La Rascasse 11 :

le piquant illustré de la région PACA.

Sommaire

  • L’édito
  • La presque minute inutile de monsieur Cyclopède : «épartageons les ex aequo au hit parade des bienheureux»
  • L’humeur du syndiqué
  • Zoom : questions piquantes/réponses urticantes
  • La feuille de route refusée par la DG
  • Dernière minute : les deux AO de l’AFPA

La citation du mois

« Le travail, c’est la santé… Mais à quoi sert alors la médecine du travail ? »

Pierre Dac

Le site du mois

À l’issue de son 52ème congrès, la CGT a décidé d’une vaste consultation de tous ses syndiqués pour préparer ensemble une rentrée offensive sur 3 sujets essentiels que sont les retraites, les salaires les services publics. Nous t’invitons donc à répondre à ces quelques questions avant le 30 septembre 2019.

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Édito

L’audition de Mme Pascale d’Artois à la Commission des affaires sociales le 3 juillet dernier s’est transformée à de nombreuses reprises en un réquisitoire contre le plan de restructuration.

Après une présentation historico-économique soporifique et creuse de la DG, le référent pour le groupe La République en Marche a utilisé ses 5 minutes pour paraphraser ce qu’elle venait de dire et …soutenir son action. Il aurait été étonnant d’observer le contraire de la part d’un soldat du gouvernement, précisément à l’origine de l’injonction de casser l’AFPA par la suppression de près de 2000 postes et 38 fermetures de centres !

C’est Gérard CHERPION, des Républicains, qui dégaine le premier : «la démonstration que vous venez de nous faire n’est pas celle d’un plan de sauvegarde de l’emploi, mais bien d’un dépôt de bilan. (…) Je regrette que la sanction soit aussi terrible. Couper les branches territoriales, qui offrent justement une solution de proximité à des gens souvent dépourvus de mobilité, ne me semble pas une bonne idée. Le problème à résoudre est national et structurel.»

En deux phrases, tout est dit. Le plan ne va pas sauver l’AFPA et ne devrait surtout pas se baser sur une diminution de l’implantation territoriale…

Justine BENIN, du MODEM en remet une couche : « L’AFPA pourra-t-elle continuer à assurer un maillage territorial efficient ? Quelles sont les dispositions envisagées pour maintenir une implantation régionale suffisamment dense ? »

BriceNous avions aussi un soutien de poids dans cette commission, en la personne de Pierre DHAREVILLE, député de la circonscription d’Istres : « Nous avons beaucoup de mal à voir comment ce plan pourrait ouvrir un horizon, sans réduire l’AFPA à un rôle de promoteur immobilier, en renonçant à des marchés. Par exemple, le centre d’Istres a commencé à renoncer à de nombreux marchés. Un plan régional de formation à 1,9 million d’euros par an ; 3 millions d’euros par an qui viennent d’être gagnés à Pôle emploi ; des marchés privés de 1,5 à 2 millions d’euros par an : dans ces conditions, la fermeture de ce centre est inexplicable, et symbolique de l’abandon d’un certain nombre de territoires et de marchés.»
Casssssé !

Mais l’offensive se poursuit, malgré les tentatives d’endormir l’auditoire à coup de coworking ou de Afpa Village. C’est le député Belkhir Belhaddad (un LREM ! Sans doute un frondeur égaré…) qui enchaine : « Malgré votre présentation du plan de refondation, je n’en comprends toujours pas la philosophie. Pourquoi ne pas avoir fait le choix de recentrer exclusivement l’Agence sur les compétences d’État, à savoir la formation des demandeurs d’emploi et des plus fragiles ? (…) Le maillage territorial est essentiel dans des territoires où l’offre privée est déficiente ».

La réponse ? Plateaux mobiles ! ou s’installer chez la concurrence… pour bien leur montrer comment continuer à nous manger tout cru en pillant notre savoir-faire !

Ah bon ?De nombreuses question aussi autour de la décision du TGI de Bobigny. Plusieurs députés ont cherché à comprendre et surtout entendre les explications de la DG. Sa réponse fut pour le moins surprenante : « Nous sommes en train d’étudier les voies judiciaires que nous pourrions évidemment prendre pour répondre à cette décision, sachant que – les mots sont importants – la décision ne concerne que de la mise en œuvre de la réorganisation de l’AFPA : ce n’est pas une suspension du plan social ».

Il faudra alors nous expliquer alors pourquoi le livre II présente les conséquences organisationnelles du projet au travers des rattachement, créations, suppressions ou modifications de postes !

L’insulte portée aux salariés par cette posture dédaigneuse et hautaine interroge aussi quant à sa vision de la justice… En affirmant que tout va bien dans le meilleur des mondes avec un plan de prévention des risques psychosociaux daté de juin 2018, elle fait une fois de plus la démonstration de son incompétence en confondant l’objet d’une obligation légale avec celle, non dérogatoire, de mesurer spécifiquement l’impact d’un plan qui n’existait pas à l’époque de ce dispositif (qui a de plus largement montré son inefficacité).

Ce n’est pas pour autant que nous baissons les bras, bien au contraire ! Des actions se poursuivent et d’autres vont naitre, car comme disait Pierre Dhareville : « Soyez sûre que je ne lâcherai pas l’affaire et que je vais continuer à me battre pour qu’il existe une alternative. ».

HASTA LA VICTORIA SIEMPRE !

La presque minute inutile de monsieur Cyclopède

Cyclopède

Départageons les ex aequo au hit-parade des bienheureux

Un quarteron de bigotes inassouvies me demande qui, de Saint-Bercy ou de sainte DG, était le plus charitable.

Cyclo

Aucun doute n’est permis, c’est Saint-Bercy qui fait premier au hit-parade de la sainteté.

Cyclo

Certes, le geste de Sainte DG fut grandiose.

cyclo

Mais Saint Bercy a fait beaucoup plus que de donner la moitié de son manteau à un pauvre. Regardez bien.

 Cyclo

Il a donné la moitié du personnel à Pôle Emploi.

 Cyclo

C’est peu de chose !

Étonnant non ?

Inspiré du sketch de Pierre Desproges

L’HUMEUR DU SYNDIQUÉ

 L’individualisme et l’appât du gain comme levier de la destruction collective

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Mais la CGT restera là, debout, fière des valeurs portées et de sa constante analyse toujours confirmée par l’histoire, seule juge des choix opérés par certains et combattus par d’autres.

NB: article rédigé avant la suspension du plan

ZOOM : QUESTIONS PIQUANTES, RÉPONSES URTICANTES

Rascasse

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Pour que vive l’AFPA, pour que le service public de la formation professionnelle existe pour toutes celles et ceux qui en ont besoin, la CGT continuera de travailler et se battre avec conviction et détermination.

 

LA FEUILLE DE ROUTE REFUSÉE PAR LA DG

Présentée le 11 avril 2019, c’est une fin de non-recevoir qui est prononcée par la DG le 15 avril 2019.  La Rascasse publie son contenu, juridiquement bordé par les avocats CGT et SUD, afin de garantir le sérieux de la démarche et la volonté d’aboutir à un accord qui engage formellement chacune des parties.

 La présente feuille de route a pour objectif de définir le cadre et les conditions dans lesquelles, la direction de l’AFPA et les Organisations Syndicales signataires entendent mener des discussions autour de thèmes en rapport avec la réorganisation en cours. À l’issue de cette phase de discussion qui pourrait s’achever fin juin, les parties conviennent de faire un bilan afin d’examiner les suites à donner.

Elle sera signée par chacune des parties aux discussions et vaudra engagement.

Il est convenu ce qui suit :

  1. Examen des solutions alternatives aux licenciements sur la base des informations et indications remises par la direction :

1.1 La direction de l’AFPA s’engage à communiquer aux OS signataires une information sincère et loyale en distinguant entre les sites pour lesquels il existe dès à présent des solutions déjà identifiées qui pourraient permettre d’éviter la fermeture et les licenciements, celles pour lesquels des perspectives sont en cours d’élaboration, et celles pour lesquelles aucune perspective n’est à ce jour apparue.

Les représentants des salariés de ces régions et sites seront sollicités, pour apporter leur contribution, éventuellement donner des informations complémentaires et avis sur les perspectives envisagées.

1.2 La direction de l’AFPA s’engage à étudier avec les OS signataires les solutions alternatives aux fermetures de formations, aux baisses et/ou arrêts d’activités.

Un relevé de décisions sera établi après chaque réunion et signé par l’ensemble des parties.

  1. Sur la base du rapport établi par le cabinet PROGEXA

La Direction s’engage à établir un plan de prévention des risques professionnels en particulier RPS et TPS qui appréhende aussi bien les risques actuels avérés ou potentiels, ainsi que ceux pouvant apparaître avec l’organisation cible envisagée découlant des solutions alternatives. Ce plan sera élaboré en concertation puis sera soumis pour avis aux CHSCT et à l’ICCHSCT mis en place lors de la procédure d’information consultation.

Des négociations seront également menées en vue d’aboutir à un accord sur le travail, la qualité du travail, l’organisation du travail, les conditions de travail et les RPS.

  1. Organiser des journées de travail sur l’avenir de l’AFPA en présence de l’expert du CCE et d’autres compétences que pourraient solliciter la direction de l’AFPA et les OS signataires :

Des journées de travail seront organisées entre la Direction et les organisations syndicales, pour échanger notamment sur les sujets suivants :

  • La mobilisation de financements divers (fonds européens, fonds spécifiques, collectivités locales et territoriales…)
  • Les partenariats potentiels avec les branches professionnelles, – Les initiatives portées localement (salariés, élus et entreprises …)
  • La déprécarisation des emplois à l’AFPA

Ces discussions ont pour finalité d’initier la négociation d’un accord sur la gestion prévisionnelle des emplois et compétences, qualifications et métiers, d’un accord sur la mobilité, d’un accord sur l’aménagement des fins de carrière et d’un accord sur le tutorat.

  1. Congé sans solde

Dans l’intervalle séparant de la mise en œuvre du projet de réorganisation, une négociation sera menée rapidement afin de permettre aux salariés concernés par une suppression de leur poste et ayant trouvé une solution de reclassement externe de bénéficier d’un congé sans solde.

  1. Conditions de déroulement des discussions

Il est clairement entendu que les signataires de la présente feuille de route s’engagent à en respecter le cadre et les conditions. 

Les signataires seront chacun assistés de leur Avocat Conseil.

Il est convenu que la direction de l’AFPA ne déposera aucun projet de PSE à la DIRECCTE pendant les périodes de discussion, à savoir avant fin juin 2019. Passée cette date, la Direction s’engage à respecter un délai de prévenance d’au moins 10 jours avant de déposer son projet à la DIRECCTE.

  1. Bilan des discussions

À l’issue du délai fixé dans la présente feuille de route, les parties signataires conviennent d’en faire l’évaluation.

 Date

Pour la Direction

Pour la CGT

Pour SUD FPA

Dernière minute : les Deux AO de l’AFPA

Coup sur coup, la direction de l’AFPA lance deux appels d’offres qui laissent tout le monde éberlué. « Accompagnement à la transformation de l’AFPA » et « Prestation de conseil et d’appui dans la mise en oeuvre de la nouvelle organisation de l’Afpa ».

Pour le premier, c’est un patchwork de plusieurs lots pour un montant total qui avoisine… 3 millions d’euros TTC, renouvelable une fois ! Aveu d’incompétence et d’impréparation, cet AO démontre que le plan n’a pas été pensé en amont avec toutes les composantes nécessaires à sa mise en œuvre. RIEN n’avait été préparé !

Afpa
« On dessoude et on pose les questions après ! »

Parmi les lots : « Assistance à la définition de la stratégie des lignes Métiers », avec par exemple : «la finalisation de la stratégie à retenir pour la restauration pour laquelle il est envisagé une externalisation.»

On croit rêver ! Ou plutôt, on découvre qu’il est triste d’avoir eu raison… 18 mois de préparation pour pondre un plan (cher !) truffé d’erreurs, sans stratégie finalisée, et il faudrait l’accompagner les yeux fermés ?

Le pire reste à venir avec cet autre lot : « à la mise en œuvre de méthodes d’optimisation des process ». On y découvre toute la volonté de gagner de la «é», non pas par le développement, mais pas l’amaigrissement y compris avec des méthodes dont on sait qu’elles concourent à la détérioration des conditions de travail :

« L’Afpa doit se mettre en position d’utiliser toutes les méthodes utiles pour rechercher les gains de productivité qui lui permettront de revenir en meilleur positionnement dans le marché, qu’il s’agisse des fonctions support ou de production. Les méthodes visées sont par exemple le Budget Base zéro, le LEAN Management ou encore le reengineering de procédures »

De nombreux sites, pourtant spécialisés en management mettent en garde : « trop chercher à éliminer le “gras excédentaire”, les “spécialistes du lean” et la direction obnubilée par les économies rapidement réalisées ont conduit tout droit une entreprise à sa perte » d’autres évoquent des dangers pour la santé des salariés ou des méthodes déguisées pour repérer les postes à supprimer, ou encore renforçant le management désincarné oubliant le facteur humain… tout un programme !

Mais ce n’est pas tout ! Il y a aussi ce lot intitulé « Assistance à l’évolution de la gestion du personnel» qui précise : « études concernant les méthodes de gestion du personnel sont nécessaires pour assurer une mobilisation les équipes autour des nouveaux objectifs. Les sujets peuvent concerner la motivation des personnels, la qualité de vie au travail, le développement d’une gestion prospective des emplois et des compétences ».

En gros, il n’y a plus de service RH à l’AFPA. Ils sont en train d’externaliser faute de compétences internes et/ou parce qu’ils sont complètement dépassés par la montagne de chantiers à conduire en un temps réduit. Cela fait froid dans le dos…

Reste le second appel d’offres concentré sur la prévention et l’étude des impacts du plan, lancé en mode panique après l’ordonnance du TGI de Bobigny. Que pouvons-nous attendre de ce travail ? Sans doute pas grand-chose de sérieux ! La date limite de réponse est fin juillet et le produit fini par le prestataire choisi devra être rendu le 18 septembre ! Avec 3 semaines d’aout inexploitable en raison des fermetures de centres et des congés, comment un cabinet peut sérieusement rendre un document valable en 3 semaines, pour un chantier aussi crucial et complexe ? Comment analyser l’impact de la charge de travail avec un plan de départ volontaire ouvert qui concerne de fait plus de 6500 personnes ? Ne sachant pas qui partira au final ni qui serait remplacé, le cabinet va-t-il utiliser le marc de café pour traiter la question ?

C’est un appel d’offres pour trouver une nouvelle DG que l’AFPA aurait dû lancer !

Quant à notre région Sud PACA, un AO est sorti pour rénover le bâtiment 23 du centre de Marseille la treille, afin d’en faire un pôle accompagnement livrable en juin 2020, pour la modique somme de 200 000 euros… Faut-il en conclure que les personnels concernés devront attendre 6 mois avant d’avoir des locaux adaptés, lorsque le personnel de la DR sera parachuté à la treille ? Encore un truc bien pensé et bien anticipé ! Sans pour autant savoir si l’aménagement de Saint-Jérôme aurait été plus pertinent pour éviter les problèmes de déplacements bien connus, ou pour faire des travaux moins chers…

Déclaration au CRE PACA du 20 septembre 2019
La Rascasse n° 10 (PACA)