
Déclaration préalable CGT
Ouverture des Négociations Annuelles Obligatoires 2026
AFPA – 10 juin 2026
La CGT souhaite rappeler le contexte exceptionnel dans lequel se déroule cette Négociation Annuelle Obligatoire.
Nous ouvrons aujourd'hui cette NAO dans un environnement mondial marqué par de profondes incertitudes. Les conflits qui se multiplient, les tensions économiques et commerciales internationales, les crises énergétiques successives et les choix budgétaires opérés en Europe comme en France ont des conséquences directes sur la vie quotidienne des travailleurs et travailleuses.
Avec une inflation estimée à 3.8 %, les prix continuent d’augmenter. Les dépenses liées à l'énergie, au logement, aux transports, à l'alimentation, notamment, continuent de peser lourdement sur les budgets des ménages. Les salariés de l'AFPA, comme l'ensemble du monde du travail, subissent cette réalité depuis plusieurs années.
Pour beaucoup de nos collègues, les frais de carburant et de déplacement représentent une part croissante des dépenses contraintes. Cette situation est d'autant plus injuste que les salariés assurent leurs missions sur l'ensemble du territoire, parfois au prix de sacrifices personnels importants.
Cette NAO intervient également dans un contexte particulièrement préoccupant pour l'AFPA.
Alors que les besoins de qualification, de formation professionnelle et d'accompagnement des publics n'ont jamais été aussi importants, alors que les discours gouvernementaux mettent en avant la réindustrialisation du pays, la souveraineté économique et la nécessité de développer les compétences, les salariés de l'AFPA apprennent une nouvelle fois qu'une restructuration est en préparation.
À ce jour, nous ne connaissons ni son périmètre exact, ni son calendrier, ni ses conséquences réelles sur l'emploi et les activités. Mais chacun comprend déjà que de nouvelles suppressions d'emplois sont envisagées.
Cette situation soulève une question fondamentale que la CGT pose aujourd'hui solennellement :
Que compte faire l'État de son agence nationale pour la formation professionnelle ?
Depuis plus de dix ans, l'AFPA vit au rythme des restrictions budgétaires, des réorganisations permanentes, des suppressions d'emplois, des fermetures de dispositifs et des restructurations successives. Les salariés ont payé un lourd tribut à ces choix.
Malgré cela, ils continuent chaque jour à assurer leurs missions avec professionnalisme et engagement. Ils maintiennent la qualité du service rendu aux demandeurs d'emploi, aux salariés, aux entreprises et aux territoires malgré la dégradation continue de leurs conditions de travail.
Pour la CGT, la question salariale ne peut être dissociée de cette réalité.
Les salariés ne sont responsables ni des choix stratégiques de la direction, ni des orientations budgétaires de l'État, ni des difficultés financières de l'établissement. Pourtant, ce sont eux qui supportent depuis des années les conséquences des politiques d'économies.
Depuis 2020, les pertes cumulées de pouvoir d'achat sont considérables. Les augmentations obtenues n'ont pas permis de compenser intégralement la hausse du coût de la vie. Les salariés ont le sentiment légitime de travailler autant, voire davantage, pour vivre moins bien.
La CGT rappelle que Les primes ne remplacent pas le salaire. Elles ne garantissent ni la reconnaissance durable du travail, ni la progression de carrière, ni les droits sociaux associés au salaire.
La reconnaissance du travail passe d'abord par l'augmentation générale des rémunérations.
C'est pourquoi la CGT abordera cette négociation avec des exigences claires :
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- Un rattrapage des pertes de pouvoir d'achat accumulées depuis 2020 (10 %)
- Une augmentation générale des salaires pour l'ensemble des personnels (4 % au 1er juin 2026)
- La revalorisation des frais de déplacement afin de tenir compte de l'évolution réelle des coûts supportés par les salariés (Indexation à la grille de l’URSSAF)
- La revalorisation des FDQ
- La revalorisation des éléments de rémunération bénéficiant prioritairement aux plus bas salaires (la PRU)
- L'extension de la prime d'expérience afin de mieux reconnaître les parcours professionnels et la fidélité des salariés à l'établissement (18 ans, 21 ans...).
- Revalorisation des titres restaurants en raison de la fermeture de la restauration collective, en veillant à l’égalité de traitement.
- La semaine de 32 Heures sans diminution de salaire.
- Une semaine de congés supplémentaire.
- Une évolution du bulletin de salaire du mois mai en y intégrant la rémunération brut perçu par le salarié au cours de la période de référence ayant déterminée le droit et la durée des congés (01/06 N-1 au 31/05 N), afin de calculer les ICP. Les congés effectivement consommé au cours de la période ainsi que les congés posés sur le CET car ils ne rentrent pas dans le calcul.
La CGT demande également que cette négociation se déroule dans des conditions de transparence exemplaires.
Nous demandons la communication de l'ensemble des documents nécessaires à une négociation loyale et éclairée :
- Masse salariale 2026,
- Bilan social 2025,
- Bilan des NAO 2025,
- Effectif physique par classe et par sexe,
- l’AIB en 4 quartiles : par sexe et par quartile,
ainsi que tout élément permettant d'apprécier les écarts de rémunération existants.
À l'heure où la directive européenne sur la transparence salariale doit être transposée, l'AFPA doit être exemplaire en matière d'égalité professionnelle et d'information des représentants des salariés.
Nous demandons également qu'un compte rendu écrit soit établi à l'issue de chaque séance afin de garantir la traçabilité et la transparence des échanges.
Enfin, nous souhaitons que la question de l'effet rétroactif des mesures salariales soit abordée dès l'ouverture de cette négociation.
Pour la CGT, cette NAO ne peut être un simple exercice de communication ou d'ajustement budgétaire.
- Elle doit apporter des réponses concrètes aux attentes des salariés.
- Elle doit reconnaître leur engagement.
- Elle doit répondre à l'urgence salariale.
- Elle doit aussi s'inscrire dans une réflexion plus large sur l'avenir de l'AFPA, sur ses missions, sur ses emplois et sur les moyens que l'État entend consacrer à son opérateur historique de la formation professionnelle.
Alors que des milliards d'euros sont mobilisés partout en Europe pour répondre aux défis industriels, économiques, énergétiques et géopolitiques, la CGT refuse que les salariés de l'AFPA continuent d'être la variable d'ajustement des politiques publiques.
Investir dans la qualification, dans la formation professionnelle et dans celles et ceux qui la rendent possible n'est pas une dépense. C'est un choix stratégique pour l'avenir du pays. C'est dans cet esprit que la CGT participera à cette négociation.