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La direction a lancé, le 17 février, un baromètre social censé « donner la parole » aux salarié·es et mieux comprendre leur vécu au travail.

Cette initiative intervient après des années de remontées des équipes, d’alertes portées par les élus et les organisations syndicales, d’expertises et de débats sur les conditions de travail, la charge, la perte de sens et les risques psychosociaux.
Autrement dit, tout ce que ce questionnaire est censé « découvrir » est déjà connu, documenté et signalé depuis longtemps.
Il est donc légitime de s’interroger.

Fallait-il réellement attendre un baromètre pour entendre ce qui s’exprime depuis des années dans les services, dans les centres, auprès des élus et des représentants du personnel qui relaient quotidiennement les difficultés du travail ?

Le baromètre est lancé alors même qu’il a été intégré à la dernière minute dans l’accord RPS aujourd’hui soumis à la signature des organisations syndicales, avec un délai fixé au 23 février.

Ce dispositif est donc déployé, sans savoir si l’accord sera signé ou non, sans véritable débat sur l’utilisation des indicateurs retenus ni sur la finalité des informations recueillies, notamment leur croisement avec des données pourtant essentielles en citant les bilans sociaux : absentéisme, licenciements, démissions, accidents du travail, turn-over, situations d’inaptitude…

Cela interroge profondément la manière dont sont considérés les temps de négociation et la place des organisations syndicales dans la construction des réponses aux difficultés de travail.

Son lancement intervient par ailleurs dans un contexte particulièrement lourd : annonces de fermetures ou de regroupements de centres, transformations de l’organisation, inquiétudes sur les moyens et absence d’orientations stratégiques claires.

Dans le même temps, une expertise nationale et plusieurs expertises régionales sont en cours sur les conséquences de la fermeture programmée des lieux de restauration collective, notamment sur les conditions de travail et la vie quotidienne des salariés. Le décalage entre les urgences du terrain et la réponse proposée ne peut qu’interroger.

Un baromètre social est un outil de mesure. Il peut, à un instant donné, mettre en évidence des tensions, révéler des situations de surcharge, de perte de sens ou d’épuisement des collectifs.
Mais il ne saurait se substituer aux alertes déjà exprimées ni aux multiples analyses existantes sous forme, notamment, de rapports d’expertises.

Sa pertinence dépendra donc entièrement de l’usage qui en sera fait et des décisions concrètes qui en découleront. À défaut, il ne constituera qu’un outil de communication supplémentaire, sans effet réel sur les causes des difficultés rencontrées par les salariés.

La CGT regrette que la diffusion de ce baromètre ait été engagée sans consultation préalable des élus du CSEC et sans transparence sur les indicateurs retenus. La CGT restera vigilante sur l’utilisation des résultats et sur les décisions qui en découleront.

La CGT souhaite notamment savoir comment la direction entend :

  • Restituer ces résultats aux représentants du personnel ?
  • Associer les organisations syndicales aux suites qui seront données ?

Mais aussi :

  • Les enseignements de ce baromètre ont-ils vocation à alimenter le DUERP ainsi que le PAPRIPACT afin de se traduire en actions concrètes de prévention avec un suivi transparent ?

Et, concernant le questionnaire lui-même :

  • Quelle place sera donnée aux verbatim : qui y aura accès, dans quelles conditions, et seront-ils communiqués aux représentants du personnel ?

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