La Rascasse 5 :

le piquant illustré de la région PACA…

Sommaire

  • L’édito
  • Position des élus Bouches-du-Rhône sur la situation de l’AFPA
  • La minute nécessaire de monsieur cyclopède
  • Les luttes qui piquent : revue de presse
  • Zoom : un rapport qui compte !
  • L’ article pour buller

La citation du mois :

« Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots. »

Jean Jaurès

Le site du mois :

http://multinationales.org/

L’Observatoire des multinationales a vocation à fournir une information indépendante, engagée en faveur de certaines valeurs :

  • de démocratie, de justice sociale et de respect de l’environnement et
  • utile à l’action des citoyens, des élus, des acteurs économiques, de la société civile.

ÉDITO

Le 7 et 8 juin, au camping de l’Arquet, à la Couronne, s’est déroulée la 14eme conférence régionale CGT PACA.

130 participants issus de toute la région, représentants de fédérations, Unions Départementales, syndicats… ont pu échanger sur le thème : « travailler et vivre dignement en PACA ».

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La formation professionnelle était à l’ordre du jour :

« Ambition 12 : à travers son collectif emploi formation professionnelle et ses mandatés, le comité régional se fixe l’objectif d’être toujours plus et mieux au service des revendications CGT et du rapport de force afin de gagner une politique de la formation professionnelle émancipatrice, tant au niveau régional que national ».

Les UD de tous les départements de région étaient bien sûr représentées et par le biais des activités interprofessionnelle des élus CGT AFPA de la PACA, nous avons pu constituer une délégation spécifique AFPA constituée d’actifs, de retraités et d’anciens salariés de notre maison.

Cela a été l’occasion de réaffirmer l’utilité sociale de l’AFPA, et son rôle fondamental dans le dispositif public de formation de toute notre région. Également, l’occasion de sensibiliser tous les mandatés CGT de la région, qui siègent dans la plupart des instances paritaires qui tiennent entre leurs mains le destin et l’avenir de l’AFPA.

L’occasion aussi de savoir quelle image est véhiculée par notre Direction Régionale chérie auprès de nos partenaires institutionnels (État, région, pole-emploi, etc.) comme on pouvait s’y attendre, ce n’est pas très positif (c’est un euphémisme).

Notre rôle a donc été pendant toute la durée de la conférence de déconstruire les représentations erronées, largement diffusées par nos cadres hiérarchiques dirigeants.

Compliqué d’expliquer à nos camarades de pole-emploi, par exemple que non, les plateaux techniques de l’AFPA ne sont pas fermés, ou obsolètes, contrairement à ce que prétend notre directeur régional… (volonté de liquider ?)

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Dans tous les cas, nous avons convaincu l’ensemble des participants de nous aider dans notre combat pour l’avenir.

POSITION DES ÉLUS PARLEMENTAIRES DES BOUCHES-DU-RHÔNE SUR LA SITUATION DE L’AFPA

La réforme de la formation professionnelle est en passe d’être bouclée, à marche forcée, dans la plus pure tradition de la « Macronnie ».

Pour autant, la CGT AFPA continue le travail de fond, d’explication, pour qu’à tous les niveaux législatifs la situation de l’AFPA soit pleinement connue et défendue.

Deux députés ont parlé spécifiquement de l’AFPA en portant notre voix, pendant les maigres débats accompagnant cette nouvelle réforme.

Il est à noter par exemple que autant Monsieur Alexis Corbières (FI) que Monsieur Dharréville (PC) ont su s’exprimer avec des mots qui parlent aux militants CGT de l’AFPA.

En effet, au niveau de la région PACA, nous avons pu outiller ces deux élus avec des dossiers complets (historique, actualité, revue de presse et synthèse) dont la constitution a mobilisé pas mal d’énergie. C’est une succession de rencontres, devant le conseil régional, avec l’UD13, avec des représentants d’autres organismes menacés, que ces élus ont pris connaissance de la situation « sur le terrain ». D’autres élus, d’autres bords, sollicités aussi, n’ont pas donné suite…

C’est donc avec satisfaction que nous avons pu entendre ces deux élus défendre notre point de vue avec notre vision des choses, et notre vocabulaire…

Certes la partie est loin d’être gagnée, mais le moral revient quand le travail syndical paie. Notre cause est une cause nationale.

A nous, militants de la CGT AFPA, de faire le maximum pour trouver tous les relais de communication possible.

Notre mission de service public, nos emplois, sont à ce prix.

A noter que dans d’autres régions, des initiatives similaires ont conduit d’autres élus à interpeller la ministre (sans réponse à ce jour !), comme par exemple M. Éric Gold , sénateur du puy de dôme.

« La Minute nécessaire de monsieur Cyclopède »

CyclopèdeÉvitons une mort grotesque au cœur de l’automne

Chaque année, au cœur de l’autonome, et depuis probablement la nuit des temps, une famille entière d’imbéciles est décimée par les champignons vénéneux.

Des champignons avec parfois des couleurs chatoyantes, comme le « equilibrus economicus », ou le « rentabilitarum Bercyrum ». Parfois c’est leur odeur qui attire, tel le « grochekos pleindezeros ».

Et pourtant rien n’y fait. Malgré les remarques réitérées des syndicats compétents et des sommités mycologiques les moins farfelues, le constat amer se reproduit d’années en années.

Cette année, la saison s’annonce encore plus terrible que les précédentes. Il est donc crucial d’éviter cette catastrophe annoncée de lutter contre la vision cauchemardesque et grand-guignolesque d’une famille d’imbéciles décimée par des champignons affriolants, qui brillent au détour d’une reflet de soleil sur la feuille humide d’un matin d’octobre.

La solution ? Ne pas gouter aux champignons sans écouter votre syndicat. Au moindre doute de votre part, appelez le pour qu’il analyse finement votre champignon suspect.

Pour éviter de se laisser séduire par les couleurs chatoyantes d’une promesse de jours meilleurs, ou de l’odeur alléchante d’un faux pactole qui serait vite cramé, ne négligez pas l’expertise de ces experts mycologistes qui, quoiqu’on en dise, ne sont pas tous des farfelus illuminés, qui dansent nus dans les bois en chantant Bella Ciao.

Pour autant, ne vous trompez pas, car certains pourraient vous inciter à en consommer, prétextant au pire une belle courante, au mieux quelques visions fantasmagoriques d’éléphants roses en tutu. On les surnomme, vulgairement, les cons à champignons.

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« Moi, les champignons, j’connais »

Ainsi, en prenant ces quelques précautions élémentaires, l’automne pourra rester l’occasion d’une grande balade fraternelle, sans risque de voir une famille décimée, et profiter des vertus de ce « bain de forêt ».

Mais souvenez vous, méfiez vous des cons à champignons !

 

Étonnant, non ?

Bouches-du-Rhône

Du jamais vu : 49 Technicien·e·s marseillais·e·s d’ENEDIS assigné·e·s mercredi 20 juin au TGI !

Après Aix Saint-Jérôme, Vitrolles et Salon, il y a quelques jours, c’est au tour des Techniciennes et Techniciens du Merlan et de Sainte Marguerite !

Depuis plusieurs semaines de lutte pacifiste pour défendre nos revendications, nous nous entendons dire que de l’argent pour nos revendications, il n’y en aurait pas…

Mais pour la répression, la justice et le paiement d’huissiers depuis des semaines sur les sites occupés, là il y en a !

[Lire tout l’article…]

Alpes-Maritimes

Caravane des EHPAD

Le 15 juin, a eu lieu devant le palais de justice, le lancement de la caravane de EHPAD du 06. Au programme, signatures de pétitions, tractage à la population et démonstration d’une toilette ” T-M-C ” (Tête – Main – Cul) en 3 minutes, qui reflète la réalité du terrain par manque de personnel dans ces structures.

[Retrouvez la vidéo…]

Hautes-Alpes

Les “ 3 de Briançon ” : la lutte continue !

Le 21 avril, les militants d’un groupe d’extrême-droite suprématiste ” Génération Identitaire “, a mis en scène au col de l’Échelle (05) une opération de ” blocage des frontières ” entre la France et l’Italie ; interdisant l’accès à des personnes épuisées par un trajet en montagne, les mettant ainsi potentiellement en danger.

Cette action fut largement diffusée sur les réseaux sociaux à renfort de commentaires xénophobes.

Soupçonnés d’avoir aidé des migrants à passer la frontière le 22 avril au cours d’une marche antifasciste au col de Montgenèvre, Théo, Bastien, et Eleonora étaient sous le coup d’un contrôle judiciaire.

Ce dernier a été levé au cours de l’audience du 31 mai. Pour une question prioritaire de constitutionnalité, leur procès a été renvoyé au 8 novembre.

[Lire l’article de l’Huma…]

Var

« Hippo nous vends comme des chèvres ! »

A deux pas de Toulon, dans la commune de La Garde, nuit et jour, les salariés d’Hippopotamus ont décidé d’occuper l’établissement de Grand Var.

Soutenus par la CGT, ils se mobilisent contre le projet de cession du restaurant. « Le groupe Flo affiche un chiffre d’affaires de plus de 40 millions d’euros pour le seul 1er trimestre 2018, en progression de 2,4 %, et restructure à tour de bras : cessions, ventes, achats, modifications du périmètre… », décrit Fabien Lemarca, représentant du personnel.

Dix fermetures en France depuis janvier ont laissé 200 personnes sur le carreau.

[Lire l’article de la Marseillaise daté du 18 juin…]

Vaucluse

L’été sera chaud sous les sunlights des paradis dorés, des paradis fiscaux et des bénéfices des actionnaires !

La machine « en marche » continue de détruire nos conquis sociaux pour satisfaire aux exigences du patronat, du monde de la finance et de ses actionnaires, de l’Europe néo libérale et de ses exigences de concurrence libre et « non faussée », pour l’enrichissement de quelques uns au détriment de l’intérêt général et de la solidarité.

N’attendons pas le ruissèlement ou le déluge, Agissons !

[Lire plus d’infos…]

ZOOM : UN RAPPORT QUI COMPTE !

Dans sa note d’analyse sur l’exécution budgétaire 2017 de la mission travail et emploi, la cour des comptes dézingue l’AFPA, une fois de plus. Contre (mais courte) analyse des 85 pages du rapport qui font référence à l’Agence.

Dès les premières pages de son introduction, la cour donne le ton : « … la gestion 2017 conduit la Cour à réitérer ses observations quant aux risques que la situation financière de l’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes (AFPA), désormais établissement public et opérateur de l’État, fait courir au budget de ce dernier. »

Pour autant aucunes recommandations formulées au titre des gestions 2016 ou 2017 ne concerne l’Agence. La cour observe mais ne recommande pas… Prudence de la hyène qui approche sa proie !

L’AFPA est identifiée dans le programme 103, pour 110 millions sur les 15 657 (autorisation d’engagement et crédits de paiement) de budget dans la Loi de Finance (LFI) 2017, soit 0,70 % du budget du programme… On ne peut pas dire que la mission de service public dédié à faciliter le retour l’emploi de milliers de précaires soit particulièrement couteuse !

L’évolution des dépenses entre 2016 et 2017 est-elle donc en danger, de manière générale, et l’AFPA serait-elle la source de tous ces ennuis ? Que neni ! « L’évolution tendancielle de la dépense entre la LFI pour 2016 et la LFI pour 2017 est estimée à – 360 M€. ». Jusqu’ici, tout va bien !

Mais alors, où est le problème ? Dans les mesures nouvelles ?

« Les mesures nouvelles inscrites en LFI pour 2017 concernent principalement le programme 103 (2 156 M€ en tout). Exemples :

  • 1 896 M€ au titre de la prime à l’embauche en TPE et PME (mesure du plan d’urgence pour l’emploi)
  • 14 M€ au titre de la subvention versée à l’Agence nationale pour la formation professionnelle de adultes (AFPA)
  • en sens inverse, une économie de 21 M€ est prévue sur le contrat de sécurisation professionnelle, à laquelle s’ajoute une réduction des crédits gérés par les DIRECCTE. »

Des mesures nouvelles à hauteur de presque 2 milliards pour des primes aux entreprises et 14 millions pour l’AFPA ! Soit 0,64 % du budget des « mesures nouvelles », contre près de 88 % fléchés pour les primes à l’embauche !

On y ajoute aussi des économies notamment par une réduction des moyens alloués aux DIRECCTE qui comme chacun le sait étaient gavées comme des oies et ne savaient que faire de leur pactole.

Plus loin, on découvre que finalement l’État prévoit tout, en « bon père de famille », puisque il existe une « réserve de précaution », dont :
« 40 M€ conservés en AE et en CP sur le programme 103 pour faire face à un éventuel besoin de trésorerie de l’AFPA en fin d’année – et qui n’ont pas été dégelés malgré le versement de 33 M€ à cet opérateur, compte tenu des marges de redéploiement disponibles par ailleurs. »

Donc, sur notre livret A, il restait 40 millions, mais l’État n’a même pas eu besoin de piocher dedans, puisqu’il a trouvé ailleurs les 33 millions manquant pour notre trésorerie !

Plus loin, on relève que « La signature du COP annoncée pour le printemps 2018 doit être l’occasion de définir un modèle économique pérenne et d’arbitrer les conditions d’une restructuration en profondeur, nonobstant les effets conjoncturels favorables que pourrait laisser espérer le plan d’investissement compétences (PIC). L’exemple du plan « 500 000 formations » a en effet montré qu’un surplus d’activité de ce type ne garantissait pas une hausse de l’excédent brut d’exploitation (EBE), ni l’amélioration de la santé financière de l’opérateur. Dans l’attente, la Cour réitère ses observations quant aux risques que la situation financière de l’AFPA, désormais opérateur de l’État, fait courir au budget de ce dernier. »

En résumé : l’AFPA doit se « restructurer en profondeur », car même le PIC n’est pas sûr d’y faire quelque chose vu le résultat du plan 500 000. Pardon ? Le plan 500 000 c’est la même chose que le PIC ? Il semblait que non… Surtout, si on ne prend que l’exemple de la VAEC, petit morceau du plan 500 000 : il a prouvé que son taux de retour à l’emploi était le plus « rentable » au regard des moyens déployés, et d’un pourcentage largement supérieur à celui des autres formations courtes non diplômante du plan ! En attendant ,le rapport cale une armoire de Bercy….

Mais peu importe, qu’on se le dise, l’AFPA est un « risque » de 0,10 % du budget du ministère, chargé justement de faire vivre un EPIC de son bras armé…

La CGT dénonce cette analyse et cette attaque contre l’agence alors même que l’utilité sociale est mainte fois mise en avant, son efficacité pour le retour à l’emploi saluée. De plus les milliers de salariés de l’AFPA multiplient les efforts, y compris en supportant un gel des salaires depuis tant d’années, pour assumer pleinement les missions qui lui sont confiées, dans des conditions de travail qui continuent de se dégrader. Il est insupportable de laisser entendre que leur investissement est un risque pour un budget de ministère justement chargé du travail et de l’emploi. Surtout dans des proportions aussi infimes et fortement déséquilibrées au regard d’autres dépenses astronomiques et plus que discutables.

L’ ARTICLE POUR BULLER

« Déposséder les travailleurs de leurs savoirs et de toute forme de pouvoir dans l’entreprise » extraits d’un entretien avec Daniel Linhart, piochés dans le site du mois.

« Les nouvelles méthodes de management se prétendent au service de l’épanouissement des salariés, de leur « savoir être » et de la « réalisation de soi » en entreprise. Danièle Linhart, spécialiste de l’évolution du travail et de l’emploi, démonte ces impostures et montre comment le management moderne s’inscrit dans la lignée du travail à la chaîne théorisé par Taylor et Ford pour toujours mieux asservir les salariés. « Le patronat ne veut surtout pas que la contestation massive qui s’est exprimée en 1968 ne se reproduise ».

Taylor avait identifié le fait qu’au sein des entreprises, le savoir, c’est aussi le pouvoir. Sa théorie : si on laisse entièrement le savoir aux ouvriers dans les ateliers, alors les employeurs sont privés du pouvoir. Ce qui, bien entendu, serait dommageable à la profitabilité des entreprises.

La grande invention organisationnelle de Taylor consiste à ce que la direction puisse réunir – et s’approprier – l’ensemble des connaissances détenues par les ouvriers, les classer, en faire la synthèse, puis en tirer des process. […] Il s’agit d’un transfert des savoirs et du pouvoir, des ateliers vers l’employeur, et d’une attaque en règle visant la professionnalisation des métiers.

On retrouve cela dans le management actuel, bien entendu, puisque le travail reste défini par les directions, assistées de cabinet de conseils qui élaborent des procédures, des protocoles, des « bonnes pratiques », des méthodologies, des process… Les salariés n’ont aucune prise sur cette définition.

La dictature du changement perpétuel accentue même cette dépendance. Dans toutes les entreprises […] on change régulièrement les logiciels, on recompose les services et départements, on redéfinit les métiers, on organise des déménagements, on externalise, puis on ré-internalise… Ce faisant on rend les connaissances et l’expérience obsolètes.

Les anciens apparaissent comme embarrassants ?

Il faut éviter, quand on est manager, d’avoir des gens capables d’opposer un autre point de vue en s’appuyant sur les connaissances issues d’un métier ou de leur expérience. Si un salarié revendique des connaissances et exige qu’on le laisse faire, c’est un cauchemar pour une direction. Or, les seniors sont les gardiens de l’expérience, ils sont la mémoire du passé. Ça ne colle pas avec l’obligation d’oublier et de changer sans cesse. Il y a donc une véritable disqualification des anciens. On véhicule l’idée qu’ils sont dépassés et qu’il faut les remplacer.

Il s’agit en fait de déposséder les salariés de leur légitimité à contester et à vouloir peser sur leur travail, sa définition et son organisation. L’attaque contre les comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) se situe dans cette même idéologie de dépossession. »

Sociologue, Danièle Linhart est directrice de recherche au CNRS, professeure à l’université de Paris-Nanterre, auteure d’ouvrages et d’enquêtes.

[Lire L’intégralité de l’article…]

 

CRE Provence-Alpes-Côte d’Azur juin 2018
La Rascasse n° 4 (PACA)