logo CGT AFPA« Prépa compétences » : une nouvelle activité pour l’AFPA, financée par les Pouvoirs publics !

Le syndicat CGT salue la décision des Pouvoirs publics de confier une nouvelle activité entrant dans ses missions nationales de service public au sein du Service Public de l’Emploi (SPE). Intitulé, pour l’heure, « Prépa compétences », cet appui à l’élaboration du projet professionnel pour les publics ciblés par le Programme d’Investissement dans les Compétences (PIC) du gouvernement est une prestation d’accompagnement associée au Conseil en Évolution Professionnelle (CEP). Elle s’inscrit dans un partenariat Pôle Emploi / AFPA.

L’ambition affichée d’accompagner vers l’accès à la qualification et à l’emploi les personnes les moins qualifiées est une alternative louable au « chacun pour soi selon ses droits acquis », dorénavant prévalant avec le compte personnel de formation (CPF), monétisé par le gouvernement. D’autant plus si les engagements de prendre en compte la personne dans sa globalité et ses spécificités sont tenus. Ainsi, il serait encore possible d’apporter une offre de services, mobilisée pour chacun·e selon ses besoins pour lui permettre de se préparer à aller en formation ou à l’emploi par la pratique.

C’est un signal positif aux exigences réitérées de la CGT d’un développement de l’activité de l’AFPA.
Cependant, la CGT considère qu’il ne faudrait pas que cette nouvelle activité se substitue aux activités de formation, même si le niveau d’activité financé par les conseils régionaux n’a jamais été aussi bas ! Par ailleurs, les modalités de financement devraient permettre la couverture des moyens mobilisés, indépendamment des effectifs de demandeurs d’emplois adressés par Pôle Emploi présents dans les ateliers du parcours. En effet, on nous parle de facturation par demi-journée de prestation effectuée par nos salariés, au juste coût.

C’est pourquoi la CGT dit « Banco !!! », mais pose plusieurs conditions :

  • Faire de cette prestation une vitrine de l’expertise de l’AFPA en matière de missions nationales de service public, déjà bien identifiées et reconnues (Déclic, HOPE ou même plus loin dans le temps, le Contrat d’autonomie ou le Contrat de Transition Professionnelle),
  • ce qui suppose la mobilisation de moyens performants tant en ressources humaines qu’en efficience technique,
  • afin d’optimiser l’utilité sociale au service de ces publics éloignés de l’emploi.
  • S’assurer que ce dispositif permettra aux bénéficiaires d’intégrer d’autres organismes de formation et se prémunir d’accusation de concurrence déloyale.

Pour la CGT, le cadre de mise en œuvre de « Prépa compétences » doit porter les principes suivants :

  • 1) Tout·e salarié·e doit pouvoir postuler sur les postes ouverts sur ce dispositif.
    HALTE aux magouilles locales pour positionner les « petits amis » ou, à l’opposé, imposer à des salariés sans activité une « reconversion » difficile ou mal accompagnée.
  • 2) Les règles d’équité doivent permettre un traitement collectif et impartial des candidatures.
    HALTE à l’élimination des postulants « mal vus » de la direction et à la promotion de moins formés, moins compétents, moins expérimentés…
  • 3) La régulation des impacts au niveau local doit se faire dans le cadre de collectifs locaux larges permettant de réguler et d’améliorer l’organisation des tâches, des activités, du travail et les conditions de travail.
    HALTE aux décisions unilatérales qui aboutissent à des dysfonctionnements, à l’inefficacité, à des frustrations, des frictions, voire des conflits.
  • 4) La mobilisation des moyens nécessaires pour du « bon travail » avec et par « ceux qui font et qui savent » pour assurer la réussite des publics reçus en répondant à la hauteur des besoins de chacun·e.
    HALTE aux traitements uniformisés et banalisés, à la non prise en compte des contraintes individuelles et qui laissent sur le bas-côté au nom de la seule considération économique.

Montreuil, le 13 juin 2018

CCE extraordinaire du 12 juin 2018
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