logo CGT AFPALes militants de la CGT AFPA, réunis en Congrès du 23 au 27 avril 2018, s’adressent aux salarié·e·s de l’AFPA

congrès CGT AFPA 2018

De nouveau, l’AFPA doit faire face à des situations inquiétantes.
Muriel Pénicaud, ministre du Travail, a annoncé le 10 avril dernier un nouveau « plan stratégique à long terme » pour l’AFPA, sur lequel le gouvernement comptait « travailler cette année », estimant nécessaire de « repenser le modèle ».

Une semaine auparavant, au cours du Conseil d’administration du 3 avril et de la rencontre entre la directrice générale et les organisations syndicales qui a suivi, des annonces avaient été faites qui permettent d’avoir une petite idée sur ce « plan stratégique » et ce nouveau « modèle ».

Un plan stratégique afin que l’AFPA « soit concentrée sur des missions de service public », ainsi que l’a prétendu Muriel Pénicaud ? Un « modèle » qui permette d’en finir avec les conditions de travail épouvantables, avec la destruction au quotidien de nos métiers ?

Pas vraiment, c’est le moins qu’on puisse dire. Les responsables de l’AFPA ont, entre autres, annoncé le 3 avril :

  • L’abandon de toute idée de développer l’activité de l’AFPA : l’État ne veut plus payer, retour à l’équilibre financier et à la réduction de la voilure de l’Agence ;
  • La fermeture des « sites inadaptés » ;
  • La fermeture des GRN « non rentables » ;
  • La « cueillette aux diplômes ne marche pas » : en clair, l’objectif qualifiant doit être mis de côté pour aller vers l’employabilité immédiate ;
  • La remise en cause d’une rémunération des salariés jugée trop élevée ;
  • L’externalisation de l’hébergement et de la restauration ;
  • La refonte de nos métiers ;
  • La mobilité professionnelle et géographique généralisée (non volontaire) ;
  • La remise en cause du temps de travail des formateurs ;
  • La réduction des personnels des fonctions support, du siège, de l’encadrement (des formateurs pour encadrer les formateurs).

Tout cela fait furieusement penser à d’autres plans stratégiques, ceux-là mêmes qui ont conduit à la situation actuelle. Comment imaginer une seule seconde qu’une amélioration de nos conditions de travail et du service rendu aux usagers puissent en résulter ?

Curieusement, au cours de la même réunion du Conseil d’administration du 3 avril, le cabinet Roland Berger (conseil en stratégie d’entreprise) a présenté un diagnostic, dont certains éléments ne corroborent pas les orientations décidées par ailleurs. En particulier, le diagnostic identifie ce que sont, selon le cabinet Roland Berger, les « forces de l’AFPA » :

  • La présence sur les sites de formation d’infrastructures de formation lourdes ;
  • Une véritable ingénierie  ;
  • La performance du retour à l’emploi des stagiaires de l’AFPA (considérée par ailleurs comme supérieure de 2 à 10 points à celle d’autres grands organismes de formation) ;
  • L’expertise de l’appareil de formation ;
  • Le maillage territorial de l’AFPA.

Le bon sens voudrait qu’on renforce de toute urgence ces forces, que l’AFPA a su jusqu’à présent en partie préserver. Les mesures annoncées vont les percuter de plein fouet.

  • Ce qui a permis l’existence d’infrastructures lourdes sur les sites de formation, ce sont des investissements financiers publics, et plus ça va, plus ces investissements font cruellement défaut.
  • Ce qui rend possible la performance de l’AFPA pour le retour à l’emploi, c’est, entre autres, mais de manière déterminante, l’accès à une certification diplômante, le Titre professionnel.
  • La condition de l’expertise de l’AFPA et de son ingénierie ? Des personnels qualifiés, sécurisés et stables, en capacité d’apporter leur réelle expérience professionnelle. On ne sortira pas de leur situation de précarité des demandeurs d’emploi et des actifs fragilisés avec des personnels eux-mêmes précaires.
  • Que deviendra le maillage territorial de l’AFPA si des sites de formation sont fermés ?

Le nouveau plan stratégique concocté par Muriel Pénicaud et la direction générale de l’AFPA est une déclinaison de la réforme de la formation professionnelle que le gouvernement veut faire voter par le Parlement au cours des semaines qui viennent : un nouveau tour de vis budgétaire pour les dépenses publiques, la remise en cause du droit à la formation des personnes (suppression du CIF), le formatage et le calibrage de la formation sur seuls besoins immédiats des entreprises, des objectifs d’employabilité immédiate des personnes au détriment de l’accès à la qualification et sa reconnaissance salariale…

De telles orientations sont sans issue et mènent l’AFPA dans le mur. D’autant que, nous en sommes absolument convaincus, il est possible et il est nécessaire de faire autrement.

Ce que nous, militants CGT, nous voulons, c’est :

  • reconquérir pour les personnes le droit à se former, à se qualifier, à s’émanciper,
  • reconquérir et remettre sur pied une AFPA efficace,
  • reconquérir notre outil de travail,
  • reconquérir des conditions de travail normales,
  • reconquérir un travail qui ait du sens.

Mais il n’y a pas grand-chose à attendre du gouvernement et de la direction générale de l’AFPA. Seule la construction d’un rapport de forces plus favorable pourra enrayer la machine infernale qu’ils veulent mettre en route. L’heure aujourd’hui est à l’action.

Nous, militants CGT, estimons qu’il est notre responsabilité, et de celle de toutes les organisations syndicales de l’AFPA d’organiser ensemble, et avec vous, des actions offensives et déterminées.

Ces actions doivent rendre incontournables notre opposition à la démolition de l’AFPA, alerter l’opinion et obtenir son soutien, porter des contre-propositions de nature à restaurer l’efficacité sociale de l’AFPA et imposer un modèle cohérent avec l’utilité sociale.

Nous allons nous y employer dans les jours qui viennent, mais nous avons besoin de vous, de votre implication, de votre vigilance. Nous avons besoin de vos idées et de vos initiatives partout, sur chaque site de l’AFPA.

Nous devons lutter avec la même efficacité que celle que nous avons su mettre en œuvre ces dernières années.

Dans l’immédiat, nous appelons les salarié·e·s de l’AFPA à se mettre en grève et à prendre part derrière leurs banderoles aux manifestations organisées le 22 mai dans toute la France contre la démolition des services publics, dont celui de la formation, aux côtés des salariés de la SNCF, d’Air-France, de la Fonction publique, des hôpitaux, des EHPAD, de l’EDF, de la justice, des étudiants, des retraités et d’autres.


Monastier-sur-Gazeille (Haute-Loire), le 25 avril 2018

Pétition pour l'annulation de la hausse de la CSG...
Intervention des représentants des salariés au CA du 26 avril 2018