
DÉCLARATION PRÉALABLE DES ELU-ES ET REPRESENTANTE CGT
Séance Plénière du CSEE SIEGE — 28 septembre 2026
Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les membres du CSEE,
Il faut d'abord être clair sur le sens des mots : ceci n’est pas un Plan de Sauvegarde de l’Emploi, c’est un plan de licenciements massifs ; ceci n’est pas un plan de transformation, c’est un plan de démantèlement de l’Afpa. Ce projet ne fait que constater et entériner l’échec du précédent plan de licenciements de 2018.
Derrière la froideur des chiffres et les termes administratifs, ce sont des femmes et des hommes, des familles, des compétences et des parcours professionnels qui sont directement menacés. Derrière chaque suppression de poste, il y a une personne et une trajectoire de vie bouleversée. Derrière chaque poste modifié ou déplacé se profilent la mobilité géographique contrainte, la dégradation des conditions de travail ou le départ forcé.
Depuis l'annonce initiale de la réorganisation lors des vœux du Directeur Général en janvier 2026, les salarié·es ont été laissé·es dans l'ignorance et l'incertitude. Ce manque de visibilité et ce flou prolongé ont créé un climat anxiogène et dévastateur, contribuant à une augmentation des Risques Psychosociaux (RPS), dont certains ont conduit à des Troubles Psychosociaux (TPS).
Au Siège, ce plan se traduit par une attaque frontale, voire une purge, contre les emplois et les missions.
Sur 1 072 postes, 119 seraient supprimés, dont 95 postes pourvus, pour seulement 36 créations.
La Direction Réseau et Opérations concentre à elle seule 92 suppressions de postes. La DIMT serait particulièrement touchée avec 79 suppressions de postes au sein des itinérant-es pour 7 créations, accompagnées de l’arrêt de 11 GRN sur 42. Ce sont ainsi des postes de formateurs et formatrices itinérant·es et des compétences mobilisables par les centres qui disparaîtraient, alors même que ces personnels interviennent notamment pour répondre aux besoins lorsque les centres ne parviennent pas à recruter. Réduire ainsi la DIMT et l’offre de formation revient à affaiblir directement la capacité de l’AFPA à répondre aux besoins des territoires et à assurer ses missions de service public.
Pour la délégation CGT, la formation professionnelle n'est pas une marchandise et les salarié·es ne sont pas une variable d'ajustement.
Tout comme l'hôpital ou l'école, l'AFPA n’a pas vocation à être rentable. La formation n’est pas un coût c’est un investissement.
À travers les salarié·es victimes de ce plan de licenciements, ce sont aussi des expertises, des expériences professionnelles, des compétences et des savoir-faire qui manqueront demain à l’AFPA. Et pourtant, les missions devront continuer à être réalisées, les activités à fonctionner et les objectifs à être atteints.
Dans ces conditions, les salarié·es qui resteront dans l'Agence risquent de voir leurs charges de travail s'intensifier, avec davantage de pression, de polyvalence et de responsabilités, au nom d'une recherche accrue de rentabilité.
Supprimer des emplois aujourd'hui pour demander demain davantage à celles et ceux qui restent ne constitue ni une réponse durable aux difficultés de l'AFPA, ni une réponse aux besoins des entreprises et de la société.
La CGT considère que cette procédure ne peut être réduite à l'examen comptable du nombre de postes à supprimer. Elle doit permettre d’examiner sérieusement toutes les alternatives aux licenciements, ainsi que les conséquences du projet : sur les missions de l’AFPA et sa capacité à assurer ses missions de service public ; sur l’égalité d’accès à la formation dans les territoires ; sur les conditions de travail et les risques psychosociaux ; et enfin sur la charge de travail des salarié·es maintenu·es en poste.
La CGT entend exercer pleinement ses prérogatives et obtenir de la Direction toutes les informations nécessaires pour apprécier la réalité de la situation économique, la pertinence des choix proposés et l'existence de solutions permettant de préserver les emplois.
Sans formaliser ici nos exigences précises, qui seront portées pied à pied au cours des échanges de cette séance, la CGT Siege alerte solennellement sur les conséquences de ce projet pour la santé, la sécurité et la dignité de l'ensemble des salarié·es. La CGT restera pleinement engagée à leurs côtés pour défendre leurs conditions de travail, leurs emplois et le maintien d'un service public de formation de qualité.
L’AFPA a besoin d’un véritable projet de développement, de moyens à la hauteur de ses missions et d’une politique publique ambitieuse en matière de formation professionnelle. Elle n’a pas besoin d’un nouveau sacrifice social.
La CGT vous le redit : ce plan ne résoudra rien. Sans perspective de développement, sans investissement et sans ambition pour l’AFPA, il ne fera que reporter les difficultés et accélérer le démantèlement de notre outil.
Supprimer des emplois et fermer des centres n’est pas un projet d’avenir. C’est organiser la disparition de l’AFPA. La CGT s’oppose à ce projet et le combattra avec les salarié·es et les élu·es.
Nous ne laisserons pas démanteler l’AFPA, supprimer ses emplois, affaiblir son maillage territorial et abandonner ses missions de service public et son rôle d'utilité sociale.
Fait à Montreuil, le 28 septembre 2026
Les Élu·es et Représentant·es du Syndicat CGT AFPA Siège