Intervention de la FERC-CGT
aux assises de l’industrie

La Fédération de l’Éducation de la Recherche et de la Culture (FERC) fédère des organisations syndicales privées et publiques dont la CGT AFPA.


Le 22 février 2017 s’est tenue à l’initiative de la CGT des assises de l’industrie. Ce fut un moment d’échange entre les syndicats de la CGT sur la problématique de la réindustrialisation et les liens avec les services publics.


Intervention de Patricia DOCAIGNE (CGT AFPA) pour la FERC-CGT :

Il n’y a pas de possibilité de relance de l’industrie en France sans une formation professionnelle initiale et continue de qualité.

Or, aujourd’hui, la qualité des formations proposées subit les attaques concomitantes des gouvernements successifs et du patronat. Les personnels, de leur côté, voient leurs conditions de travail se dégrader, se posant même la question sur le sens de leur mission.

FERC-CGTL’objectif clairement affiché, par le patronat et les gouvernements est la diminution du « coût du travail ». Il s’agit donc pour eux de casser les qualifications via la mise en place de blocs de compétences qui minimisent l’obtention d’un diplôme ou d’un titre  pour exercer un emploi : de fait, un patron pourra embaucher à terme une personne n’ayant pas de diplôme mais ayant les blocs de compétences qui lui suffisent ce qui lui permettra de le payer en dehors des grilles des conventions collectives. C’est une vision de la formation professionnelle dont le seul objectif serait l’employabilité immédiate. Donc, à la poubelle la formation intellectuelle des futurs salariés, moins de culture générale, pas de vue d’ensemble d’un métier, juste l’employabilité immédiate. Et quand un salarié perdra son emploi, ce sera de sa responsabilité de se former à nouveau, s’il lui reste des heures de formation, pour retrouver éventuellement un emploi.

Cela va à l’encontre de notre vision émancipatrice de la formation.

D’ailleurs l’article L .6321-1 du CT qui commence par  « L’employeur assure l’adaptation des salariés à leur poste de travail. Il veille au maintien de leur capacité à occuper un emploi, au regard notamment de l’évolution des emplois, des technologies et des organisations…. » fait l’objet d’une attention toute particulière de la part de nos législateurs puisqu’il a été réécrit trois fois depuis 2009, pour que le code du travail colle au mieux aux intérêts des entreprises et non aux intérêts des actifs et plus particulièrement des salariés.

Pour arriver à leurs objectifs, le patronat et les gouvernements privatisent, voire internalisent la formation professionnelle pour mieux la contrôler.

Dans l’initial, cela passe par une sur-valorisation de l’apprentissage qui détruit petit à petit le Service Public d’Éducation. La transformation de l’AFPA en EPIC avec deux filiales complètement de droit privé montre également leur vision des choses : la concurrence entre les structures ; la concurrence entre salariés et privés d’emploi.

La CGT, si elle veut gagner une véritable relance de l’industrie, doit défendre aussi une formation professionnelle initiale et continue publique, de qualité ; défendre les certifications, les diplômes et qualifications, et exercer un réel contrôle des dépenses y afférentes.

Public, Privé, tous ensemble !!!


Un millier de militants CGT étaient réunis à la Cité des Sciences et de l’Industrie à Paris le 22 février afin de lancer une grande campagne revendicative pour la réindustrialisation du pays. Visualisez la vidéo (de nvo) :


 

Une possible action pour délit d'entrave en PDL
8 mars 2017 journée internationale de lutte pour les droits des femmes