Conseil d’Administration AFPA du 23 avril 2026

Déclaration des organisations syndicales

CGT, CFDT, FO et SUD de l’AFPA

Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général,
Mesdames, Messieurs les Administratrices et Administrateurs,

À l’heure où le Contrat d’Objectifs et de Performance vous est présenté, nous souhaitons porter une alerte claire sur la trajectoire engagée pour l’AFPA et ses salariés.
Il ne s’agit pas simplement d’orientations techniques. Ce sont des choix structurants qui engagent profondément l’avenir de l’établissement :

  • Une transformation du modèle économique, avec un développement massif du marché privé,
  • Des réorganisations multiples et une évolution des modalités de formation, sans accompagnement réel des salariés et sans moyens concrets,
  • Des fermetures de centres et des suppressions d’effectifs.

Ces orientations ne sont pas neutres. Elles engagent directement l’avenir de l’AFPA, de ses salariés, et risquent d’affecter durablement la qualité de l’accompagnement et des parcours de formation des demandeurs d’emploi.

À cela s’ajoute une dégradation préoccupante du dialogue social.
Depuis décembre 2025, les annonces se succèdent sans visibilité sur leur ampleur, sans calendrier clair, sans réponses aux questions posées. Les salariés sont laissés dans l’incertitude, avec des conséquences déjà très concrètes sur leur travail et leur santé.

Ces choix engagent donc pleinement la responsabilité de l’État. Car il ne peut y avoir d’un côté une ambition affichée pour la formation professionnelle, et de l’autre des moyens contraints, une mise en concurrence accrue et une fragilisation progressive de l’opérateur public.

Sur le terrain, les effets de ces orientations sont déjà visibles.

Les conditions de travail se dégradent, comme l’ont établi plusieurs expertises récentes, notamment pour risques graves. Les pressions s’intensifient, les repères se brouillent, et des dysfonctionnements managériaux systémiques se développent, fragilisant les collectifs de travail.

Nous tenons à le dire clairement : il ne s’agit ni de situations isolées, ni de dérives individuelles.

Ces situations sont le produit d’organisations du travail dégradées, sous contrainte permanente, dans un contexte d’incertitude forte sur l’avenir. À ce titre, la responsabilité de l’employeur est pleinement engagée. Celle du Conseil d’administration l’est également.

Dans le même temps, les salariés restent fortement investis et attachés à l’AFPA et à ses missions. Cet engagement ne peut pas être utilisé pour masquer la réalité des difficultés.

Face à cette situation, nous portons plusieurs exigences :

  • Premièrement, un engagement clair de l’État sur les moyens et les missions de l’AFPA, afin de garantir la cohérence entre les objectifs fixés et les ressources allouées.
  • Deuxièmement, la préservation de l’emploi et l’absence de licenciement, avec des garanties concrètes en matière de parcours professionnels et d’accompagnement des salariés.
  • Troisièmement, le maintien d’un maillage territorial national permettant un accès effectif à la formation sur l’ensemble du territoire, ainsi que le maintien de capacités d’accueil dignes, notamment en matière d’hébergement. Dans ce cadre, la question est posée clairement : comment entendez-vous respecter l’obligation d’égalité d’accès à la formation sur l’ensemble du territoire, telle que prévue à l’article L.5315-1 du Code du travail, qui fonde l’existence même de l’AFPA ?
  • Quatrièmement, la mise en place d’un plan d’action immédiat — pas dans six mois, pas dans un an — sur les conditions de travail, fondé sur les préconisations des expertises, incluant des mesures concrètes de prévention primaire et des moyens à la hauteur des enjeux.
  • Enfin, un véritable dialogue social, avec des marges de discussion réelles, une information loyale et sincère des instances, et une prise en compte effective de l’expertise de terrain portée par les représentants des salariés.

L’AFPA est un outil essentiel au service des publics et des territoires. Son avenir ne peut se construire ni contre ses salariés, ni contre les publics qu’elle accompagne, ni contre les territoires qu’elle irrigue — et certainement pas au prix d’une nouvelle dégradation de ses moyens.

L’intersyndicale CGT, CFDT, FO et SUD vous remercie pour votre écoute.

CgtCfdtFoSud

Pin It on Pinterest