
DÉCLARATION CGT AFPA
Ouverture des négociations PSE – 7 octobre 2026
Nous entrons aujourd’hui dans les négociations sur le projet de plan de licenciement.
Nous y entrons dans un contexte que nous n’avons pas choisi et avec un désaccord profond sur les orientations qui conduisent aujourd’hui l’AFPA à envisager de nouvelles suppressions d’emplois, des fermetures de centres et une nouvelle restructuration.
Nous avions indiqué lors des négociations sur l’accord de méthode le 22 septembre 2026 que la CGT sera toujours présente « pour discuter sérieusement de l’avenir de chaque centre et GRN menacé de fermeture, de chaque emploi supprimé »…
Notre participation à cette négociation ne vaut pas acceptation du projet de la Direction je pense que vous l’aurez tous compris. Des mobilisations se sont tenues ces derniers jours, soutenues par la CGT, avec les salariés et des élus politiques. D’autres actions vont se tenir dans les prochains jours et les prochaines semaines.
La CGT continuera à défendre l’AFPA, ses missions, ses centres et ses emplois, dans la négociation comme dans la mobilisation.
Parallèlement, la CGT sera force de propositions et prendra toute sa place dans cette négociation.
Notre première priorité sera la préservation de l’emploi. Et avant de parler de licenciements, nous voulons que toutes les alternatives soient réellement examinées permettant de d’éviter ou de réduire des licenciements contraints.
Nous demandons également que soient mesurées les conséquences du projet sur les emplois précaires : CDD, notamment les contrats de remplacement, intérimaires et autres emplois non permanents. Le fait qu’un salarié ne soit pas en CDI ne doit pas permettre de rendre invisible la suppression de son emploi ou la perte de sa perspective professionnelle.
Nous attendons ensuite de la Direction une négociation loyale, transparente et honnête. Négocier ne peut pas consister à demander aux organisations syndicales de choisir entre plusieurs modalités d’application d’un projet déjà décidé. Nous voulons pouvoir discuter de la forme mais aussi du fond, des mesures, de leurs conséquences et surtout de toutes les solutions permettant de réduire le nombre de suppressions d’emplois.
Autre principe pour la CGT : Sécuriser celles et ceux qui partent, et aussi protéger celles et ceux qui restent
Nous refusons que toute la négociation soit consacrée à améliorer les conditions de départ pendant que celles et ceux qui restent devront ensuite absorber les suppressions de postes, les réorganisations, la charge de travail supplémentaire et la dégradation des conditions de travail.
Les salarié·es qui resteront doivent bénéficier de garanties fortes : maintien des moyens nécessaires à l’activité, effectifs permettant d’assurer les missions, maintien et développement des compétences, accompagnement des réorganisations, possibilités de mobilité et de formation, politique salariale à la hauteur, et prévention effective des risques psychosociaux.
La CGT portera donc des mesures permettant de sécuriser les parcours de celles et ceux qui partent, mais aussi l’avenir professionnel de celles et ceux qui resteront.
Si des suppressions d’emplois devaient malgré tout être maintenues, la CGT s’appuiera sur un certain nombre de principes permettant de guider les négociations et de lutter contre les inégalités
Les salarié·es, par exemple, disposant des rémunérations les moins élevées, ayant subi des carrières moins favorables ou rencontrant davantage de difficultés pour retrouver un emploi doivent bénéficier de protections renforcées.
Cette différenciation n’est pas une injustice. C’est parce que les situations ne sont pas les mêmes que les mesures doivent pouvoir être différentes.
La retraite : sécuriser les fins de carrière
La CGT sera particulièrement attentive à la situation des salarié·es proches de la retraite.
Nous voulons travailler sur des dispositifs permettant de sécuriser réellement les fins de carrière, notamment lorsque quelques trimestres manquent pour permettre un départ à taux plein.
La question de la prise en charge du coût de trimestres manquants, ou de tout dispositif permettant de sécuriser ces fins de carrière, devra être étudiée.
En revanche, nous ne considérons pas que les moyens du PSE doivent prioritairement bénéficier à celles et ceux qui disposent déjà d’une possibilité immédiate de départ à taux plein.
Notre priorité doit aller à celles et ceux pour qui la perte d’emploi crée la plus grande rupture de situation.
Une autre question devra être posée dès maintenant : celle des salarié·es qui resteront à l’AFPA. Une NAO est prévue le 15 octobre prochain.
Cette échéance intervient alors que la CGT rappelle que les pertes cumulées de pouvoir d’achat depuis 2010 s’élèvent à 24,2% en raison du gel des salaires.
Il serait tout simplement scandaleux que la Direction trouve les moyens de financer un PSE, des mesures de départ mais explique ensuite aux salarié·es qui restent qu’il n’y aurait plus d’argent pour leurs salaires.
Les salariés ont assez payé les conséquences de l’échec des réorganisations successives. La CGT refuse cette logique.
Nous refusons que les salarié·es soient mis en concurrence entre eux : celles et ceux qui partent contre celles et ceux qui restent.
Les salarié·es qui resteront vont continuer à faire fonctionner l’AFPA, avec des effectifs réduits, des réorganisations importantes et potentiellement une charge de travail accrue.
Ils ont droit, eux aussi, à la reconnaissance de leur travail et à une véritable revalorisation de leur salaire. Nous ne voulons pas que le coût du PSE serve demain de justification à l’austérité salariale.
Une attention particulière aux conditions de travail et aux RPS
Enfin, la CGT refuse que les conséquences humaines de ce PSE soient réduites à des chiffres dans un tableau d’effectifs.
Les salarié·es vivent déjà les effets des annonces et des réorganisations depuis des années.
La charge de travail, l’incertitude sur l’avenir, la perte de collègues et la désorganisation des collectifs de travail constituent autant de facteurs de risques psychosociaux.
Prévenir les RPS ne pourra pas être une simple mesure d’accompagnement du PSE : la prévention doit être intégrée aux décisions elles-mêmes.
La santé, la sécurité et les conditions de travail des salarié·es qui partiront comme de celles et ceux qui resteront doivent être prises en compte.
Montreuil le 7 octobre 2026