Bulletin d’information des retraités de l’AFPA n° 8 de mars 2018


LE CONGRÈS DU SYNDICAT un acte démocratique déterminant

Dans une période marquée par l’attaque en règle de l’ensemble des Services Publics (services de proximité, santé, formation, transports, …), sous prétexte de non rentabilité et d’absence de profits financiers ;

Dans un contexte caractérisé par la mainmise des puissances financières sur toute l’activité socio-économique, au détriment du plus grand nombre et de la satisfaction de leurs besoins sociaux ;

Dans un moment historique où les détenteurs des moyens de communication relaient et imposent la seule vision capitaliste des enjeux et des solutions aux problématiques humaines, sociales et environnementales, niant toute alternative idéologique et développant la pensée unique et l’appauvrissement de l’esprit critique ;

Le Congrès du Syndicat CGT-AFPA constitue un temps fort de réflexions, de confrontation d’idées et de prises de décision pour défendre et améliorer la situation des salariés et préparer les luttes à venir.

Espace privilégié de débats et d’échanges, de mobilisation collective, il conditionne l’avenir et l’impact de l’action syndicale, la représentativité et la crédibilité de nos engagements et de nos revendications.

Le Bureau National des Retraités invite les camarades syndiqués retraités à se saisir des textes préparatoires (voir note) pour en discuter, les partager et les enrichir ; il les appelle à participer activement à la réussite du Congrès qui aura lieu du 24 au 27 avril 2018 à Monastier-sur-Gazeilles (Haute-Loire).

Note : 3 textes sont soumis aux congressistes :

  • Thème 1 : l’avenir de l’AFPA
  • Thème 2 : la démarche revendicative
  • Thème 3 : quelle qualité de vie syndicale ?

QU’EST-CE QU’UN SERVICE PUBLIC ?

Notre pays a besoin d’un service public de la formation professionnelle. Depuis de trop nombreuses années, le pouvoir issus des élections successives et à coups de fausses réformes l’ont abaissé, rapetissé, oubliant à la fois les besoins des citoyens désireux d’améliorer leur qualification professionnelle et les besoins de l’économie nationale en matière de compétences humaines.

Il est nécessaire de retirer le service public des aléas et des soubresauts de la concurrence ou des choix politiques liés aux élections. Dans la concurrence, la formation professionnelle est au service des intérêts privés qui n’ont d’autre but que la mise en valeur et la rentabilité de leurs investissements.

La valeur que produit le service public de la formation professionnelle est tout autre : c’est l’augmentation de la puissance d’agir de chacun, quelle que soit sa condition, par la qualification et son élévation. En parallèle à cette valeur publique, offerte à tous, le service public vise la qualité, non plus comme moyen de rentabilité financière, mais comme valeur d’usage : des savoir-faire réels et maîtrisés, dont la durabilité dans le temps, les applications à de multiples situations professionnelles constituent en chaîne les ressources à d’autres productions humaines de qualité.

Seules ces conditions permettent la reconnaissance de notre travail à l’Afpa, quand le travail retrouve son sens : améliorer la vie des usagers. Il permet aussi la reconnaissance des salariés de l’Afpa, par la qualification également, par le salaire et la possibilité de croître en compétences, par les initiatives et les responsabilités, et au-delà, par les possibilités d’évolutions de carrière. Tout cela grâce à des collectifs de travail et des coopérations entre organismes publics, car nous ne sommes jamais isolés dans la chaîne de production. Les progrès de chacun sont nourris des progrès des autres et réciproquement.

Seul un service public peut satisfaire nos valeurs nationales et républicaines, dont la première est l’égalité : égalité de traitement de tous nos usagers, égalité d’accès quel que soit le lieu de résidence. Ce qui suppose un réseau de centres de formation partout, et le refus des fermetures.

Égalité d’accès également, quel que soit le niveau scolaire ce qui implique la restauration de services d’accompagnement, afin de préparer les usagers, de construire des parcours de formation adaptés.

Le service public fonctionne afin d’améliorer les compétences individuelles et collectives des habitants grâce à une institution pérenne et stabilisée, à l’abri des conjonctures économiques et politiciennes, comme tous les services publics.

Si la marchandise est soumise à la concurrence, comme valeur susceptible d’alimenter la rentabilité du capital, il en va tout autrement de la formation professionnelle. Celle-ci n’alimente que le bien-être commun.

A l’heure où le macronisme cible son offensive contre les fonctionnaires et les cheminots, nous sommes bien placés à l’Afpa pour savoir qu’un service public ne peut exister sans son corollaire : un statut pour un personnel qui porte la mission de service public et la met en œuvre dans la réalité de la vie de la population. C’est la raison d’être de la Cgt.


Et maintenant les cheminots

C’est à une attaque brutale du capitalisme que nous assistons depuis quelques semaines à la SNCF, terrain actuel de la lutte des classes, au même titre que l’AFPA. Le pouvoir politique, bras armé du patronat dominant, ne s’attaque pas par hasard au statut des cheminots. Tant qu’il existera, le service public ne pourra pas être découpé en morceaux et privatisé par lots. L’État s’est appliqué à mettre sur le dos de la SNCF des dettes abyssales au lieu de les assumer lui-même, et comme à l’hôpital il cherche à casser la solidarité des travailleurs qui représentent le plus solide rempart du service public. Cette bataille s’inscrit plus largement dans une offensive qui se veut décisive, classe contre classe, y compris dans le privé avec la casse du droit du travail ou la loi Pacte (élargissement de l’intéressement au détriment des salaires) et la perte des CHSCT.

Le statut du personnel est le pilier du service public. Souvenons-nous de France-Télécom ou EDF. La stratégie a été la même. C’est le ciment d’une compétence collective de haute qualité, c’est le garant de la sécurité de l’usager et de la continuité du service en toutes circonstances.

La bataille qui s’engage avec les cheminots ne concerne pas que les cheminots. La reconquête du service public passe par la lutte pour un statut du personnel préservant la fidélisation des salariés, leur sécurisation et une haute compétence collective. À l’AFPA comme à la SNCF et ailleurs, c’est par le statut que les travailleurs parviendront à reprendre en mains le service public dont l’usager a besoin.


Ces camarades sont dans nos mémoires

Gilbert Maynard nous a quittés le 30 novembre à l’âge de 83 ans des suites d’une vilaine maladie. Il était le trésorier de la section des retraités d’Aquitaine depuis sa constitution en 2006.

Ouvrier plombier chauffagiste puis artisan à Bègles, il est reçu Premier ouvrier de France dans cette corporation, session de 1961. Il entre à L’AFPA en 1973, ou il rencontre Éliane durant le stage pédagogique, qui deviendra plus tard son épouse. Tous deux affectés au Centre de Bordeaux-Caudéran, ils y militeront ensemble dans la section CGT.

Gilbert était de ces camarades méticuleux, posés et réfléchis sur qui l’on pouvait compter en toutes circonstances. Élément modérateur et médiateur, il était, partout où il est passé, apprécié pour ses grandes qualités. Le Bureau national des retraités adresse à Éliane ses plus affectueuses pensées.

Marcel PIC a rejoint fin 2017 Michel TAVE dans nos mémoires : ils ont travaillé ensemble comme moniteurs au Centre AFPA de Rillieux-La-Pape et ont longtemps milité au syndicat CGT-AFPA au niveau local et régional. Le B.N.R. transmet à la famille de Marcel ses pensées amicales de solidarité.

Michel AVENTURIER s’est éteint en ce début 2018 des suites d’une longue maladie : ancien psychologue du travail, il a intensément œuvré au Syndicat CGT-AFPA et à l’interprofessionnelle dans sa région en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Le B.N.R. s’associe à la peine de sa famille et l’assure de sa solidarité.


Non à la baisse des pensions

Au 1er janvier 2018 la CSG a augmenté de 1,7 point. Une augmentation de 25 %, pour la plupart des retraités, provoquant une baisse nette des pensions de plusieurs centaines d’euros par an.

Merci monsieur le Président pour ces étrennes…

Selon le gouvernement, il s’agit d’un ” effort pour les jeunes générations “. Les retraités n’ont pas attendu le Président Macron pour faire preuve de solidarité et cette nouvelle baisse de leur pouvoir d’achat réduira l’aide qu’ils apportent déjà aux jeunes générations.

Cette nouvelle baisse des pensions s’ajoute à une liste déjà longue de diminution du pouvoir d’achat des retraités : la CASA de 0,3 %, la suppression de la 1/2 part fiscale pour les veuves et veufs, la fiscalisation de la majoration familiale et le blocage des pensions pendant 4 ans.

Et comme si ça ne suffisait pas, la pension de 2018 sera à nouveau gelée et les complémentaires bloquées pour très longtemps.

D’autres choix budgétaires sont possibles

La suppression de l’ISF pour les patrimoines boursiers et la mise en place d’une taxation plafonnée à 30 % pour l’imposition des dividendes représentent 4,5 milliards d’euros de cadeaux faits aux plus fortunés. Ensuite, le gouvernement met en avant le déficit budgétaire provoqué par lui-même avec de telles pertes fiscales pour imposer de la rigueur et de l’austérité au reste de la population. C’est dans ce cadre qu’intervient la hausse de la CSG.

En France, les 39 milliardaires en dollars ont vu leur fortune grimper de 21 % au cours de cette seule année 2017, atteignant, au total, 245 milliards. Sur les vingt dernières années, les dix plus grandes fortunes françaises ont augmenté de 950 % ; bien loin des 35 % d’inflation dans la même période. Le CAC 40 a progressé de 9,26 % cette année, bien loin de la progression des salaires et des pensions.

Dans toute le France, en manifestant le 15 mars vous montrerez au gouvernement votre refus total de tels choix budgétaires.

Les retraités ne sont pas des privilégiés !

ils revendiquent :

  • Pas de pension inférieure au smic Le retour à la revalorisation annuelle de toutes les pensions et retraites au 1er Janvier.
  • L’indexation des pensions en fonction de l’augmentation du salaire moyen.
  • Le maintien et l’amélioration des pensions de réversion sans conditions de
    ressources.
  • Le rétablissement de la 1/2 part fiscale et l’exonération fiscale des majorations familiales.
  • Le maintien et le développement des services publics de proximité.

SYNDICAT CGT DE L’AFPA
Bureau national des retraités
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Question sénatoriale du 29 mars à la ministre du travail
Déclarations CGT au CCE du 6 mars 2018