
Compte rendu du CSEC DU 24 SEPTEMBRE 2026
PSE : la Direction déroule son plan,
La CGT défend les emplois et les missions de l’AFPA
Réunion du CSEC du 24 septembre 2026 – Première réunion d’information-consultation sur le projet de réorganisation, le plan de licenciements et ses conséquences sur les conditions de travail.
Sommaire
La CGT dénonce un plan de licenciements, pas un projet d’avenir
Dès l’ouverture de la réunion, la CGT a rappelé son opposition à ce projet, qu’elle considère comme un plan de démantèlement de l’AFPA et comme l’échec du précédent plan de 2018.
Depuis les annonces du directeur général en janvier, les salarié·es vivent dans l’incertitude concernant leur emploi, leur centre et leurs conditions de travail. La Direction a laissé perdurer cette situation, avant de reprocher aux organisations syndicales de contribuer au climat anxiogène !
La CGT a dénoncé cette inversion des responsabilités : ce ne sont pas les syndicats qui sont à l’origine de l’inquiétude des salarié·es, mais les choix de la Direction et son absence de communication.
Les démissions, les inaptitudes, les arrêts de travail et la souffrance psychologique ne sont pas la faute des organisations syndicales.
La CGT a également fait état des échanges avec l’Inspection du travail concernant les témoignages de souffrance psychologique recueillis auprès des salarié·es des Hauts-de-France et l’alerte pour danger grave et imminent liée aux risques psychosociaux.
Notre position est claire : les salarié·es ne doivent pas payer le prix des choix stratégiques de la Direction et du désengagement de l’État.
Les chiffres et les grandes orientations présentés par la Direction
La Direction justifie son projet par la dégradation du marché de la formation professionnelle, la baisse de la commande publique, la diminution des financements de France Travail et des Conseils régionaux, ainsi que par l’intensification de la concurrence.
Elle évoque notamment une baisse de 25 % du chiffre d’affaires et un excédent brut d’exploitation négatif de 124 millions d’euros en 2025.
Pour la Direction, l’objectif est de retrouver un équilibre financier à l’horizon 2029, en révisant l’offre de formation, en réduisant les coûts de structure et en redimensionnant le maillage territorial.
Les chiffres présentés en séance sont les suivants :
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- 788 suppressions de postes ;
- 400 créations de postes ;
- 79 modifications de contrat de travail ;
- 30 fermetures de centres envisagées, sur les 142 centres recensés par la Direction.
Le projet prévoit également 13 nouveaux sites en location et quatre grands projets. La Direction annonce vouloir vendre 40 % des actifs immobiliers de l’Agence.
Elle affirme que les fermetures ne sont pas décidées en fonction de la seule rentabilité immobilière, mais au regard des besoins de formation, de la situation économique et du potentiel des territoires.
Pour la CGT, ces explications ne suffisent pas. Réduire les effectifs et fermer des centres ne constitue pas une stratégie de développement. Nous avons besoin de comprendre les choix opérés, les alternatives étudiées et les conséquences réelles sur les missions de l’AFPA.
180 millions d’euros : un financement qui pose question
La Direction présente l’enveloppe de 180 millions d’euros prévue dans le cadre du COP comme un complément aux investissements annuels, destiné notamment à la réhabilitation du patrimoine immobilier.
La CGT a contesté cette présentation. Nous avons rappelé que cette enveloppe repose notamment sur le cumul des dotations annuelles, la récupération par l’État de fonds détenus par la Caisse des Dépôts et les produits des cessions immobilières.
Nous avons dénoncé ce qui ressemble à un « prêt à taux zéro » dont le remboursement se ferait au prix des licenciements.
La CGT a également souligné que les modalités de décision concernant les réponses aux appels d’offres, notamment le mécanisme de « go/no-go », ont déjà été discutées à plusieurs reprises en CSEC sans apporter de compréhension satisfaisante aux salarié·es.
La Direction a accepté le principe d’une réunion spécifique consacrée à cette dotation exceptionnelle. Elle affirme que les produits des cessions immobilières dépasseront 180 millions d’euros, sans toutefois être en mesure d’en fournir une estimation précise, les parcelles destinées à la vente n’étant pas encore arrêtées.
Fermetures de centres : des décisions qui interrogent
La CGT a demandé comment les fermetures avaient été décidées et si des partenaires extérieurs avaient été sollicités pour rechercher des solutions permettant de les éviter.
Nous avons rappelé que les centres AFPA sont souvent implantés dans des territoires où l’accès à l’emploi et à la formation est déjà difficile. Leur fermeture risque donc de pénaliser précisément les publics qui ont le plus besoin d’un service public de formation de proximité.
Plusieurs situations ont été soulevées au cours de la revue régionale.
Annecy et Le Puy-en-Velay : la CGT a contesté la fermeture envisagée du centre d’Annecy, qui affichait un résultat opérationnel positif en 2025, ainsi que celle du Puy-en-Velay, alors que des besoins de recrutement industriels importants sont signalés en Haute-Loire. La Direction a notamment invoqué le regroupement des activités d’Annecy à Chambéry et la présence d’hébergements sur ce dernier site. La CGT a rappelé qu’une heure de route sépare les deux centres et que le GRN 166 est en cours de réhabilitation à Chambéry.
Montauban : la CGT a dénoncé les investissements réalisés cette année dans un centre dont la fermeture est prévue. Nous avons interrogé la Direction sur le fait que ces dépenses aient pu être engagées alors que la fermeture était, selon nous, déjà connue.
Marseille : la CGT a dénoncé la casse sociale liée au projet de regroupement et regretté que les questions posées au niveau central soient renvoyées vers les CSEE locaux.
Roubaix : nous avons demandé des précisions sur les effectifs cibles, le regroupement envisagé avec Lille-Lomme et la localisation des postes créés.
Compiègne : nous avons interrogé la Direction sur la suppression envisagée d’un poste de médecin du travail dans le contexte même d’un PSE.
Dans plusieurs cas, la Direction a renvoyé les explications aux réunions régionales ou aux CSEE. La CGT a regretté cette pratique du "ping-pong", qui risque de compliquer l’obtention de réponses claires et cohérentes.
La Direction indique que les décisions ont été préparées par les directions régionales puis validées, ou non, par la Direction générale. Les analyses territoriales doivent être développées au niveau local.
Pour la CGT, ces analyses doivent permettre de vérifier que toutes les alternatives aux fermetures ont réellement été examinées.
Une réorganisation qui fait peser de nouvelles charges sur les salarié·es
La nouvelle organisation prévoit notamment :
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- Le rapprochement des métiers de la formation et de l’accompagnement, avec l’évolution des RF et des RAP vers les fonctions de RFA ;
- Le développement des responsabilités commerciales des centres ;
- La régionalisation du pilotage de l’administration du personnel et de la programmation ;
- La suppression des postes de chargés d’accueil, avec une extension des missions d’assistant de formation ;
- Le renforcement du rôle des directions régionales et la mutualisation de certaines fonctions support.
La CGT a interrogé la Direction sur les moyens et les procédures qui seront mis à disposition des centres pour assurer ces nouvelles missions commerciales. Nous avons également questionné l’efficacité de la régionalisation de la programmation pour atteindre les objectifs de remplissage des formations.
Nous avons alerté sur la charge de travail de la DSI, déjà confrontée aux enjeux de sécurisation informatique après plusieurs attaques cybercriminelles, alors même que le projet prévoit de nouvelles missions.
La CGT a également contesté la place accordée au développement commercial au détriment de l’accompagnement des publics.
La Direction affirme que le taux d’encadrement restera identique, que le taux de charge sera pris en compte et que des fiches de poste de RFA et de responsable clients seront transmises aux élu·es.
Concernant les RF qui deviendraient RFA, la Direction estime que cette évolution ne constitue pas une modification substantielle du contrat de travail et qu’un avenant ne serait donc pas nécessaire. Elle considère par ailleurs que l’élargissement du périmètre des missions ne justifie pas une augmentation de rémunération.
Ces réponses ne lèvent pas les interrogations sur la réalité du travail, les moyens disponibles et les conséquences concrètes pour les équipes.
Santé au travail : des mesures encore insuffisantes
La Direction a présenté un plan de prévention des risques psychosociaux, comprenant notamment :
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- Une ligne d’écoute psychologique assurée par Qualisocial ;
- La possibilité de créer des cellules de crise ;
- La mise à jour progressive des DUERP et des PAPRIPACT ;
- La mobilisation des ressources humaines, des managers, des acteurs de prévention et de la médecine du travail ;
- Un suivi des indicateurs de santé, de sécurité et de conditions de travail.
La CGT a interrogé la Direction sur les déclinaisons locales de l’analyse des risques, notamment pendant la période de transition, les transferts d’activités et la mise en place de sites en location.
Nous avons regretté le faible nombre de plans de prévention présentés dans le Livre 4 et l’absence d’évaluation suffisamment concrète des risques. Nous avons également souligné que les mesures proposées semblaient trop souvent intervenir après l’apparition des difficultés, plutôt que de s’attaquer à leurs causes.
Lorsque nous avons demandé un exemple de mesure de prévention primaire, la Direction a notamment cité la communication. La CGT a rappelé que la communication peut elle-même être une source de risques lorsqu’elle entretient l’incertitude ou diffuse des informations contradictoires.
Nous avons demandé des mesures concrètes pour éviter la circulation des fausses nouvelles et pour que les directions de centre fassent preuve de transparence avec les salarié·es.
Nous avons également signalé que les DUERP et les PAPRIPACT de l’activité Restauration en PACA étaient vides.
La Direction a annoncé que les grilles d’évaluation des risques seraient communiquées et que les DUERP seraient progressivement établis ou actualisés au niveau des établissements. Elle a précisé que l’analyse présentée porte sur la période de transition, les antennes et les sites loués devant faire l’objet d’une analyse ultérieure.
Pour la CGT, l’accompagnement psychologique n'est pas remis en cause, mais il ne peut pas remplacer la prévention primaire. Il faut agir sur les causes de la souffrance : incertitude, désorganisation, suppressions de postes, surcharge de travail et manque de transparence.
Une expertise votée à l’unanimité
Au cours de la réunion, une résolution a été soumise au CSEC pour désigner le cabinet Sextant Expertise, avec l’appui du cabinet certifié Elabore pour l’analyse des conséquences sur la santé, la sécurité et les conditions de travail.
Cette expertise portera notamment sur :
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- Le projet de restructuration et ses conséquences économiques et sociales ;
- le projet de licenciements et les mesures du PSE ;
- les dispositifs d’accompagnement et de reclassement ;
- les conséquences sur la santé, la sécurité et les conditions de travail ;
- les éléments utiles aux organisations syndicales pour préparer les négociations.
La résolution a été adoptée à l’unanimité.
Cette expertise doit permettre aux élu·es et aux organisations syndicales d’analyser le projet, de confronter les affirmations de la Direction aux réalités du terrain et de préparer les suites de la procédure.
Et maintenant ?
La Direction a annoncé la tenue d’une réunion extraordinaire R2 le 22 octobre 2026. Elle a également présenté les dispositifs d’accompagnement psychologique et de prévention qui doivent être déployés pendant la procédure.
La CGT restera vigilante sur la communication aux salarié·es, les conditions de travail pendant la transition, les fermetures de centres et les solutions alternatives aux suppressions d’emplois.
Nous continuerons à demander des réponses précises, des données vérifiables et l’examen réel des solutions permettant de préserver les emplois et les missions de l’AFPA.
La position de la CGT ne change pas
Nous refusons que les salarié·es soient considérés comme une variable d’ajustement. Nous refusons que la réduction des effectifs et du maillage territorial tienne lieu de politique de développement.
L’AFPA a besoin de moyens, d’une stratégie publique ambitieuse et d’un véritable projet d’avenir. Pour chaque emploi menacé, chaque centre fermé et chaque GRN abandonné,
la CGT continuera à se battre.