Lettre ouverte à Monsieur le président du syndicat CFE-CGC de l’AFPA

Un courrier de la CGT AFPA Siège et Dispositif itinérants


Monsieur,

Vous ne nous connaissez pas, certains d’entre nous vous ont plusieurs fois serré la main sans avoir échangé hormis quelques banalités. Pourtant vous n’hésitez pas à jeter le discrédit sur les raisons de notre engagement syndical en le réduisant à une volonté de « protection ». Vous mettez en doute notre honnêteté et notre probité, vous jetez l’opprobre sans nous connaître et vous vous permettez de nous juger, ce que nous n’acceptons pas.

Nous sommes adhérents d’une des Organisations syndicales sur laquelle vous avez fait le choix de jeter l’anathème et nous faisons partie des 396 ETP que vous ostracisez par vos sous-entendus.

Sachez, monsieur le président de la CFE-CGC, que tous ces délégués, déchargés, mandatés comme vous les nommez, sont avant tout des salariés de l’afpa qui ont choisis de s’engager pour la défense du personnel.

Ce ne sont pas des « pourris » comme vous le laissez sous-entendre dans votre message. Nombre d’entre eux ont une activité professionnelle et y ont laissé leur possibilité de progression professionnelle dans leur engagement. Très peu de ces représentants et élus sont déchargés d’activité professionnelle, d’ailleurs, parmi ces déchargés d’activités, votre organisation y tient une part non négligeable.

Sur la raison de votre message :

Il aurait été judicieux, voire plus honnête intellectuellement, de préciser que cet accord de prorogation des mandats a été proposé par la direction de l’AFPA à l’issue d’une réunion organisée par cette dernière.

Il aurait été plus honnête aussi, de préciser les raisons de cette prorogation.

Comme vous ne pouvez l’ignorer, un plan d’entreprise va être mis en place à partir de septembre au niveau de l’AFPA et celui-ci risque d’affecter un grand nombre de salariés.
Dès lors, il aurait été très difficile, voire impossible, d’organiser des élections dans le même temps qu’une consultation sur un « plan d’entreprise » et la mise en place de celui-ci, les délais de consultations des instances rendant impossible la tenue de ces élections. De plus, des délais contraints rendent impossible l’organisation de ces élections avant ce plan.

C’est pour cette raison que la direction de l’AFPA a proposé cette prorogation aux OS représentatives et que celles-ci l’ont signé au vu des éléments précités.

Il aurait été plus honnête également de préciser les raisons des précédentes prorogations.

La première : en raison d’un risque de devoir procéder à de nouvelles élections à cause du changement statutaire au passage en EPIC et à la création de la première filiale.

La seconde : en raison de la création d’une seconde filiale.
Ces changements entraînant de facto une modification de périmètre et rendant impossible la tenue des élections.

Nous sommes dubitatifs quant aux raisons de votre courrier.

Doit-on y voir une réaction épidermique suite à la proposition de la direction de reculer la date des élections ?

Ou peut-être avez-vous conscience que le positionnement de votre organisation par rapport aux orientations de l’AFPA risque de vous être préjudiciable ?

Cette vision étriquée de la réalité que vous tentez de donner ne peut que desservir la défense des salariés.
Vous donnez une image des représentants du personnel, des organisations syndicales dégradantes, rétrogrades et humiliantes.

Les salariés ne sont pas dupes et nous les laissons juges.

Pour finir, un engagement au service des salariés nécessite de grandes responsabilités.
Cela demande un engagement et une participation active aux différentes réunions, cela passe
également par le respect des instances.
Cela peut amener les élus quelques fois à prendre des risques pour la défense des salariés, d’ailleurs c’est pour cette raison que la protection des élus existe.

Ce sont les bases d’une démocratie saine, des personnes se présentent au suffrage, remplissent leurs obligations d’élus et se représentent éventuellement en défendant leur bilan. Autrement, cela laisse porte ouverte à toutes les supputations et rumeurs, dont il semblerait que vous vous délectiez, telles que : les élus ne pensent qu’à leur protection, ils sont élus pour ne rien faire, etc. 

Pourtant, Monsieur le Président de la CFE-CGC, les élus de votre organisation brillent par leurs absences, du moins sur le périmètre siège et dispositif itinérants.

En effet, depuis début 2015 (soit six mois après les élections), tous les élus de votre organisation ne daignent plus faire acte de présence aux réunions de comité d’établissement, de commissions du CE (ASC, emploi, conditions de travail, etc.). De plus, sans prévenir et sans aucunement s’excuser auprès des autres membres.

Aucune position, aucune question, aucun travail de votre organisation. Tant sur les bilans, le déménagement du siège et les expertises qui en ont découlées, aucune position et proposition sur la politique des ASC, aucune proposition visant à l’amélioration des conditions de travail des salariés du siège et dispositif itinérants.

Participer aux réunions et commissions dans le cadre de ses engagements et mandats fait partie du respect que tout élu doit avoir par rapport à ses mandats et surtout à ces mandants.

Il est facile de critiquer et de parler de « détournement de démocratie » quand on ne l’utilise pas, il est plus difficile de s’engager.

L’engagement au service des salariés nécessite quelquefois de se mettre en danger et c’est pour cette raison que les élus, représentants et délégués syndicaux bénéficient d’une protection.
Cette dernière est indispensable à tout élu et représentant d’une OS qui remplit ses obligations, elle évite des mesures de rétorsion.
Encore faut-il remplir ses obligations, ce qui n’est pas le cas pour les représentants de votre organisation, du moins pour le périmètre siège et dispositif itinérants.

Dans ce cas, nous vous l’accordons, cette protection est usurpée et nous nous posons des questions sur la véritable motivation des représentants de votre organisation sur le siège et dispositif itinérants.

Pour finir :

Nous faisons partie des 396 ETP que vous avez humiliés par vos propos. Nous sommes fiers de s’être engagés pour la défense des intérêts moraux et matériels, économiques et professionnels du personnel actif et retraité de la Formation Professionnelle des Adultes et des salariés travaillant pour ou dans les sites AFPA.

Nous ne serons jamais d’accord avec une organisation qui revendique le départ de salariés, nous défendons l’emploi, c’est dans notre ADN, celle de notre organisation syndicale et les raisons mêmes de notre engagement pour la défense du personnel.

Bien cordialement


Les élus et représentants (RS et DS) de la CGT AFPA siège et dispositif itinérants.

Montreuil, le 26 Juillet 2018.

2 déclarations au CE siège et dispositif itinérants du 17 octobre 2018
Déclarations au CE Siège et Itinérants de juillet 2018