L’État met l’AFPA à sec.

Manif MarseilleLa CGT alertait déjà le 16 novembre 2017 à propos de l’assèchement des fonds régionaux alloués à la formation, c’est aujourd’hui l’État qui met l’AFPA à sec.

L’annonce du nouveau plan stratégique de l’AFPA en pleine réforme de la formation professionnelle inquiète la CGT. Les formateurs craignent la fermeture de 42 centres dont Gap et Nice et la suppression de 1 500 postes dont 120 dans la région.

Le point de la situation avec un responsable syndical :

« Un tiers des effectifs va disparaître », redoute fortement François Cristiani, formateur à l’Agence de formation professionnelle des adultes (AFPA) depuis 2005 et syndicaliste CGT. La mise en place d’un plan stratégique à l’AFPA a été annoncée par la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, pour cet automne. Accompagné par « la signature d’une clause de confidentialité par les cadres pour ne pas communiquer les informations aux personnels », dénonce François Cristiani, ce plan met le feu aux poudres.

Et « la première étape a démarré : la formation maçon a disparu et une fois les derniers stagiaires formés, c’est la section froid et climatisation qui ferme. On va démanteler un plateau technique de 2 millions d’euros », ne décolère pas le formateur. Ainsi, sur le site de Marseille la Treille, où il exerce, « au lieu d’un millier de personnes, on en a que 150 en ce moment ». Ces fermetures de sites représentent un « handicap de plus pour les personnes en formation qui ne trouveront rien à proximité de chez elles et devront payer un loyer ou un transport », ajoute le syndicaliste. à Marseille, l’AFPA dispose de près de mille places d’hébergement.

Formations low-cost

Outil de formation par excellence de l’État, depuis 72 ans l’AFPA dispense au terme de 6 à 11 mois une qualification inscrite au répertoire national de certification professionnelle. L’organisme affiche un taux de réinsertion dans l’emploi de 66 %. Mais de cette qualité, le gouvernement n’en veut plus. Subventionné par l’État, l’AFPA a vu sa dotation divisée par 10 et s’est retrouvée précipitée dans le marché de la concurrence face à une myriade de boîtes de formations privées qui ne proposent que quelques dizaines d’heures en général. En 2015, avec l’arrivée de Christian Estrosi (LR) à la Région, l’achat de formations à l’AFPA est passé de 36 à 9 millions d’euros.

« C’est un plan social », conclut François Cristiani, et dans la droite ligne du projet de loi « avenir professionnel » qui propose de monétiser le CPF.

Le député communiste des Bouches-du-Rhône Pierre Dharréville en a dénoncé les contours dès juin, exprimant ses craintes « à l’égard de la déstabilisation du système de formation professionnelle et en terme d’aggravation des inégalités déjà présentes dans le monde du travail ».

La CGT lance une campagne d’interpellation des parlementaires à partir de cartes postales.

Publié dans La Marseillaise par Myriam Guillaume

CRE Provence-Alpes-Côte d’Azur août 2018
La Rascasse n° 6 (PACA)