accompagnement. La CGT, au vu des résultats ambitieux attendus, à savoir une réduction des taux d’abandon et d’absentéisme, ainsi qu’une entrée dans l’emploi au plus proche de la sortie de formation, interroge sur l’impact possible sur le travail de la ligne Conseil en Formation : ne faut-il pas redonner plus de sens au recrutement des stagiaires, à leur évaluation et leur positionnement, en place et lieu de ce qui devient de plus en plus des plateformes de remplissage ? La direction maintien le cadre actuel : « au niveau 5, tout le monde doit pouvoir rentrer, et au niveau 4 on reste sur l’évaluation des pré requis ». La CGT le rappelle : la baisse des exigences en amont de la formation peut générer des besoins accrus d’accompagnement interne, sans pour autant nous permettre d’atteindre les résultats attendus par nos commanditaires, en termes de qualification et d’accès à l’emploi.


…et les taux de saturation ?

La direction présente un tableau des taux de saturation du recrutement dans toutes les ex régions de France, mois par mois sur 2016.. La CGT interroge sur l’utilité d’un tel travail qui ne mentionne ni les effectifs concernés, ni les caractéristiques des publics accueillis, de ceux retenus ou de ceux non retenus. Le DRHDS renvoie vers le responsable de la ligne CEF pour obtenir des éléments de type qualitatif ; visiblement, l’important est de recruter, et le volet qualitatif pourrait n’intéresser personne… Mais l’objectif de ce tableaux était peut-être simplement de nous monter l’excellente  position de la Lorraine par rapport aux autres régions, et là nous constatons que nous sommes quasiment les meilleurs du pays avec plus de 89% de saturation ! La CGT reconnait bien évidement le travail réalisé par les collègues du recrutement, mais elle préférerait avoir des informations sur la chute de nos taux d’abandon ou d’absentéisme, et les efforts entrepris en ce sens.


Formations déployées et délocalisées :

La direction avait présenté au CRE de janvier un travail portant sur le partage des rôles et responsabilités  entre établissements référents et établissements d’accueil, lors de déploiement ou de délocalisation d’action de formation. Suite aux remontées d’information des élus, mentionnant des écarts importants entre le projet et la réalité, voire des dysfonctionnements, la direction a ajusté son dispositif. Un travail a été fait sur le renforcement du processus qualité, avec un focus sur la généralisation des revues de lancement. Le rôle respectif des divers intervenants a été précisé afin de clarifier les responsabilités ; revues de faisabilité en amont, généralisation des tableaux de suivi des apprentissages et des bilans internes, formation des animateurs qualité et implication des managers de formation, un plan ambitieux semble acté ! Mais la CGT note qu’une fois de plus, l’acteur essentiel, le formateur devrait être plus impliqué dans l’amélioration de ce processus, sans surplus d’activités. Par ailleurs, un travail du même ordre pourrait concerner les actions délocalisées des conseillers et consultants de Transitions, ceux-ci étant confrontés à des situations de coordination entre services ou établissements différents quelque peu similaires. 


Information-consultations sur les congés payés 2017/2018 :

Reçue par mail la veille dans l’après-midi, une note de la direction essaye de préciser les modalités de prise de congés en 2017 et 2018. Les élus CGT sont en désaccord avec la terminologie employée dans ce document, qui mélange des droits et obligations du salarié (code du travail) avec des mesures unilatérales souhaitées par la direction. Celle-ci argumente que cette note nationale émane des juristes de l’AFPA, et que la loi Travail a modifié le cadre de la prise des congés. Les élus ont demandé que les textes de référence leurs soient adressés. A suivre….


Consultation sur le bilan social 2015 :

Les services RH avaient préparé une présentation des 7 points qu’ils estimaient significatifs de cet exercice 2015, et à entendre le DRHDS, le bilan 2015  pourrait presque sembler bon !  Les OS avaient, elles, préparé des avis ou déclarations, et leur vote unanime fut clair : 6 votes défavorables sur 6 votes exprimés !

Pour la CGT, il existe une forme de gâchis à ne pas vouloir exploiter un tel travail annuel, en déterminant  des mesures d’anticipation ou de remédiation pour les exercices suivants. Le DRHDS le reconnait : un bilan social est un important travail de compilation et de réalisation, pour finalement une exploitation quasi nulle ! Et quel sens un avis peut-il avoir lorsqu’il est rendu plus de 12 mois après la fin de l’exercice ?


C R E  AFPA Lorraine du 21 février 2017

Point 3.2 : Consultation sur le bilan social 2015

AVIS DE LA DÉLÉGATION CGT

Comme elle l’a fait en 2014 et 2015, la délégation CGT rappelle qu’un bilan social est un document permettant d’avoir une vision globale de la santé sociale d’une entreprise et constitue un véritable instrument pour analyser les conditions sociales des salariés au sein de leur entreprise. Il doit permettre à l’employeur de prendre les mesures d’anticipation ou de remédiation utiles pour l’exercice suivant et d’une façon générale de favoriser un dialogue social de qualité dans l’entreprise.

Quel sens peut avoir une telle consultation aujourd’hui, plus de 12mois après la fin de l’exercice considéré ? Seul le suivi du  plan d’action mis en œuvre serait intéressant, mais nous n’avons pas connaissance de ce plan.

La CGT AFPA déplore également que la commission emploi/formation du CRE Lorraine n’ait pu trouver les conditions favorable à sa réunion afin d’examiner ce bilan social 2015.

Au niveau de l’emploi, la baisse des effectifs CDI et l’inflation de contrats précaires sont devenus une constante à l’AFPA, et l’exercice 2017, malgré un EPIC présenté salvateur a déjà objectivé une réduction d’une trentaine de CDI en région Grand Est ; cela inquiète.

Dans ce contexte, quelques regrettables constats :

  • le nombre de salariés appartenant à des entreprises extérieures augmente de 2014 à 2015 de près de 60 % en Lorraine, alors qu’il baisse au niveau national.
  • Les versements faits à des entreprises extérieures en 2015 sont supérieurs de plus de 32 % à ceux de 2014.
  • En 2015, le nombre de journée d’absences pour maladie en Lorraine est supérieur de 30% à celui de 2014, alors que quasi stable au niveau national, et les hausses du taux d’absentéisme et du nombre de journées d’absence par salarié en Lorraine en 2015, même si en deçà des taux nationaux sont également inquiétantes.
  • Enfin la rémunération mensuelle moyenne à l’AFPA Lorraine est de près de 4% inférieure à celle de 2013.

L’avis de la CGT AFPA ne peut être que  DÉFAVORABLE.


Échos du CRE Lorraine 16 mai 2017
Échos du CRE Lorraine janvier 2017