La Rascasse 6 :

le piquant illustré de la région PACA…

Sommaire

  • L’édito
  • Pour un flirt avec toi, je ferai n’importe quoi !
  • La presque minute inutile de monsieur Cyclopède : Petipatapon
  • Les luttes qui piquent : revue de presse
  • Zoom : Dossier FERC sur les compétences
  • L’ article pour buller

La citation du mois :

« La grandeur de l’ Homme, c’est qu’il est un pont et non une fin. »

Friedrich Nietzsche

Le site du mois :

http://www.ihs.cgt.fr/

En premier lieu, l’Institut se consacre à la sauvegarde, au classement et à la valorisation des archives de la Confédération. Cela le conduit à ouvrir les archives à l’étude et à la recherche ainsi qu’à organiser des conférences, séminaires et colloques seul ou en coopération avec des universitaires et des chercheurs.

ÉDITO

Alors que les premiers résultats de l’Appel d’Offre Conseil Régional (2018-2021) sont tombés le dernier vendredi de Juin, nous n’en savons toujours pas plus. En effet, les modalités de réponses sont dues à la construction de celui-ci et méritent ici quelques explications :

  • 1) Les organismes de formation (O.F.) qui ont soumissionné sur des lots reçoivent une lettre de refus quand ils ne sont pas retenus.
  • 2) Il y a un délai de recours d’environ 15 jours ; si il n’y a pas eu de recours, les OF reçoivent la lettre d’attribution du ou des lots (il n’y a pas de délai particulier qui soit prévu).
  • 3) Tout n’est pas encore gagné car il faut ensuite recevoir le bon de commande pour démarrer l’action.

Ainsi, la direction régionale ne désire pas encore communiquer avant d’être attributaire des lots que l’AFPA à « gagné ».

Pour autant, la CGT, après recoupement avec les camarades des autres OF et par déductions des refus prononcés, envisage un taux de transformation d’environ 70 à 80 %. Mais la prudence doit rester de mise, car les étapes 2 et 3 ne sont pas encore toutes réalisées à ce jour. De plus, il vient se rajouter d’autres contraintes car il y a des lots ou nous sommes mandataires avec d’autres partenaires et vice versa.

Le plan d’entreprise dont nous avons débattu en AG intersyndicales ne laisse rien présager de bon pour nos emplois. Effectivement, la Direction Générale n’a pas affiché une volonté de développer l’activité, mais plutôt une stratégie de retour à l’équilibre en avançant des fermetures de GRN et de Centre : la réduction de voilure comme solution miracle !

Même avec prépa compétences, le diktat de réaliser l’action « à effectif constant », devient irréaliste et inapproprié (Cf. compte rendu du CRE de juillet) !

Par ailleurs, à l’ordre du jour du conseil d’administration du 26 Juillet, figure la vente d’une partie des terrains du centre de Tours Saint-Symphorien. En Auvergne Rhône Alpes, les salarié·e·s du Puy-en-Velay sont livré·e·s à eux-mêmes et utilisent tous les moyens pour faire entendre une détresse devenue insoutenable. La CGT n’a pas manqué d’être présente à leur côté, de relayer leur lettre, d’alerter en CRE, d’évoquer le sujet au niveau national, etc.

La ministre du travail depuis quelque mois annonce que : « la situation de l’AFPA sera réglée à l’automne ». Alors même que le budget du ministère du travail sera amputé de 2 Milliards d’€ en 2019, qui en fera les frais ? L’AFPA sera-t-elle sacrifiée sur l’hôtel des économies de son propre ministère ?

Tous les indicateurs sont au rouge, la mobilisation générale s’impose !
Soyons prêts pour une rentrée sociale digne de ce nom, tous ensembles : Salarié·e·s, Privé·e·s d’emploi, Retraité·e·s.

En attendant la rentrée, la Rascasse vous souhaite à toutes et tous d’excellentes vacances ; prenez le temps de vous ressourcer car nous aurons besoin de toutes vos forces dès septembre prochain !

POUR UN FLIRT AVEC TOI, JE FERAI N’IMPORTE QUOI !

Qu’elle est loin notre AFPA… Née d’une histoire d’amour entre une véritable vision politique et l’intérêt général d’une nation qu’il faut sortir de la ruine d’après guerre, elle explose aujourd’hui sous les coups du libéralisme et d’une Europe qui n’a d’union que le nom.

Il devient pénible, pour ne pas dire insupportable, d’être le témoin quasi quotidien des fossés qui se creusent entre elle et ses salarié·e·s. Le divorce étant rompu avec le peuple depuis que la décentralisation et l’avènement de la « concurrence libre et non faussée » a été érigée en religion européenne, notre AFPA vit aujourd’hui le pire de sa si belle destinée originelle : le clivage et le fatalisme.

Alors que sa mission première était justement d’unifier les forces de la reconstruction, elle souffre aujourd’hui d’un virus qui se répand dans tous les centres, les familles de métiers, les directions, les régions. Ce virus lent et pernicieux avançait masqué jusqu’il y a peu. Mais le masque est tombé. L’individualisme est son vecteur, la peur son carburant.

Tel un élève qui sue au fond de la classe pour ne pas être interrogé, le salarié se réfugie derrière son écran en priant pour que le prochain boulet tombe à côté.

Sous production

Le terme désigne un des symptômes cruels du Virus. Et on pense souvent qu’il n’arrive qu’aux autres… Désigné ainsi, le malade devient rapidement un paria, un pestiféré dont il vaut mieux se défaire pour éviter une contagion ou une amputation plus large.

Sans activité

Le stade avancé de cette pathologie immonde. Les médecins se noient en considérations politico-économiques pour justifier de l’incurie du patient. On ne peux lui enlever, cette patience, pour le moins ! A-t-il manqué d’amour, de dévotion, d’abnégation pour l’être cher ? Certes non. Jusqu’à travailler chez lui, le soir, les Week-ends.

En acceptant docilement l’injustice de ces quelques privilégiés qui suçaient le sang des autres trop naïfs pour se lever contre eux. Vampires aux dents acérées, morts vivants de l’égoïsme, ils sont recrutés pour leur avidité et leur capacité à réaliser l’insémination.

Les précaires sont devenus l’armée de réserve pour nourrir de sang frais ces piteux.

Ainsi, le clivage des esprits s’accentue par ce double stratagème qui saborde la culture AFPA d’un côté et de l’autre la remplace par celle d’une Macronie faussement démocratique et profondément déshumanisée.

Persuadés que l’issue proposée est inéluctable, voire salvatrice, les autres affichent un fatalisme de circonstance. Mais le Virus s’accompagne de maux tout aussi destructeurs : la pensée se rétrécit, la communication s’obscurcit, les préjugés s’amoncellent, le rejet de l’autre n’est pas loin.

Cet autre, c’est nous, c’est vous, c’est moi. C’est le responsable d’affaires, c’est la formatrice, c’est la gestionnaire des ventes, c’est le psycho (pardon, le chargé de recrutement).

L’amour n’est pourtant pas si loin. Pour cela, la peur doit changer de camp. Apprendre à reconnaitre sa présence est déjà une partie du chemin vers la guérison.

Car oui, il existe un traitement contre ce Virus. La force du collectif. Le respect des autres. L’écoute. La lutte. Oh que oui…LA LUTTE !

la lutte continueHasta la victoria siempre !

« La presque minute inutile de monsieur Cyclopède »

Cyclopède

Petitpatapon

Ne nous voilons plus la face. La troisième guerre mondiale est inéluctable. Ou presque. Disons qu’à défaut de voir pleuvoir des obus, on sait que l’orage des subprimes et autres crises cycloniques du capitalisme mondialisé ne sauraient tarder. La guerre est évidemment économique, qu’on se le dise !

Vous en doutez encore ? Pourtant les plus zélés des économistes l’affirment, comme celui de la banque Natixis, Patrick Artus. On ne peux pas dire que ce soit un grand gauchiste !

Aussi, si vous n’arrivez pas à faire succomber une bougresse à l’impétuosité pétaradante de votre fringant amour (# je-me-refuse-avec-ostentation-à-livrer-mon-corps-pulpeux-aux-caresses-insensées-de-la-main-du-désir-que-la-morale-réprouve-en-dehors-des-liens-sacrés-du-mariage), comme un certain Pierre s’amusait à le crier dans certaines émissions maladroitement copiées, il existe peut être une solution pour sauver ce qui reste d’humanité de votre pitoyable existence.

En effet, il ne nous reste plus beaucoup de temps pour rigoler !
Alors ne nous perdons plus en conjectures idéologiques !

Avant que n’adviennent les coups de soleil sur des peaux déjà abimées par la pollution aux glyphosates, avant que ne trépassent les ainés que certains voudraient voir partir pour laisser la place aux jeunes, avant que ne s’immolent des petits bonzes avides de paix intérieure, amusons nous !

Nous allons jouer à un jeu très amusant, le rébus. Regardez bien :

On    note : la   dent  l’Q

Pour les ramollis du bulbe, dont les outrecuidances du poiscaille laissent sans voix, vous disposerez, pauvres fainéants décérébrés, d’une vidéo explicative :

Étonnant, non ?

Bouches-du-Rhône

Olivier Mateu (UD CGT 13) : « Le pouvoir mène une stratégie du chaos… »

« Le rythme que nous impose le gouvernement illustre le fait qu’il n’a pas de majorité dans ce pays pour mettre en œuvre la remise à plat du modèle social qu’il porte avec le patronat. Ils ont besoin d’aller vite et mènent cette stratégie du chaos. […] La France n’a jamais disposé d’autant d’argent et il n’aura jamais été concentré à ce point entre quelques mains. Il s’agit de choix politiques. »

Lire l’article de La Marseillaise du 3 juillet

Alpes-Maritimes

Hommage à Virgile Corbani

Comme tous les ans à Nice, le 28 Août 2018, la CGT va rendre hommage à Virgile Corbani, ancien secrétaire de l’UD CGT 06, assassiné par l’occupant Nazi. Le rendez vous est fixé place Saint françois, à 17h30. Cette place, autrefois « Place des ouvriers », fut le berceau du syndicalisme niçois. La Bourse du travail devint une Bourse du travail CGT quelques années seulement après la création de la CGT en 1895. C’est pour Service Rendu à la nation que la Mairie de Nice octroya à notre organisation les locaux Aigle d’Or, finalement « repris » par la Ville en 2009…
C’est autour de cet évènement que la rentrée sociale sera lancée à Nice, avec le moment convivial habituel !

Alpes de Haute-Provence

Les salarié·e·s de la Poste dans les Alpes de Haute-Provence enchainent les grèves et rassemblements de soutien pour une salariée de la Motte du Caire.
La CGT et le collectif de défense de bureaux de poste ont appelé à plusieurs journées d’actions tout au long du mois de juillet pour protester contre une procédure de licenciement à l’encontre de Christine Pustel.
Cette chargée de clientèle est sous le coup d’une sanction disciplinaire depuis le 9 juillet dernier.
Pour la CGT, cette procédure n’est qu’une manière de déguiser un vaste plan national de suppression des bureaux de poste entrepris depuis déjà plusieurs années.

Var

« Au 119e jour de grève les personnels des urgences de Sainte-Musse de l’hôpital de Toulon ont cessé leur mouvement après les avancées obtenues de la part de la direction. »

Des postes de renforts pour l’été et pour l’hiver, des postes de brancardier de nuit, d’infirmière aux urgence pédiatriques… la lutte paie !
Pour autant « il faudra encore des moyens supplémentaires pour assurer la sécurité des soins » assure Manon.
Le personnel venu renforcer cet engagement a bien compris que la CGT ne reste pas immobile face aux politiques d’austérité qui nuisent à toutes et tous.

Écouter l’interview qui résume la situation

Vaucluse

Soutenons les grévistes !!!

L’UD CGT Vaucluse ouvre une caisse de solidarité pour nos camarades Gaziers et électriciens en Lutte depuis le mois d’Avril.
Merci de faire parvenir vos dons à :

UD CGT Vaucluse
” CAISSE DE SOLIDARITÉ MINES ET ENERGIE ”
1,RUE LEDRU ROLLIN 84000 AVIGNON

bien commun

Lire les préconisations CGT pour un nouveau service public de l’énergie…

Dernière minute

Photo récente prise devant un supermarché CARREFOUR à Pertuis.

Non seulement les gens du voyage ne peuvent pas venir faire leurs courses, mais en plus on pourrait reprocher à la CGT de venir tracter sur place pour dénoncer cette gabegie !
Vous les entendez les bruits de bottes ?

Merci au camarade de la treille de nous avoir transmis ce témoignage.

ZOOM : DOSSIER FERC SUR LES COMPÉTENCES

« Imposer l’introduction des blocs de compétences revient à pulvériser le système qui reposait sur une logique d’acquisition d’une qualification complète au profit d’une « employabilité » immédiate et locale. »

Dans son dossier de 8 pages sur la notion de compétence, la FERC tente une présentation didactique de ce concept, bien connu dans la construction des titres professionnels que nous proposons. Pour autant, les enjeux politiques du moment et la pluralité des définitions qui alimentent bien souvent la confusion dans beaucoup d’esprits, contribuent à enfermer cette notion dans une vision unique et dangereuse.

« C’est souvent un mot valise qui signifie seulement ce que l’auteur·e veut lui faire dire. »

valisesSi l’on se place du coté du DRH, la signification et la portée de la compétence n’a effectivement pas grand-chose à voir avec celle d’un formateur. Non pas qu’elles s’opposent par principe, mais parce qu’elles s’accrochent à une grille de lecture spécifique, que la loi tente d’organiser.

Dans la mesure où la réforme de la formation professionnelle, dite pour la « liberté de choisir son avenir professionnel », enfonce le clou de ce qui avait commencé avec l’ANI de 2013, puis la loi de 2014, on comprend bien que « pour le MEDEF les blocs de compétences sont surtout les marqueurs d’une employabilité à court terme. On est très loin de la construction d’un diplôme professionnel telle que nous la concevons, dans sa cohérence globale. »

Derrière le discours qui consiste à vendre le découpage des diplômes en blocs plus facilement accessibles, et donc facilitant la demande pour la formation professionnelle continue, il faut bien comprendre que la formation initiale aussi est concernée par ce découpage.

« Le but n’est donc pas de faciliter l’acquisition de diplômes mais bien de les morceler pour leur substituer un système de certification par compétences lié à des critères d’employabilité. »

Concernant la qualification, le lien doit absolument tenir compte d’une autre pièce du puzzle Macronien : la fusion des OPCA et la réorganisation des branches professionnelles, toujours instauré par la réforme et ses conséquences.

Pour mieux asservir les femmes et les hommes et satisfaire ses intérêts immédiats, le patronat va toujours plus loin dans la dérégulation et l’individualisation. Sa volonté est de casser les cadres et les repères collectifs afin de rendre plus difficile la négociation collective.

Par l’accentuation de la notion de compétence à tout crin, son financement pouvant aller jusqu’au « granule de formation », l’approche compétence du gouvernement et de ses réformes risque inévitablement d’aboutir à une attaque sur les salaires en visant la réforme des grilles collectives.

De plus, cerise sur le gâteau, il organise la pleine responsabilité du salarié sur son employabilité, qui n’aura qu’à acheter de la compétence grâce à son CPF monétarisé, comme on achète une boite de petits pois au supermarché… En retour, l’employeur fera de même : il « achètera » de la compétence, mais plus de la qualification, et rémunérera en fonction… donc moins ! C’est l’avènement de la compétence jetable.

« La compétence, c’est de la chair à patron »

Et dans la formation continue, quel impact ?

Après avoir vendu les mérites du DIF, censément faire déferler des milliers de salariés en demande de formation, force est de constater que la mayonnaise n’a pas vraiment pris.

En transformant le DIF en CPF, puis en CPF monétarisé, adossé à une application miracle pour s’acheter son granule, le candidat à la formation de la start-up nation n’aura aucun mal à mobiliser les organismes de formation ad hoc, en triant les petites étoiles votées pour qualifier le sérieux de l’un ou le margoulin chez l’autre.

Quelle vision du citoyen et de sa force de travail… ! Seul le geek pourra y parvenir ? Tous les jeunes, parce qu’ils ont prétendument un smartphone greffé au pouce, pourront sortir de la précarité et du chômage parce qu’ils n’auront aucun mal à choisir le granule qu’il faut pour satisfaire aux exigences des patrons en manque de main d’œuvre ?

Ce n’est certainement pas cette stratégie qui va convaincre et faciliter des privés d’emplois à se positionner sur des emplois mal payés, aux horaires incompatibles avec un plein épanouissement familial, et souvent proposés par des patrons qui ont autant de connaissances en accompagnement managérial que la Rascasse n’a de palmes au bout des nageoires…

Pour ce qui est de la conséquence pour l’organisation du travail, les entrées/sorties permanentes, massives et hétérogènes dans leurs besoins, dans des délais contraints, avec toujours plus de distanciel, vont sans aucun doute nuire à la qualité de la formation comme aux conditions de travail des personnels en charge de leur mise en œuvre.

Alors la compétence c’est quoi ?

« Le tout est plus grand que la somme des parties », et l’accumulation de blocs de compétences ne fait pas pour autant le/la professionnel·le du métier. Par exemple, une personne qui aurait acquis séparément un CCP « connaitre le code de la route » via un MOOC, et quelques années plus tard le CCP « conduire une automobile sur circuit » sur un simulateur, n’en fait pas pour autant un·e automobiliste compétent ! »

diplôme« La compétence ne peut s’acquérir que dans le temps et si la personne y trouve du sens. […] Les compétences s’acquièrent aussi bien dans l’entreprise qu’en formation professionnelle et peuvent être validées par VAE, ou en passant un diplôme ou un titre. » (Patricia Docaigne, formatrice, mandatée CGT AFPA à la FERC)

Si la compétence « vendue » s’organise dans le cadre d’une véritable « sécurisation » du parcours, facilitant l’acquisition d’un diplôme ou d’un titre, alors le sens revendiqué par la CGT est atteint.
« une compétence est une combinatoire de ressources (connaissances, savoir-faire techniques et relationnels) finalisées (vise l’action), construites (acquise ou apprise) et reconnues ».

Et c’est bien sur la notion de « compétences reconnues » qu’il faut faire preuve de lucidité d’analyse quand on met bout à bout les différentes réformes, du code du travail, de la formation continue, de la formation initiale, du BAC et de l’orientation…

Cliquez ici pour consulter le dossier complet de la FERC

L’ ARTICLE POUR BULLER

15ème Semaine pour la Qualité de Vie au Travail du 11 au 15 juin 2018 : « Innover pour la qualité de vie au travail ». Retour sur une des conférences qui pique la notion avec subtilité… pour mettre en avant « la qualité du travail ».

QVT 2018C’est au détour d’une commission du CCE (merci à son président…) qu’a été diffusée une conférence d’Yves Clot (Professeur émérite de psychologie du travail au CNAM), que l’AFPA connait bien pour avoir mandaté cet organisme d’une étude encore toute fraiche.

SI la qualité de vie au travail peut être tout à fait intéressante à aborder, il ne faudrait pas pour autant qu’elle conduise à être dans le déni de la question beaucoup plus centrale de la qualité du travail « tout court ».

L’exemple est donné par l’état pitoyable des travaux du réacteur de nouvelle génération de Flamanville, dit « EPR ». Avec plus de 7 ans de retard et une facture qui va bientôt faire passer le trou de la sécu pour un mauvais souvenir ridicule, l’auteur y détaille quelques explications sur l’origine de cette catastrophe industrielle en cours : l’organisation et la qualité du travail de la conception, notamment les soudures dans certaines cuves.

Au-delà de l’exemple encore d’actualité, ce qu’il faut retenir, en perspective de ce que nous vivons si souvent, c’est la notion de travail empêché, parfois sous le qualificatif culpabilisant et paradoxal de « sur-qualité ».

En érigeant un mur contre la question de la qualité du travail, retoquée d’un revers de main par l’argument de primeur à la rentabilité, l’organisation refuse cette réflexion.

Et pourtant, la liberté sur son activité (pas au sens du monopole de sa définition) serait en quelque sorte un droit à conquérir. Car il ne peut être laissé au seul employeur la responsabilité de ses contours et de l’organisation de son exécution.

Dans certains secteurs très normés par la procédure, où le salarié n’a pas de prise légitime et organisée sur son propre travail, on constate des dérives qui peuvent exposer non seulement la santé du travailleur, mais aussi celles des citoyens. N’y a-t-il pas de plus en plus de questions autour de ce que nous avons dans l’assiette (Cf. Lactalis) ? Ou des médicaments que nous avalons ? Les exemples sont légions…

La liberté de délibérer, en collectif, sur la qualité du travail, y compris en confrontation avec la hiérarchie, constitue un point central de cette approche.

On regrette que sur ce sujet, si souvent, des tentatives de mise en place négociée entre IRP et directions se soldent encore par un échec ; ou que la direction tente à elle seul d’en donner l’illusion décalée et stérile par un séminaire de projection en 2022, « ashtagisée » par la patte macronienne de la start-up nation.

 

Visualisez, ci-dessous, la vidéo de la conférence d’Yves Clot :

CRE Provence-Alpes-Côte d’Azur juillet 2018