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Passage à l’EPIC, à quel prix ?

CRE Nord-Pas-de-Calais du 21 mars 2017

Notre région a vécu ce mois-ci un événement grave. C’est pourquoi nous avons choisi de ne communiquer, comme informations du CRE, que la déclaration de la délégation CGT lue en ouverture de la réunion du 21 mars dernier.

Après sa lecture, toutes les organisations syndicales de la région se sont associées à cette déclaration.


Déclaration CGT au CRE AFPA Nord-Pas-de-Calais de Douai Cantin du 21 mars 2017

La délégation CGT souhaite intervenir sur les événements qui se sont récemment passés dans la région en lien avec la tentative de suicide de notre collègue des cuisines de Cantin.

Un réel traumatisme a été subi, que ce soit au niveau de sa famille bien évidemment, mais aussi de ses anciens collègues de la restauration, ainsi qu’au niveau de tous ceux qui l’ont côtoyé depuis plus de 7 ans au self où il a toujours préparé et servi les repas avec un sourire ou un mot gentil pour chacun.

Après un coma de plusieurs jours, notre collègue est, semble-t-il, aujourd’hui physiquement hors de danger, même si une longue convalescence sera nécessaire à réparer ce traumatisme.

Nous tenons à remercier les salariés qui ont exprimé et envoyé un mot de soutien pendant ce moment difficile.

Dans le courrier qu’il a laissé pour expliquer son geste, il rend l’AFPA responsable de son geste malheureux, car celle-ci l’a complètement disqualifié en lui promettant un CDI puis en lui signifiant qu’il n’était pas capable, selon la direction, de tenir ce poste qu’il a pourtant assumé pendant plus de 7 ans assurant même parfois la fonction de chef de cuisine lors d’absences du titulaire.

Tous les niveaux de la hiérarchie étaient au courant de cette injustice et des risques qu’elle pouvait générer sur la santé de notre collègue.

En effet :

  • L’équipe de direction locale avait été sollicitée pour que cette situation soit revue et que notre collègue obtienne un CDI.
  • La direction régionale avait été saisie du sujet.
  • La direction générale également.

La volonté d’externaliser à tout prix le service de la restauration a été la plus forte, même si cela pouvait faire courir des risques pour la vie des salariés.

A ce jour :

  • Une expertise a eu lieu et met en évidence la présence de troubles psycho sociaux qui sont venus remplacer les risques psycho sociaux installés depuis des années et qui n’ont pas été traités.
  • Le CCE a dénoncé cet état dans une déclaration du 8 mars 2017 et un droit d’alerte sociale est déposé auprès de l’inspection du travail.
  • L’IC-CHSCT a voté une motion dénonçant cette situation de troubles psychosociaux générés par les pressions mises au personnel afin de réaliser le changement statutaire de l’AFPA.
  • Dans notre région, nous connaissons tous des personnes qui subissent des fortes pressions par des directions qui n’ont qu’une idée en tête : réduire l’effectif.

À l’ordre du jour de notre séance d’aujourd’hui un point consiste à proposer un système d’accompagnement des formateurs qui vont être sans activité, comme si il y avait une fatalité à laquelle il fallait habituer les salariés.

Tout cela fait étrangement penser au plan “next” qui a été mis en place à France Télécom lors de sa métamorphose en Orange.

Nous savons tous la série de suicides qui s’en est suivie.

Cette stratégie conduit la direction à :

  • Précariser d’avantage,
  • Mettre les salariés en perpétuelle situation de changement les déstabilisant sur le plan psychique.
  • Tenter de sanctionner pour des fautes qui n’ont pas de réelle existence.
  • Tenter de licencier pour inaptitude des salariés malades.
  • Tenter d’empêcher l’exercice du droit syndical.
  • Tenter de réduire l’accès aux congés.
  • Tenter de réduire le champ de responsabilités des salariés dans le cadre de leur travail.

Notre région est à la tête d’environ 20 000 jours d’arrêt maladie par an. Ceci est une situation inacceptable et parmi les nombreuses personnes à l’arrêt, un nombre important représentent un risque potentiel de situations graves.

Pour rappel, dans notre région :

  • Une tentative de suicide a eu lieu, il y a quelques mois à la DR, et un licenciement pour inaptitude a suivi.
  • Un suicide a eu lieu au mois d’août 2016, par un salarié CDD, 8 jours après sa fin de contrat. Il avait été plus ou moins promis un CDI à ce salarié, mais la promesse n’a pas été tenue.
  • Récemment notre collègue des cuisines tente également de se suicider après le traitement inhumain que l’AFPA lui a fait subir.

La CGT n’accepte pas que la santé et même la vie des salariés soient menacées par des pratiques de management inhumaines et la direction devra assumer ses responsabilités.

Pour cela,

  • Cette déclaration sera transmise à l’inspection du travail qui aura pleine connaissance de notre situation.
  • Le Procureur de la République va être saisi pour qu’une enquête ait lieu au niveau de la situation de notre collègue des cuisines.

Depuis des années :

  • La CGT demande à la direction de réduire la précarité dans la région en vain.
  • La CGT tente de faire reculer la signature de CDD illégaux au profit de CDI sur les postes dont l’activité est pérenne.

Il n’est pas question d’accepter qu’une « précarité ordinaire » s’installe dans le seul but de pouvoir atteindre un effectif avoué de 5 000 CDI. Nous étions environ 12 000 en 2009 et aujourd’hui nous sommes environ la moitié.

La direction proclame à qui veut l’entendre que 300 emplois CDI seront supprimés par an pendant plusieurs années. Cette information est relayée dans notre région par la suppression de 30 CDI par an puisque nous représentons environ 10 % de l’AFPA. Cet objectif est complété par une baisse du nombre de CDD également.

La direction envisage de rendre plus mobiles les CDI :

  • En leur imposant une polyvalence contraire aux critères qualitatifs.
  • En leur organisant un nomadisme au jour le jour.

La casse a assez duré !
La direction doit changer de stratégie !
La CGT y veillera et si combat il doit y avoir, combat il y aura !
L’AFPA ne sera pas un nouveau France-Télécom !


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