L’Afpaïenne n° 5 – avril2017


L’information des retraités de l’AFPA

  • 70 ans d’expériences de résistance
  • Un collègue cuisinier, qui a travaillé en CDD pendant 7 ans
  • Les 70 ans de l’AFPA
  • Continuer d’adhérer à la CGT
  • Gratuité de la santé
  • Congrès UCR mars 2017
  • Flash culturel

 

70 ans d’expériences de résistance

Certes, le siège historique-de l’AFPA a été définitivement abandonné : les derniers salariés l’ont quitté et les militants CGT tournent cette page avec nostalgie, notamment tous ceux qui ont vécu dans ces murs, de nombreux chapitres de luttes et de résistance.
Certes, l’AFPA, symbole et artisan d’un service de formation professionnelle qualifiante à l’attention des publics les plus démunis pour favoriser leur retour, leur réinsertion dans un emploi stable et favoriser la promotion professionnelle, est fortement remise en cause : Les tribulations liées à sa restructuration, les difficultés économiques qui s’aggravent, et les freins mis par nombre d’acteurs au plan national et régional, ne sont pas faits pour nous rassurer sur le devenir de cet outil indispensable. Certes, les acquis de la Résistance et l’œuvre créatrice d’Ambroise CROIZAT qu’est la Sécurité Sociale sont attaqués de toute part, au seul profit du monde de la finance et des détenteurs des capitaux. Les délégués retraités CGT au Congrès de l’U.C.R. à Bordeaux l’ont rappelé et manifesté leur volonté de peser sur les orientations néfastes qui dégradent la qualité de leur vie économique et sociale. Face aux agressions qui se sont multipliées ces dernières années contre les salariés, face à la mise en place de la « loi travail » et l’inversion de la hiérarchie des normes, nous devons continuer à dénoncer cette politique de casse, tout en luttant pied à pied au quotidien pour défendre les acquis sociaux et conquérir de nouveaux droits : Plus de 70 ans d’expériences de luttes ont forgé l’histoire et l’évolution sociale ! Ce capital de résistances a permis de mettre en échec de nombreux reculs. Il constitue le levier sur lequel s’appuyer pour construire les progrès de demain.


Un collègue cuisinier, qui a travaillé en CDD pendant 7 ans !

Il y a quelques jours, nous avons appris qu’un de nos anciens collègues cuisinier au centre de Cantin dans la région Hauts-de-France avait tenté de mettre fin à ses jours. A l’heure où nous prenons la parole dans cette instance, cette personne est toujours entre la vie et la mort.

Déclaration de la délégation CGT au Comité Central d’Entreprise du 6 mars 2017

Nous tenons tout d’abord à exprimer tout notre soutien à sa famille dans ces moments extrêmement difficiles. Et nous pensons également à ses anciens collègues du centre de Cantin qui ont été très durement affectés par cette nouvelle, en particulier ses collègues de toujours de la cuisine dont le choc émotionnel occasionné par cette nouvelle a provoqué leur arrêt de travail.

Dans la lettre qu’il a laissée pour expliquer son geste, notre ancien collègue met directement l’AFPA en cause.

La situation de ce collègue cuisinier, qui a travaillé en CDD pendant 7 ans, nous la connaissons bien, le DSR CGT étant intervenu à de nombreuses reprises auprès de la direction, et ce du niveau local au niveau national, afin de demander sa légitime réintégration en CDI. Une réintégration que la direction de l’AFPA refusera de manière systématique.

Après donc 7 ans de travail, la direction de l’AFPA avait en effet pris la décision, en août dernier, de mettre un terme au contrat CCD de remplacement au motif que le salarié qu’il remplaçait réintégrait son poste. Une annonce particulièrement brutale, puisque c’est au retour de ses congés d’été que notre collègue apprenait la nouvelle via une lettre recommandée, aucun membre de la direction n’ayant pris la peine – n’ayant eu le courage ? – de le recevoir et de l’en informer en direct.

La même direction qui avait pourtant annoncé lors d’une réunion de l’ensemble du personnel du centre le 27 mai 2016, avoir obtenu l’accord de recruter plusieurs CDI, dont le poste de cuisinier, déclenchant les applaudissements du personnel. Une promesse donc, faite par la direction, et destinée sans aucune ambiguïté à notre collègue cuisinier, devant tout un centre qui en fut le témoin. Une promesse non tenue…

Le 14 juin 2016, son poste ayant été mis en recrutement, il faisait acte de candidature et était convoqué à un entretien avec la Consultante en Recrutement et Développement de carrière. Un entretien qui selon lui s’était déroulé de manière positive, aucun retour négatif ne lui ayant été fait. Pourtant, il recevait le 13 juillet un courrier « type » de réponse, une réponse négative à sa candidature, qui lui laissait penser que tout à coup l’AFPA considérait qu’il n’était pas – qu’il n’était plus ! – compétent pour tenir le poste qu’il occupait depuis 7 ans.

Ce qui sera d’ailleurs écrit par la Directrice par intérim du centre de Cantin le 4 janvier 2017, qui indique de manière très laconique, en réponse au DSR CGT, que « les essais passés le 14 juin 2016 lui ont été défavorables et nous ne pouvons revenir sur cette décision ».

Et là aussi, aucun retour en direct ne lui a jamais été fait sur ce sujet…

Une manière d’agir de l’AFPA qui pose de nombreuses questions :

  • Est-il acceptable de maintenir pendant 7 ans un salarié en situation de précarité ?
  • Est-il acceptable de faire passer un entretien et des évaluations à un salarié qui postule sur un emploi, son emploi devrions-nous dire, pour lequel il a donné toute satisfaction pendant 7 ans ?
  • Est-il acceptable d’être reçu en entretien et de passer des évaluations dans le cadre d’un recrutement, sans qu’aucun retour sur ces évaluations ne soit fait directement au salarié concerné ?
  • Est-il acceptable qu’à aucun moment la direction n’ait pris la peine de le rencontrer et d’échanger avec lui ?
  • Est-il acceptable que la direction fasse des promesses de CDI, sans les tenir ensuite ?
  • Est-il acceptable de remplacer un collègue en détachement sur une mission régionale, pendant 7 ans, par un CDD ?

Et au final, où en est la restauration de Cantin ?

  • Le salarié soi-disant remplacé est revenu à Cantin sur une qualification de gérant de restaurant depuis 2 ans, et notre ancien collègue est quant à lui remplacé par un cuisinier intérimaire
  • Le personnel du restaurant est remplacé par des intérimaires, et par du personnel de la société Compass en ce qui concerne le chef de cuisine.
  • Et finalement la direction vient d’annoncer aux aides de cuisine AFPA son intention d’externaliser la restauration, des propositions leur seraient faites pour intégrer l’entreprise sous-traitante.

Tout ça pour en arriver là ? L’éviction de notre ancien collègue cuisinier n’aurait-elle eu d’autre objectif que de pouvoir externaliser la restauration du centre de Cantin ?

La vie d’un homme ne vaudrait-elle pas plus que cela pour la direction de l’AFPA ?

Vous comprendrez que pour la délégation CGT, les réponses à toutes ces questions sont négatives. Nous n’avons eu de cesse depuis plusieurs années d’alerter la direction sur les conséquences sur la santé, et la vie des salariés, des méthodes de plus en plus brutales utilisées par l’AFPA.

La direction ne peut dire qu’elle ignorait cette situation, elle savait depuis longtemps, dès le 18 août, lorsque le DSR CGT s’adressait en ces termes au Directeur du centre de Cantin : « cette manière de traiter un salarié est violente, et peut provoquer chez lui une réaction grave, car sa compétence et son investissement de 7 années sont mis en cause. L’AFPA poursuit une course insensée à la réduction de l’effectif, nous le savons, mais pour autant, tous les moyens pour y parvenir ne sont pas acceptables ».

Une première alerte qui sera suivie de nombreuses autres, y compris dans l’enceinte du CCE en décembre dernier, devant le Directeur Général par intérim et le Directeur des Ressources Humaines.

L’émotion est grande aujourd’hui, d’autant que cette tentative de suicide n’est pas la première dans cette région : cet été un ancien collègue formateur en CDD s’est pendu à son domicile, 8 jours après la fin de son dernier CDD, et quelques temps auparavant c’est une collègue de la DR qui avait tenté de mettre fin à ces jours… Et d’autres situations similaires se sont malheureusement produites dans d’autres régions.

Il est dès lors inadmissible que d’un côté l’AFPA ne cesse de vanter ses valeurs d’utilité sociale à l’externe, alors qu’en interne elle institue un système de précarisation, au mépris des valeurs qu’elle est censée porter.


70 ans de l’AFPA

« Les 70 ans de l’AFPA, la CGT et la Formation Professionnelle », un colloque réussi…

Le 17 novembre dernier, s’est déroulé à la Confédération CGT à Montreuil, le colloque sur « les 70 ans de l’AFPA, la CGT et la Formation Professionnelle », une journée suivie par plus de 100 participants et riche d’échanges et d’enseignements.

Le Secrétaire Général, Philippe MARTINEZ en a ouvert les travaux :

« J’ai le plaisir et le privilège de vous accueillir dans ce patio Georges Séguy, au cœur de notre maison commune, pour ce colloque : nous avons souhaité collectivement célébrer le Décret du 9 novembre 1946, signé par notre camarade Ambroise Croizat, alors Ministre du Travail – décret qui fédérait dans une même structure sous tutelle de son ministère tous les centres de formation professionnelle, préfiguration de ce qu’est encore aujourd’hui l’AFPA.

Ambroise Croizat

Ambroise Croizat

La CGT a toute légitimité à revendiquer la création de l’AFPA, même s’il est vrai que la date nous est contestée, comme nous est contestée d’ailleurs la création de la Sécurité Sociale relatée dans l’excellent film « La Sociale » … La double besogne de satisfaire les besoins Immédiats des salariés ET l’ambition de transformer la société, nous l’assumons pleinement à la CGT. Et l’AFPA a contribué et doit contribuer à ce double objectif : donner une qualification à un(e) salarié(e), c’est lui ouvrir les voies de l’émancipation. C’est lui permettre d’exercer un ou plusieurs métiers, au sein de plusieurs entreprises, lors des choix qu’il fait tout au long de sa vie professionnelle… ».

La matinée a été consacrée à l’AFPA de tous temps au cœur des enjeux économiques du pays, avec une table ronde balayant les grandes périodes de son histoire :

  • 1946-1971 : reconstruction et pénurie de main d’œuvre, la réponse aux besoins sociaux,
  • 1971-2000 : la marchandisation de la formation professionnelle,
  • 2000-2016 : des bouleversements répétés avec la régionalisation de l’offre.

Un temps fort marqué par l’intervention de Nicole Menu (Direction Générale chargée de l’hébergement/restauration/médiation/médecine du travail) qui a insisté sur la mission d’apprendre à apprendre, et marqué par l’affirmation que la Formation Professionnelle n’est pas un coût mais un investissement. L’après midi a porté sur l’utilité sociale de l’AFPA, avec des témoignages d’anciens stagiaires qui ont souligné l’importance de l’acquisition d’un métier. Puis, le débat entre Clotilde Valter (Secrétaire d’État chargée de la Formation Professionnelle et de l’Apprentissage), Christophe Donon (Direction Générale AFPA), Jean Marie Marx (président du CNEFOP), Catherine Perret (secrétaire confédérale représentant la CGT au Conseil d’Orientation de l’AFPA) et Christian Filliot (CGT-AFPA), n’a pas apporté beaucoup de lumière sur l’avenir du service public de formation des adultes et le rôle de l’AFPA dans l’insertion socioprofessionnelle, l’acquisition d’un métier qualifié et la lutte contre l’exclusion et le chômage.

Catherine Perret a tiré les conclusions du colloque en proposant une journée d’étude sur la formation professionnelle en 2017.


10 bonnes raisons pour continuer d’adhérer à la Cgt quand on part en retraite

carte CGTCet appel nous est inspiré du constat qu’une majorité de salariés syndiqués quittent notre syndicat au moment de prendre leur retraite. La retraite est une autre vie, mais elle n’est pas une rupture, c’est aussi une continuité dont nous voudrions vous faire partager l’enjeu et les raisons.

Car plus de retraités adhérents, c’est plus de cotisations, plus de représentation, plus de solidarité, plus de force…

Nous développons donc ci-dessous 10 bonnes raisons, quand on est à la retraite, de garder sa carte à la Cgt, ou d’en reprendre une, et même d’adhérer à la Cgt, pourquoi pas ?

1ère raison : La pension de retraite est un salaire !

Si celui-ci n’est plus versé par un employeur, il est distribué par une caisse de retraite des salariés, elle-même alimentée par les cotisations sociales (qu’elles apparaissent sur les bulletins de paie sous le titre salariales ou patronales, c’est toujours du salaire brut et le produit du travail humain). La cotisation sociale et la pension de la retraite, ce sont donc toujours du salaire (différé) !

2ème raison : La retraite n’est pas la fin du travail !

Elle est une rupture avec l’emploi, mais pas avec le travail. La retraite nous débarrasse de l’employeur, de son pouvoir et de son chantage « à l’emploi » : privilège de l’embauche et du licenciement, disposition et maîtrise de notre temps, détermination de la valeur de notre travail, etc. En fait les retraités continuent de travailler, au jardin, en gardant leurs petits-enfants, dans le bénévolat, en se cultivant, etc. La retraite ne nous prive aucunement de participer à l’amélioration de la nation, à la transformation du monde, comme le font les humains depuis l’éternité, en bref de participer à la vie sociale et politique. C’est même tout le contraire, et bien des retraités nous disent qu’ils n’ont « plus une minute à eux » !

3ème raison : Pour les retraités les raisons de se battre demeurent identiques !

Libéré de la dépendance d’un employeur, certains retraités ont tendance à penser que le syndicat ne les concerne plus. Pourtant, ils demeurent – conscients ou pas – des salariés comme on vient de le démontrer. En conséquence, leurs salaires, ou leur pension, leurs montants et leurs conditions de prélèvement et de calcul, restent soumis à des décisions et des combats politiques et sociaux strictement identiques aux salariés « actifs  . Les prélèvements dont la pension est l’objet (par exemple la CSG), le blocage de la pension, les débats éminemment politiques qui animent le pseudo « trou de la sécu », le pouvoir d’achat des travailleurs, la baisse des remboursements de l’assurance maladie, les coûts des assurances complémentaires et des mutuelles, les inégalités femmes/hommes, le taux de la cotisation qui suit ou non l’évolution des salaires ou le temps de travail, etc. sont toujours des facteurs communs aux retraités et aux « actifs ». Ici, rien ne les distinguent.

4ème raison : Les retraités demeurent des citoyens.

En poursuivant leur adhésion au syndicat, les retraités manifestent leur conscience et leurs volontés de solidarité avec leurs collègues actifs qui sont en première ligne au quotidien dans l’entreprise pour défendre leurs intérêts de salariés. De même que les retraités – quoique hors de l’emprise de l’employeur – conservent leurs droits civiques, ils continuent d’apporter leur force et leur nombre aux syndicats, qui est la force politique et démocratique des salariés et de leurs intérêts.

5ème raison : La cotisation syndicale est le nerf de la guerre.

L’apport des cotisations syndicales est une contribution essentielle à la santé financière du syndicat : notre syndicat a besoin de votre argent ! Il n’est pas subventionné. Il doit payer les frais de déplacement de ses membres, et ces frais sont d’autant d’importance que notre syndicat est structuré à l’échelle de la structuration politique des territoires régionaux et nationaux de l’Afpa. De fait, cela entraîne des frais de déplacements importants.
Il doit réglé aussi sur ses fonds, les frais de manifestations, tracts, matériels de propagande ou matériels informatiques.

6ème raison : Pour les retraités, quel monde laissons-nous à nos enfants est une question d’actualité.

La plupart des retraités vivent une expérience nouvelle avec l’apparition d’une nouvelle génération : leurs petits enfants. Qui n’a pas éprouvé au plus profond de soi ce sentiment de responsabilité quant à leur avenir ? Quand on prend encore plus conscience qu’ils sont l’avenir de l’Humanité ! Qui ne s’est pas posé cette question universelle de ce en quoi nous avons contribué à rendre le monde meilleur ? Aucun retraité, à plus forte raison quand il a participé aux luttes syndicales, ne peut se désolidariser de ses enfants et de ses petits enfants qui sont les salariés et les citoyens de demain.

7ème raison : L’Afpa appartient à ses travailleurs !

La retraite n’est pas la solitude, ce désintérêt du monde, ni même un désintérêt de l’entreprise dans lesquels le retraité a vécu. Elle ne doit pas être une coupure d’avec la communauté des salariés, ni non plus de la structure où ont été acquis, et continueront d’être acquis, des droits sociaux, droits à la retraite compris. Comme on le dit pour l’agriculture, la terre appartient à ceux qui la travaillent ! L’Afpa appartient à ceux qui y travaillent, qui y ont travaillé, qui la font vivre et lui confèrent sa valeur. D’ailleurs, l’Afpa n’a survécu que grâce aux luttes de ses salariés, parce que ce sont les salariés et les syndicats qui l’ont créée et qui la maintiennent en vie, depuis plusieurs générations, depuis 70 ans.

8ème raison : La retraite nous émancipe et nous facilite l’action.

Nous savons tous que se syndiquer nécessite de l’engagement, personnel et collectif, en particulier dans la Cgt. Mais la retraite nous libère du lien de subordination, qui est au cœur du contrat de travail, et elle nous libère du temps contraint. La retraite rend donc notre activité syndicale beaucoup plus facile, plus libre et augmente notre disponibilité au service du bien commun.

9ème raison  : L’expérience des retraités, ensemble, est précieuse.

La retraite ne nous prive pas de notre longue expérience, de nos réflexions et d’un avantage appréciable en ce qu’elle nous met à une certaine distance : d’être ni trop près de la pression de l’employeur, ni trop loin des salariés en exercice. Notre syndicat a besoin du savoir et du savoir-faire de ses anciens.

10ème raison : La retraite n’est pas un « repos bien mérité ».

La retraite est une autre façon de vivre dans la société. Pour autant, la société, elle, n’a pas changé. Se syndiquer à la Cgt, c’est défendre les intérêts des salariés dans l’espoir d’une meilleure vie et d’une société plus égalitaire, plus libre pour tous évidemment, et plus fraternelle, c’est notre raison de vivre. Mais nos ennemis n’ont pas déposé les armes, devant nos yeux, voilà le spectacle : la mondialisation capitaliste qui organise la mise en concurrence de tous les travailleurs à l’échelle mondiale et les menace de la misère, des guerres et des souffrances sans fin, la privatisation des biens communs comme celle de la monnaie par l’indépendance de la banque européenne confiée à un grand maître de la finance internationale, la libre circulation des capitaux accompagnée par le blanchiment d’argent et l’organisation de la fraude fiscale, la main-mise sur la quasi-totalité des médias et de la presse pour une poignée de privilégiés milliardaires, la fuite en avant dans la consommation des matières premières limitées de la planète et le réchauffement climatique, les fausses « réformes » qui démultiplient les mesures contre les droits du travail et la guerre idéologique incessante contre les services publics, la concentration du capital et son augmentation dans les mains d’une oligarchie, etc. Cette énorme machine de guerre contre nos droits de travailleurs et pour l’accaparement des richesses regagne du terrain contre nous depuis 50 ans.
La retraite, c’est la vie qui continue, et pour nous les travailleurs qui ne tirons pas nos revenus de la propriété lucrative, la vie c’est la lutte collective, car nos ennemis nous ont déclaré la guerre depuis longtemps, et leur soif d’argent, de possessions et de pouvoir est proprement sans limite. Pour nous retraités, comme pour tout être vivant sur cette terre, le moment du « vrai repos » n’a pas encore sonné… Nous n’entrons pas d’un coup dans un monde apaisé, ou rêvé de « bisounours », ou dans les recommencements de l’enfance. Rien ne vient justifier le renoncement, ni le consentement à l’injustice. Jusqu’au bout, dans la mesure de nos capacités, tous ensemble, la lutte continue !


LA GRATUITE DE LA SANTÉ

Les taux de couverture de soins courants sont passés de 80 à 60%, ce qui explique qu’aujourd’hui 4 français sur 10 renoncent à se soigner, une partie pour cause financière et le reste pour délais d’attente trop importants.

santé

La campagne électorale de ce début d’année 2017 est l’occasion de surenchères sur le sujet : la sécurité sociale réservée aux prestations lourdes et le reste aux compagnies d’assurance et autres mutuelles, la fusion des mutuelles dans la Sécurité sociale, le remboursement à 100%, etc. Or, le 100% dans l’état actuel des tarifs reviendrait à rembourser la monture de lunettes à 12 €, les verres à 7 € chacun, et l’implantologie dentaire à zéro. Jean-Paul Benoît, président le la Fédération des mutuelles de France, dans une déclaration à la presse suggère un remboursement de la Sécurité sociale à 100 % sur la base de tarifs opposables. Ce qui implique une nomenclature beaucoup plus large que ce que nous connaissons, une négociation de tarifs suffisamment élevés, une suppression des dépassements d’honoraires, des forfaits hospitaliers, etc. Or, la clarté du propos se résumerait peut-être dans la question : pourquoi pas la gratuité des soins ?

Pour conserver à la Sécurité sociale son caractère solidaire il faut éviter sa fiscalisation. Historiquement, son financement est assuré par prélèvement sur la création de richesse (cotisations des salariés et des patrons). On observe cependant que la part des employeurs est passée en 30 ans de 67 à 44 % des salaires avec beaucoup de disparités. Les entreprises du CAC 40 ne cotisent plus que sur 3 à 5 % de leur masse salariale, alors que les PME et TPE paient sur la totalité des salaires versés. Or, Jean-Paul Benoît suggère que tous les employeurs paient sur la totalité des richesses produite, prenant en compte tous les revenus de l’entreprise.

Le budget de la Sécurité sociale doit rester indépendant et déconnecté de celui de l’État si l’on tient à respecter le principe de redistribution des richesses produites.


Congrès UCR à BORDEAUX du 13 au 17 mars 2017 : du sérieux, du plaisir et de l’optimiste !

Le Congrès Confédéral des Retraites CGT (UCR : Union Confédérale des Retraités) s’est tenu en mars à Bordeaux.

Il a rassemblé environ 420 délégués, représentant les organisations professionnelles (Unions Fédérales des Retraités) et les organisations territoriales (Unions Syndicales de Retraités), à part à peu près égale. Michèle DOUVILLE était présente dans la délégation de la FERC (avec 4 autres camarades) et Régine BISTON était mandatée par l’USR des Vosges.

Les débats ont été très riches, parfois vifs mais toujours avec la volonté d’aller de l’avant et de décliner de façon pragmatique les orientations du 51eme Congrès confédéral de Marseille : comment conforter la place des retraités dans la société et dans la CGT ?

Quelques-uns des thèmes abordés :

  • La carte syndicale permanente : comment arrêter l’hémorragie du nombre de syndiqués au départ de l’entreprise (retraite ou fin de carrière voulue ou non) ?
  • La sécurité sociale à 100% ; la place des complémentaires (retraite et santé) ; les dépassements d’honoraires ; la dépendance ; la fin de vie…
  • Comment mieux coordonner l’activité syndicale entre UFR et USR ? Le retraité n’est pas qu’un ex-salarié, il est aussi un citoyen qui a des revendications à défendre là où il vit (accès aux services publics de proximité, à la culture, aux loisirs…).
  • La solidarité entre les travailleurs, quelque soient leurs origines géographiques. La situation des travailleurs immigrés – qu’ils vivent leur retraite dans leur pays d’origine ou en France où ils ont exercé un travail souvent pénible – n’est pas la même.
  • les luttes convergentes au sein de l’Union Européenne pour tirer vers le haut les droits à une retraite digne ont besoin d’être développées

La liste est loin d’être exhaustive. Les débats, les interventions seront très prochainement publiés dans Vie Nouvelle et sur le site de l’UCR, ainsi que l’intégralité des textes adoptés. A chacun d’y satisfaire sa curiosité !

Le document d’orientation (feuille de route pour les 3 années à venir) a été adopté à 96,8% sur 95,5% d’exprimés. La préparation de ce Congrès avait été faite par la tenue de 9 forums dans les régions qui avaient réuni plus de 1000 participants, ce qui peut expliquer en partie un climat combattif mais serein, sans « querelles » stériles. De plus, les croquis instantanés sur écran géant de Pierre CORNELOUP, le dessinateur bien connu et apprécié des lecteurs de Vie Nouvelle, ont servis de thérapie de groupe : quand les esprits s’échauffaient un peu, quelques caricatures, 2 ou 3 mots entre tendresse et férocité, les rires éclataient dans la salle et la sérénité était retrouvée ! La nouvelle Commission Exécutive, renouvelée à 44%, respecte la parité et a été élue par 100% du Congrès, ce qui est assez remarquable. 72 militants avaient été mis à disposition par les organisations pour 54 sièges mais les rancœurs qu’on peut parfois déplorer n’ont pas été invitées à ce Congrès…

Impression générale : une CGT Retraités rassemblée, respectueuse de chacune et chacun, ouverte vers l’avenir et déterminée à aller de l’avant. La sinistrose a été interdite de séjour pendant une semaine, ça fait du bien !

Mention particulière à toute l’organisation du Congrès. Bravo et merci : aux militants de Gironde (environ une soixantaine), de LSR qui a pris en charge les sorties, visites et animations culturelles, à la CE sortante qui a fait un travail phénoménal pour la réussite de ce Congrès !

Nous avons 3 années devant nous pour que le prochain soit encore meilleur !


Flash culturel

Bande dessinée à lire : UDAMA CHEZ CES GENS-LÀ

Nous avons tous croisé dans les mes de nos villes, ces « nounous », souvent d’origine africaine, promenant dans une poussette, une nichée d’enfants pâles. Des femmes qui entrent dans l’intimité de nos maisons pour s’occuper des enfants, des personnes âgées ou des tâches ménagères. Mais que savons-nous de leur vie ? Qui s’occupe de leurs enfants ? Quelles sont leurs conditions d’existence ?

Le livre Udama chez ces gens-là, dont Zelba signe scénario et dessin, nous invite chez Claire et Hervé, un couple parisien très aisé. Belles situations professionnelles, bel appartement et une petite fille de quelques mois dont Udama, jeune femme malienne, va venir s’occuper à leur domicile.

Douce et maternelle (elle à deux enfants), Udama est parfaite mais, vite, Claire comme Hervé vont sortir du cadre…

Évitant les clichés, Zelba analyse finement les égoïsmes et le manque d’empathie qui président aux relations interpersonnelles, brossant un tableau juste des nombreux maux d’une société rude et inégalitaire. D.B.


Vos remarques, vos écrits, idées illustrations réflexions sont les bienvenus pour nos prochains numéros de l’Afpaïenne.
À adresser au Syndicat CGT-AFPA / Bureau national des retraités…


 

91 visites au total, 1 aujourd’hui

BN des Retraités CGT AFPA du 7 septembre 2017
Mobilisation des retraités et retraitées le jeudi 28 septembre 2017