repasPLUS DE PRISE EN CHARGE DE LA RESTAURATION DU MIDI POUR LES STAGIAIRES ? UNE DÉCISION DU CONSEIL RÉGIONAL QUI REMETTRAIT EN CAUSE L’ÉGALITÉ D’ACCÈS A LA FORMATION !


Selon l’information reçue du Directeur Régional AFPA, en CRE Limousin du 20 juin dernier,  le dernier appel d’offre du  Conseil Régional Nouvelle Aquitaine, auquel l’AFPA vient de répondre, n’inclurait plus la restauration du midi.

Le mois dernier, nous avions eu une frayeur en découvrant que la convention avec le Conseil Régional, pour l’hébergement et la restauration du soir, prévoyait un montant de subvention inférieur de ¾ par rapport à celui de 2016 (200 000 euros au lieu de 800 000). Finalement, après contestation de l’AFPA, la convention a été revue et la dernière version présentée ce mois-ci aux élus rétablit les montants dans les normes précédentes. Si cette nouvelle se veut rassurante, heureusement toutefois qu’elle n’a pas endormi notre vigilance. Car, après questionnement sur le nouvel appel d’offre,  place à une nouvelle découverte et à une nouvelle frayeur.

Jusque-là, la contribution restauration (4 euros de l’heure) était comprise dans le prix de l’heure de formation. Cette prise en charge, qui permettait de proposer aux stagiaires des repas à prix modique (environ 4 euros), disparaitrait du nouvel appel d’offre et, selon le DR de l’AFPA, il ne serait pas prévu de compensation sous une autre forme (par exemple subvention).

La conséquence ? Des travailleurs déjà privés d’emploi vont être également privés du droit de se former !

Il suffit de regarder le barème des rémunérations des stagiaires de la formation professionnelle pour s’en convaincre :

  • 652 € par mois pour les travailleurs privés d’emploi justifiant d’au moins 6 mois d’activité salariée sur une période de 12 mois,
  • 310 €, 339 € ou 401 €, selon la tranche d’âge, pour les jeunes sans expérience professionnelle.

Pour ces personnes, l’accès à un hébergement et à une restauration gratuits, ou au moins à un tarif modique, conditionne tout simplement l’accès à une formation !

Autre conséquence ?  Une menace pour la survie de l’AFPA et pour nos emplois

  • Les stagiaires venant de loin pour suivre des formations peu implantées ne pourront plus s’inscrire par manque de moyens provoquant ainsi une baisse d’activité de l’AFPA
  • L’augmentation des prix de la restauration et de l’hébergement va avoir une incidence directe sur le taux d’utilisation mettant ainsi en péril ces services.

D’autant que cette décision en suit d’autres qui vont malheureusement dans le même sens. Il suffit de faire un parallèle entre la courbe descendante des crédits régionaux affectés à la formation professionnelle depuis 2009 et la courbe de nos effectifs AFPA.

Atteinte inacceptable au service public de formation !

Nous considérons que les droits universels inscrits dans la législation ont besoin de modalités d’exercice pour devenir réalité.

Les conditions de mise en œuvre, comprenant entre autres, les services de restauration et d’hébergement sont indispensables à l’usager pour réussir son parcours, de la qualification à l’emploi.

Garantir ces services intégrés, c’est permettre un égal accès pour tous à la formation car chacun sait que le niveau de rémunération, le logement, le transport, la restauration sont des freins à l’accès et/ou à la réussite des stagiaires en situation précaire. C’est donc assurer l’égalité de traitement des citoyens en permettant que la formation ne soit pas réservée qu’aux mieux lotis.

C’est la raison pour laquelle la CGT exige :

  • Le retour immédiat à une prise en charge régionale permettant l’accès à une restauration correcte et équilibrée, à prix modique, pour les personnes privées d’emploi.
  • Des crédits de formation à la hauteur des besoins sociaux dans la région.

CGT Limousin – 28 juin 2017